Psychanalyse-paris.com propose des articles et éditoriaux sur la psychanalyse et l’inconscient freudien, des comptes rendus de séminaires, des forums et discussions, une bibliothèque de grands textes du domaine public, un dictionnaire de la psychanalyse et un annuaire de sites web.
Cartel sur « Télévision »
5e séance (28 janvier 2010)
14 février 2010, par Guy MASSAT« Ainsi par un retournement inattendu Onfray se retrouve dans la position du petit bourgeois refoulé sexuel. C’est un comble ! Comment est-ce possible ? C’est que le conscient incarne toujours ce qu’il dénonce. C’est sa malédiction. Dans son Traité d’athéologie Onfray se dévoilait déjà plus obstiné que l’obstination des religions qu’il dénonçait, c’est-à-dire encore plus mono-théiste ! Pourtant tout ce que dit Onfray est exact. C’est exact, mais ce n’est pas vrai. Car l’exactitude diffère de la vérité. Onfray est un savant, certes, mais c’est un ignare de l’inconscient. Un membre à part entière de la Samcda. De la psychanalyse il ne voit que la peau. La chair et tous ses organes, c’est Miller, en bon charcutier du langage, qui s’y connaît. Reste encore les os et la moelle de la psychanalyse. Mais ça, c’est une autre histoire… La critique de Freud par Onfray équivaut à tenter de déboulonner Christophe Colomb sous prétexte qu’il prenait Cuba pour le Japon et les Indiens pour des Hindous. Ça ne permet en aucune façon de contester au Génois la découverte de l’Amérique, même si Colomb disait, contre toute exactitude, qu’il s’agissait des Indes. Le débat se termine par une déclaration de Miller : « Je viens de créer l’université populaire de psychanalyse Jacques Lacan… Que vous ayez remis au goût du jour cette expression d’université populaire est un des éléments qui m’ont amené à lancer ce projet. Je vous en suis donc reconnaissant ». Onfray répond : “J’accueille cette réponse comme un genre d’hommage”. Hommage ? Rappelons-nous ce que dit Laotzi (35) : “Qui veut abaisser quelqu’un doit d’abord le grandir. Qui veut affaiblir quelqu’un doit d’abord le renforcer. Qui veut éliminer quelqu’un doit d’abord l’exalter.” Quant au terme d’université, populaire ou pas, revenons à ce que nous avons vu plus haut : “le discours universitaire produit du sujet insatisfait, $” quand, sous l’effet d’un effroyable destin, à la Œdipe, on confond l’inconscient et le conscient. Mais qui est le plus rusé des deux Miller ou Onfray ? » (Guy Massat, Cartel sur « Télévision »).
Cartel sur « Télévision »
4e séance (17 décembre 2009)
24 janvier 2010, par Guy MASSAT« Ce signifiant “je ne l’aime pas” peut exprimer toute sortes de désirs non-dit, par exemple : “ce n’est pas moi qui l’aime”, “c’est elle qui ne m’aime pas”, “je n’aime pas lui”, “je l’aime elle”, etc., et l’on peut ajouter encore la transformation d’aimer en haïr, “c’est elle qui me hait”, “je la hais”, etc. En bref, voilà comment écoute le psychanalyste. Il ne se laisse pas désarçonner par le sens apparent ou linéaire d’aucune phrase.
“En fait, c’est de ce que tout signifiant, du phonème à la phrase, puisse servir de message chiffré (personnel, disait la radio pendant la guerre) qu’il se dégage comme objet et qu’on découvre que c’est lui qui fait que dans le monde, le monde de l’être parlant, il y a de l’Un, c’est-à-dire de l’élément, στοίХείον, du Un grec.”
Ainsi tout ce qui est dit est pareil à un message chiffré qui dit, sans le vouloir, autre chose que ce qu’il exprime en apparence. Il s’agit donc seulement de savoir par l’analyse quel est le un, le signifiant maître, (phrase, mot, phonème), désir par lequel, l’analysant, l’être parlant, est manipulé dans l’inconscient.
Le reste ne relève que des fantasmes des consciences. La soi disante réalité est un fantasme, “une grimace du Réel” (Télévision, p. 17).
En conclusion il n’y a d’autre art que l’art de la parole, non seulement de l’art de la parole ordinaire ou de la parole savante, mais, plus précisément, l’art de la parole inconsciente puisque c’est d’elle que dépendantes les autres. La psychanalyse, disait Freud, est un art de l’interprétation c’est-à-dire de la parole. » (Guy Massat, Cartel sur « Télévision »).
Cartel sur « Télévision »
3e séance (26 novembre 2009)
16 décembre 2009, par Guy MASSAT« Comme le montre le Dictionnaire de la Psychanalyse (Larousse), les psychanalystes post-freudiens, en Amérique comme en Europe, s’efforcèrent d’amoindrir l’inconscient en en faisant un concept parmi les autres : Autrement dit : La raison doit être souveraine. Tout le réel est rationnel. Point de salut sans la psychologie et la psychiatrie ! C’est Lacan qui va redonner à l’inconscient sa place de concept fondamental de la psychanalyse. Il développera son œuvre durant plusieurs décennies sans jamais dévier de ce principe et en le conduisant toujours plus loin. Mais le temps passe et la bêtise est répétition.
Aujourd’hui, les post-lacaniens s’efforcent, avec la même terreur arrogante que celle des post-freudiens, de glacer, de figer, d’arrêter l’inconscient. La grave dégradation théorique qui marque de nos jours l’ensemble du mouvement psychanalytique ne relève que de ce refoulement : refoulement de l’inconscient en faveur de la raison consciente. Les psychanalystes ne s’interrogent plus sur l’inconscient (à l’exception, bien sûr, de ceux qui sont présents ici). Chez les autres, l’inconscient est réduit à quelque chose, une matière, un espace, un théos, un lieu de brouillard mou, où ça parle certes, mais où ça parle pour se soumettre au conscient comme suprême instance : savoir ce serait savoir qu’on sait. Donc l’invention de Freud n’aurait plus guère d’importance. Il n’y aurait rien de nouveau depuis Platon ! A serait toujours A et jamais non-A ! La psychanalyse serait un humanisme au service de la philosophie classique : d’abord le conscient après l’inconscient. Or justement c’est l’inverse. “L’objet de la psychanalyse n’est pas l’homme” (Réponse à des étudiants en philosophie, Cahier pour l’analyse, 3 mai 1966). “L’objet de la psychanalyse est le manque d’un objet”. C’est-à-dire qu’ici il n’y a plus d’objet, comme on dit dans la physique moderne qu’il n’y a plus de chose. » (Guy Massat, Cartel sur « Télévision »).
Art et psychanalyse
Conférence du mardi 24 novembre 2009 à Genève
par Steeve LEMERCIER (9 décembre 2009)
Le fantasme : de la parole à la logique et retour
Séminaire 2009-2010 : Première séance
par Anne CARPENTIER (4 novembre 2009)
Cartel sur « Télévision »
2e séance (23 octobre 2009)
par Guy MASSAT (25 octobre 2009)
Cartel sur « Télévision »
1ère séance (24 septembre 2009)
par Guy MASSAT (3 octobre 2009)
L’a, fin de l’Art
La Pornographie, par les Mythes et limites
par Aurélien MARION (1er août 2009)
Éditorial
« La psychanalyse est une contre histoire »
par Guy MASSAT (2 juillet 2009)
Richard von Krafft-Ebing
Psychopathia Sexualis : IV. — Pathologie spéciale
(11 juin 2009)