« Le transfert relève de la transe. La transe c’est une sorte de transfert. Dans le mot transfert il y a trans. Il y a transe du corps et transe de l’esprit. Une exaltation du corps et une exaltation de l’esprit. Les transes s’expriment dans la peur et dans le plaisir. L’extase littéralement signifie hors de l’être, insaisissable, intransmissible, inconnaissable, hors du conscient.
L’ex-stase, c’est le ça de la sublimation. Le bébé est en extase. Souvenez-vous de vos extases, orales, anales, génitales. Plus facile, souvenez vous de vos transes sexuelles, de vos transes mentales, ou spirituelles. Elles se sont transformées en leurs contraires. La transe est transport auquel on s’abandonne, une sensation intense de bonheur mais qui est suivie de dépression, de frustration, d’angoisse ou de nostalgie (algie, c’est la souffrance en grec et nos c’est le retour). Mais si vous ne connaissiez la transe si vous ne voyiez pas votre souffrance, la répétition de vos malheur, vous ne pourriez trouver le nœud trivial du ça, que Lacan appelle le Réel et Freud l’inconscient en tant que tel, différend donc du "système inconscient" ou de "l’ordre de l’inconscient" de notre nœud premier. Si vous connaissez l’extase vous bénéficierez des transes par surcroît et sans les symptômes » (Guy Massat, Les paupières de Bouddha).










