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Le corps à la mode - Colloque A.l.e.p.h.

jeudi 12 janvier 2006

Le corps à la mode
ou
Les images du corps dans la psychanalyse

7e Colloque de l’A.l.e.p.h.
11 et 12 mars 2006
Grand Amphithéâtre de l’E.n.s.a.i.t.
9, rue de l’Ermitage - Roubaix

Alors que s’effondre l’idée d’une identité du sujet à portée universelle (nationale, politique, familiale ou autre), nous cherchons désespérément un appui sur quelque chose qui nous appartienne en propre, sans aucune contestation possible. Or, le corps semble répondre à cette exigence contemporaine : habeas corpus. De croire que nous l’avons, nous en venons même à imaginer que nous le sommes : nous sommes cette image que nous renvoie le miroir, flatteuse ou désespérante, jamais indifférente. Nous sommes aussi ces images, pourtant opaques, de l’intérieur de notre corps, qui soutiennent le verdict des médecins et qui nous « disent » si nous allons vivre ou mourir. Ainsi nous identifions nous à diverses images de notre corps.

Or, la psychanalyse montre que cette évidence a un fondement clinique : le stade du miroir, inventé par Lacan en 1936. L’enfant encore titubant s’identifie en jubilant à l’image de maîtrise que lui renvoie le miroir et que sa mère (ou quelque autre adulte) reconnaît comme sa personne : « oui, c’est toi ». Mais, devant cette image, l’enfant se sent aussi en défaut parce qu’il ne coïncide pas avec ce qu’on attend de lui, avec les idéaux de ses parents ou de son milieu. D’où la recherche passionnée, sa vie durant, de tout ce qui pourrait « améliorer » cette image et la rendre désirable. Disant ce mot, nous sentons bien qu’un tel « mieux » ne saurait exister en-soi, qu’il est relatif à une société, à une époque, à des modes.

La mode nous offre cette identité singulière, changeante, et en même temps universelle, à laquelle nous aspirons tant. Elle nous fait désirer, elle nous rend (croyons-nous) désirables. Nous sommes des « accros » de la mode : il suffit de voir l’engouement des médias et du public à chaque défilé ou collection.
La mode répond en effet à la passion que nous éprouvons pour notre corps. Et pas seulement pour le vêtir ou le maquiller. En effet, cette passion peut devenir sans limites. Nous allons jusqu’à modifier notre corps en fonction des modes : le rajeunir, l’affamer pour être svelte. Parfois, nous ne savons plus nous arrêter : anorexie, boulimie se répandent comme des épidémies dans nos sociétés occidentales gavées où des adolescentes se font vomir systématiquement, comme si c’était naturel. Nous voudrions même parfois changer de sexe parce que nous pensons que l’image de notre corps contredit à notre être sexué le plus intime : si chirurgical et réel que cela paraisse, cela reste cependant avant tout une affaire d’image.

De la mode nous voici insensiblement amenés au symptôme, le signe de ce qui ne va pas dans le réel et qui touche toujours au corps, et donc à son image puisque c’est tout ce que nous en appréhendons. Nos symptômes, ces « événements de corps », disait Lacan, s’enracinent donc dans l’imaginaire contemporain. Loin d’être intemporels, ils empruntent leur « enveloppe formelle » à des courants sociaux qui les façonnent, à des modes.

Ce colloque se propose d’explorer, grâce à différents angles d’approche, les liens de la mode, du corps et de ses images, selon les quatre thèmes suivants répartis en quatre demi-journées :

La mode et ses incidences sociales sur l’image du corps : pourquoi la mode a-t-elle pris un tel relief ? Est-ce lié à des raisons économiques ? La mode est-elle un nouveau symptôme ? Le signe d’une uniformisation de masse ou d’un désir de singularité ?

L’image du corps dans l’art : comment et pourquoi l’art contemporain décline-t-il cette image à l’infini dans ses installations, performances et nouveaux media ? S’il y a un rapport évident de la mode à l’art, y a-t-il aussi un rapport de l’art à la mode ?

Qu’est-ce qu’avoir un corps ? Quel est le rapport du désir au corps et à son image ? Il existe différentes théories psychanalytiques et philosophiques du corps. Ainsi le narcissisme freudien, les théories lacaniennes du corps — le stade du miroir, le sinthome —, le « corps sans organes » de Deleuze et Guattari, ou le corps de « la construction sociale » qu’il serait intéressant de confronter et d’illustrer cliniquement (ou par la littérature).

La psychopathologie de l’image du corps : il s’agit d’étudier les avatars contemporains des différents symptômes du rapport du sujet à son image, décrits par la clinique psychanalytique ou psychiatrique, et qui peuvent avoir un rapport à la mode — dysmorphophobies de l’adolescent(e), délires schizophréniques, mais aussi identifications à l’image de l’autre dans le transsexualisme, etc. —

Geneviève Morel, psychanalyste.

Organisé par :
- L’Association Lilloise pour L’Étude de la Psychanalyse et de son Histoire
- Le Collège des Psychanalystes — A.l.e.p.h.
- La ville de Roubaix
- L’École Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles — E.n.s.a.i.t.

Renseignements :
- Ouvert à tous : participation pour les deux journées 45€, réduite 20€
- Renseignements :
- jpkornobis@aleph.asso.fr
- http://www.aleph.asso.fr

Voir en ligne : Intervenants, arguments, inscriptions et informations pratiques sur le site d’A.l.e.p.h.

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