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Autour du féminin - Séminaire - Jean-Michel LOUKA

lundi 6 mars 2006

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Jean-Michel LOUKA
• Séminaire 2005-2006 •
Autour du féminin

Anaïs Nin, une femme
Septième séance du 5 avril 2006 à 20h45
Invité : Bernard ROLAND

Si la règle fondamentale de l’analyse est de dire à quelqu’un, le psychanalyste, tout ce qui vient, avec Anaïs Nin et l’écriture de son journal il s’agit d’écrire, de réécrire de façon quasi compulsive dans son journal à partir des évènements de sa vie.

Ce journal commencé à l’âge de dix ans quand son père abandonna sa famille (sa mère, ses deux frères et elle), lui était au départ adressé. Anaïs Nin le tiendra et le reprendra jusqu’à la fin de sa vie.

Il y est beaucoup question de ses rapports avec les hommes et avec l’écriture. Les romans qu’elle a écrits sont pour l’essentiel des fictions élaborées à partir du journal.

La sexualité y tient une grande place, elle admirait D. H. Lawrence et Henri Miller qui vécut à Paris entretenu par elle et y écrivit Tropique du Cancer. Elle fut fascinée par June la femme d’Henri Miller qui resta pour elle une référence en matière de féminité et dont elle prit la place auprès de lui.

Sa quête d’amour semble sans limite, elle s’y épuise et s’y trouve à la fois, allant au-delà de l’interdit dans un inceste avec son père et peut-être son frère.

Cette façon de se poser en place d’objet cause du désir de l’autre, d’objet a, l’amène à occuper une place qu’elle qualifie elle-même de courtisane, place qu’on pourrait situer comme non pas être l’objet d’un homme mais des hommes, sans limitation, tous équivalents ; mais aussi une place de mère protectrice pour ses « enfants » artistes, amis, amants, grâce à l’argent de son mari banquier Hugo Guiler dont la présence sera sans faille.

Elle rencontra la psychanalyse avec René Allendy et Otto Rank alors en rupture avec Freud et sur le point de partir aux états-Unis. Elle rejoindra Rank à New-york où elle pratiquera la psychanalyse.

à partir de sa biographie et de ses écrits sur la féminité nous parlerons, comme le suggère Lacan, d’ « une » femme, c’est aussi le titre d’un article d’Anaïs Nin : « Être une femme ».

Bibliographie
- Érotique Anaïs Nin, Noëlle Riley Fitch, Filipacchi, 1994.
- Anaïs Nin, Biographie, Deirdre Bair, Stock, 1996.
- Le journal, 7 tomes publiés chez Stock.
- Être une femme et autres essais, Stock, 1977.
- Etc. : autres écrits et romans publiés chez Stock.

L’être sexué s’autorise de lui-même
Sixième séance du 1er mars 2006 à 20h45
Invité : Jean FORTUNATO

Au moment de conclure ma première intervention dans le cadre du séminaire interne de l’Ecole psychanalytique de la Salpêtrière, j’ai proposé de poursuivre mon travail sur le féminin et le désir de l’analyste, en attrapant ce « bout de réel » en jeu par la question de l’être.

Horizon inhabité de l’être, disais-je, citant Lacan à la fin de son séminaire sur les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, à l’heure de la fondation de son École : « le désir de l’analyste n’est pas un désir pur mais un désir d’obtenir la différence absolue. »

Cette différence absolue se situe entre être et avoir dans une équivoque signifiante au-delà de la logique phallique.

En cela, y accéder se situe dans un horizon inhabité. Elle participe de ce que la jouissance cède et passe au désir.

J’ai donc proposé d’articuler la position du désêtre de l’analyste en fin de cure avec la question du manque… à être.

Ce nouage nécessite une écriture que Jacques Lacan invente et nomme objet a.

Objet qui reste en travers de la gorge du signifiant comme la formule de la triméthylamine dans la gorge d’Irma, ce rêve de passe de Sigmund Freud… ces deux fois « rien » de ce qui nous aura été transmis de leur expérience et que nous avons pour tâche de poursuivre.

Cet obscur objet du désir dont nous parle le cinéaste Luis Bunuel dans sa lecture du roman de Pierre Louÿs La femme et le pantin, c’est cet objet non spécularisable, ce bout de chair autour de quoi tourne nos pulsions, qui nous aura été retranché pour prix de notre ex-sistence.

Jean-Michel Louka à qui aujourd’hui je réponds de son invitation à son séminaire « Autour du féminin », posa alors, dans ce moment la question à la suite de ce qu’il faut bien entendre comme lapsus ou comme formation de l’inconscient :

Si l’être sexué ne s’autorise que de lui même comment entendre ce manque à être ?

En effet, ce « ne… que » dénie ce manque… et pour cause, car c’est bien de lui-même que l’être s’autorise et de… quelques autres…

Ce qui n’est pas pareil !

Si Lacan a pu soutenir que la femme n’existait pas dans l’inconscient, l’être analyste pas davantage.

Ce qui « s’autorise » c’est une rencontre qui passe d’une pratique de bavardage, d’une « communication » à un effet de discours…

La psychanalyse est la mise en acte d’un phénomène transférentiel où l’un suppose un savoir à l’autre.

Ce dernier « nommé » à occuper cette place va renouveler l’expérience dans une position inédite relevant de ce passage au féminin : à savoir se faire l’objet en cause dans le désir de l’autre, l’objet a.

Lectures :
- Sigmund Freud, L’interprétation des rêves, (rêve d’Irma), P.U.F, 1976.
- Jacques Lacan, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1964, Seuil, 1973.
- Jacques Lacan, Encore, 1972/1973, Seuil, 1975
- Jacques Lacan, Les non-dupes errent, 1973/1974, inédit.
- Jacques Lacan, « La proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École », Autres écrits, Seuil, 2001.
- François Balmès, Ce que Lacan dit de l’être ( 1953/1960), P.U.F, 1999.
- Jean Fortunato, « Conclure. Psychanalyste sans le savoir », in Essaim, n°11, Formations des analystes transmission de la psychanalyse, Erès, printemps 2003.

L’incontournable
Cinquième séance du 1er février 2006 à 20h45
Invité : Fethi BENSLAMA

Au cours d’une recherche sur le mythe monothéiste de l’Islam et son institution symbolique (La psychanalyse à l’épreuve de l’Islam, Aubier, 2002, Flammarion-poche 2004), j’ai rencontré la question du féminin, à l’origine de la fondation de la nouvelle religion (VIè siècle) comme un enjeu central, tout à la fois au cœur de la conjoncture historique qui a donné lieu à sa naissance, et à travers son articulation avec le monothéisme biblique. L’exploration de quelques mises en scènes de figures féminines a conduit cette recherche vers l’hypothèse de « la jouissance autre » à l’énigme de laquelle se heurte le principe de l’un et la logique masculine de la loi, comme un excès affolant à réduire ou à rejeter, comme une étrange opacité à voiler. En résonance avec l’argument de Jean-Michel Louka, je proposerai de parler de l’incontournable féminin tel qu’il se révèle à la faveur de cette recherche sur l’Islam, au double sens de ce dont on ne peut ni faire le détour, ni tracer le contour.

Fethi Benslama, psychanalyste, professeur de psychopathologie à l’Université Paris 7. Président de l’association Jenny Aubry (PFS, SESSAD). A fondé et dirigé la revue Intersignes 1990-2003, a publié notamment :
- La nuit brisée, Ramsay, 1988.
- Une fiction troublante, éd. de l’Aube, 1994.
- L’Islam à l’épreuve de la psychanalyse, Aubier, 2002 (Flammarion-poche, 2004).
- La virilité en Islam, (avec N. Tazi, ouvrage collectif) éd. de l’Aube, 2004.
- Déclaration d’insoumission, à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas, Flammarion, 2005.

La question du féminin, c’est la question d’une faille
Quatrième séance du 11 janvier 2006 à 20h45

La question du féminin, c’est la question d’une faille, d’une fente, en somme d’un trou, autour duquel se déclenche, se déploie et se résout d’une manière attractive, réelle et irrépressible, le formidable tourbillon du transfert.

Nous commenterons cette assertion, au mitan de notre séminaire.

L’ÂÂÂMM…MOOUUR !
Car le féminin, c’est la dimension réelle de l’amour de transfert.

Troisième séance du 7 décembre 2005 à 20h45

De l’image, du sujet et de l’être, s’inscrit, à répétition, l’amour. On verra que c’est à cause de l’âme et de ce sacré Aristote. Car c’est bien l’âme qui appelle ardemment l’ââmmm…our !

Il s’ensuit une dispersion et une variété importante des amours, au pluriel. Souvenons-nous de ce que dit Lacan : quand on aime, il ne s’agit pas de sexe. Qu’est-ce, en somme, à dire ? Eh bien il faut reconnaître que, par essence, l’amour contient, fondamentalement, le projet de faire échec au sexe. L’amour semble dire non à la sexualité, au sexe, tel qu’il est déterminé par le sens sexuel inconscient du il n’y a pas de rapport sexuel. L’amour, c’est ce qui ne cesse de contester ce « il n’y a pas ». Mais, malheureusement diront certains, certaines, l’amour, à long terme et à l’épreuve du Réel, l’amour échoue à soutenir sa contestation. Peut-être est-ce là secondaire, compte tenu du message d’espoir désespéré dont il est porteur.

Car L’insu-que-sait de l’Une-bévue s’aile à mourre (titre du séminaire de 1977-1978), en clair, et face à l’insuccès, tout simplement, de l’inconscient, l’amour est fondé sur l’espoir d’une rencontre, et qui plus est, d’une rencontre réussie, afin de pouvoir soutenir qu’il est possible — c’est-à-dire, en fait, nécessaire —, de faire échec au désir inconscient dont la loi énonce que la rencontre ne puisse être autre chose que manquée. L’amour, qui est pour autant lui-même répétition, se veut néanmoins placé au-delà de la répétition afin de réaliser ce qui ne rate pas.

L’expérience analytique, de même que la littérature dans sa plus pure tradition, nous montrent que la réussite de l’amour, ce n’est pas nécessairement ce que le sujet désire. En effet, cette « réussite » est quelquefois bien plus éprouvante, voire insupportable, que ce que l’inconscient nous impose : à savoir un certain ratage…

Au-delà du phallus
Deuxième séance du 09 Novembre 2005 à 20H45

Je suis d’une génération qui se souvient de cette chanson de 1962, « Son truc en plumes », chantée par Zizi Jeanmaire, - Zizi, c’est bien entendu un prénom d’emprunt, et pas n’importe lequel, son vrai prénom étant Rénée -, formidable meneuse de revue dont les Américains disaient qu’elle avait les plus belles jambes du monde…

Elle se présente ainsi habillée de noir. Son corps est prolongé par un boa géant constitué de plumes rose-schocking, costume dessiné à l’époque par Yves Saint-Laurent. Elle entre en scène, affublée de cette longue traîne de plumes qui ondule derrière elle, phallus brillamment magnifié par le contre-point du féminin, et qui lui donne vie. Elle entonne sa célèbre chanson. Puis, elle s’arrête net, au bord de la scène, et la traîne qui retombe laisse alors apparaître les boys qui, de noir vêtus, eux aussi, avaient permis jusque-là son maintien…

« Mon truc en plumes…
Rien dans les mains, tout dans le coup de reins…
Ça vous caresse, avec ivresse, tout en finesse…
Mon truc en plumes…
Ça fait rêver, mais c’est sacré, faut pas toucher…
Mon truc en plumes…
Ç’est pas sorcier, viens l’essayer, viens mon brigand, dormir dedans. »

Dans la séance du 23 avril 1958 du Séminaire Les formations de l’inconscient (Seuil, 1998), Lacan fait remarquer que le désir, chez la femme, place celle-ci dans la nécessité « d’être le phallus ». C’est tout spécialement ce que vient de mettre en scène Zizi Jeanmaire. D’où le succès, jamais démenti, qu’a eu cette chanson et qui fut pour elle emblématique de son aura. Son Roland Petit de mari ne l’aurait donc pas nommée « Zizi »,…pour rien !

Mais une femme n’a-t-elle pas d’autre issue que celle d’être le phallus sans l’avoir,…ou plutôt pour l’avoir ?

Une femme n’a-t-elle alors pas d’autre possibilité que celle de se voir poussée à la féminité comme trompe l’œil, voire à l’hystérie, comme trompe l’oreille ? Pas d’autres voie que celle de faire carrière du côté de l’hystérique, cette perdue du père, affublée d’une mère introuvable… ?

C’est ce que nous examinerons, et « au-delà », au cours de cette deuxième séance du Séminaire.

Autour du féminin
Première séance du 05 octobre 2005 à 20H45

« Autour du féminin »,… comme l’on dit « Round About Midnight ». Ce n’est pas « minuit pile »,… mais c’est autour de sa… « face », et de ce qui s’y figure. « Au tour du féminin ». « Au tour »…, le tour c’est l’anagramme du trou. Tourner autour d’un trou. D’une question et de ses « figures », qui, tour à tour, font « trou ».

Quoiqu’on dise, une femme s’ignore en tant que femme, dans son destin d’objet a. Lorsqu’elle écrit, c’est ce qu’elle dit. Lisez ! Car l’écriture, plus que pour tout autre, c’est pour elle une trace ineffaçable du réel. Un réel avec lequel elle se montre sans cesse engager un rapport singulier. C’est un lieu, dit de jouissance féminine, qui n’exclut pas l’homme, certes, mais d’où celui-ci, le plus souvent, s’écarte de lui-même. On peut se demander pourquoi ?

Il n’y voit, lui, qu’un lieu Autre, tenant au féminin. Et cet Autre risque trop de le féminiser. Raison pour laquelle il fuit. Se faisant, il se fuit lui-même, comme tenant lieu du féminin.

Et il cherche sans cesse angoissé, ce féminin, à le réduire à un impossible non-lieu.

Il n’y aurait alors de féminin qu’exclu par la nature des choses. Mais la nature des choses, n’est-ce pas pour nous, avertis du signifiant et de ses pouvoirs, aussi bien la nature des mots ?

« La femme n’est pas toute », aura été l’avancée de Lacan sur ces questions. Elle n’est pas toute dans la fonction, dans la jouissance phallique. Ce qui lui procure, ou lui promet, comme une jouissance supplémentaire.

Les femmes, quand elles parlent, ne savent pas ce qu’elles disent, affirma-t-il, lui,… qui disait savoir, mais seulement de sa place. Considérons qu’elles s’en plaignent tout de même assez sur les divans, les femmes, analysantes, analysées, une par une… Et leur féminité, refusée par la névrose ou conquise par l’analyse, n’y peut mais. Car il s’agit d’Autre chose !

Le féminin n’est pas la féminité. Mais le féminin ne serait-il pas, alors, non pas un complément, mais bien un supplément du masculin, et ce, pour les deux sexes ? Et le masculin ne devrait-il pas, ainsi, être mieux pensé à partir du féminin ?

Les mercredis :
- 05 octobre 2005
- 09 novembre 2005
- 07 décembre 2005
- 11 janvier 2006
- 1er février 2006 - Invité : Fethi Benslama
- 1er mars 2006 - Invité : Jean Fortunato
- 5 avril 2006 - Invité : Bernard Roland
- 3 mai 2006
- 7 juin 2006

À 20h45, à la Galerie GUIGON :
- 39, rue de Charenton - 75012 Paris
(parking Opéra Bastille ou 85, avenue Ledru Rollin)
- Participation aux frais sur place : 10 €
- J-M. Louka : 01 42 16 85 83

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