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Alexandre Cullerre

La peur des espaces (agoraphobie, claustrophobie)

Les frontières de la folie (Ch. II, §. I)

Date de mise en ligne : jeudi 30 août 2007

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Alexandre Cullerre, Les frontières de la folie, Chapitre II, §. I : « La peur des espaces », Éd. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1888, pp. 53-63.

CHAPITRE II
LES OBSÉDÉS

—  — —
I
LA PEUR DES ESPACES

La peur des espaces est une aberration mentale de nature émotive dont le malade a pleine conscience, mais dont il est impuissant à se rendre maître. Décrite en 1872 par Westphal sous le nom d’agoraphobie, elle a été signalée depuis par Cordes, S. Weber, Williams, Brown-Séquard, Perroud et Legrand du Saulle, qui en a fourni, en 1878, une description complète [1].

Pour Westphal [2] ce serait une névrose ayant quelque rapport avec le vertige épileptique. Pour Cordes [3] qui en a lui-même souffert, l’agoraphobie n’est qu’un symptôme de neurasthénie infiniment plus général qu’on ne l’imagine et fait partie, sous forme d’angoisse psychique, d’une foule d’états nerveux différents.

Cette manière de voir nous semble la vraie. « On peut se demander, dit avec juste raison, M. J. Falret, si l’agoraphobie n’est pas une crainte se combinant souvent chez le même individu, avec d’autres craintes du même ordre. L’étude des observations nous montre, en effet, que tantôt l’agoraphobie existe seule, tantôt au contraire, elle se combine avec d’autres craintes, telles que celle d’une épée nue, celles de tomber d’une fenêtre ouverte, de voiture, etc. Plusieurs malades même présentent aussi la crainte du contact des objets extérieurs en même temps que de l’agoraphobie. Tous ces exemples démontrent donc que les diverses espèces de frayeur peuvent se combiner de différentes façons et qu’en résumé elles sont solidaires [4]. »

L’agoraphobie n’est donc qu’un des mille aspects de la déséquilibration mentale et ce n’est jamais un accident isolé dans l’existence des malades. Son étiologie est dominée par l’hérédité névropathique, et admet accessoirement l’influence d’un travail intellectuel exagéré, de grands excès, des pertes séminales et de troubles dyspeptiques.

Elle s’observe la plupart du temps chez des hommes, principalement chez ceux qui sont instruits et intelligents, et qui exercent des professions libérales. Les cas de Westphai, Cordes et Brown-Séquard appartiennent à des hommes ; ceux de M. Perroud à des hommes et à des femmes en égale proportion.

La peur des espaces est compatible avec toutes les apparences d’une excellente santé. Elle se produit ordinairement au moment où le névropathe débouche sur une place, et débute par une angoisse subite, avec serrement de coeur, un sentiment de frayeur, la crainte de quelque chose d’inconnu, d’indéfini dont on va éprouver quelque mal. Puis la frayeur augmente, il survient des palpitations violentes, de l’oppression, des alternatives de frisson et de chaleur à la peau ; les forces s’en vont, le patient se sent tomber en faiblesse, des nuages passent devant ses yeux ; enfin il pâlit, se couvre de sueur et chancelle, dominé par la conviction irrésistible qu’il ne pourra jamais affronter ce vide et traverser cet espace désert.

Cependant, qu’un compagnon se présente, et aussitôt le patient va recouvrer ses forces, reprendre sa tranquillité d’esprit et sa confiance en lui-même. Pour conserver son courage, d’ailleurs, il lui suffit bien souvent d’une circonstance insignifiante ; le passage d’une voiture, la lueur d’une lanterne, la possession d’une canne, la main, d’un enfant.

L’agoraphobie ne se produit pas seulement en présence d’un espace largement découvert ; elle se produit encore dans les rues qui n’ont pas de boutiques, à l’église, au théâtre, en face de longues murailles unies, en présence d’une longue perspective fuyante, en chemin de fer, en voiture, au milieu d’un bois, dans une foule, sur une montagne élevée, sur l’eau, ou simplement dans l’obscurité.

L’angoisse de l’agoraphobe est d’origine absolument psychique, comme le démontre l’ordre d’idées qui l’accompagne. Il est en effet obsédé par des pensées de cette nature : « Il va t’arriver malheur, tu vas avoir une attaque ; tu vas tomber ; tu vas crier et divaguer ; tu vas t’évanouir ; tu vas être frappé d’apoplexie ; on t’observe, tu vas passer pour un poltron, un être ridicule, un fou ; tu vas avoir envie d’aller à la garde-robe, tu vas disparaître à jamais, entrer dans le néant… » Il a conscience de l’absurdité de ces craintes, il se raisonne, s’admoneste, le tout en vain : l’espace s’allonge à l’infini devant lui, le vide s’accroît béant de toutes parts, ses pas se rapetissent ; s’il ne trouve l’appui d’un mur ou le bras d’un passant, il va tomber.

Les deux observations suivantes, empruntées à Legrand du Saulle donneront une juste idée de l’agoraphobie à l’état isolé.

Madame B…, âgée de quarante-trois ans, mère de trois enfants très bien portants, a une grande vivacité d’esprit, une mémoire heureuse et une affabilité remarquable. Elle est recherchée et très fêtée dans le monde : on cite d’elle des reparties d’une rare finesse. Personne n’ignore qu’elle est extrêmement superstitieuse, et l’on a un peu contracté l’habitude de compter avec ses préjugés et ses faiblesses. Elle n’a jamais éprouvé d’accidents hystériques et elle n’est point hypocondriaque.

Depuis quinze ans, à la suite d’un voyage en Suisse et d’une ascension au Righi, elle ne peut pas traverser seule les Champs-Élysées, les boulevards, une grande place ou une rue large, sans être aussitôt en proie â une angoisse pénible, à une frayeur étrange et à un tremblement partiel et quelquefois général de tout le corps. Elle laisse involontairement échapper quelques larmes, se lamente à haute voix, sent ses jambes se dérober sous elle ou croit marcher sur des pavés mobiles, mous et gras. Il lui semble qu’elle s’enfonce dans de l’argile, que le sol rebondit, puis qu’elle s’enfonce encore. « Rien ne tourne, dit-elle, et je n’ai pas le mal de mer. J’ai peur, voilà tout. » Si elle donne le bras à son mari ou si elle tient par la main son dernier enfant, âgé de dix ans, elle n’a aucun malaise.

Cette dame éprouve une sensation identique en pénétrant seule dans une église vide, surtout s’il n’y a ni bancs ni chaises dans cette église : elle a peur en voiture, s’il n’y a pas de passants dans la rue, et, en plein jour, il lui arrive de réclamer le bras de son concierge pour monter le large escalier qui conduit à son appartement. Dans une très spacieuse salle à manger d’hôtel, elle déjeuna seule un matin, fut glacée de terreur et eut de la peine à gagner la gare, qui était tout à fait en face. Elle analyse parfaitement ce qu’elle ressent, reconnaît toute l’absurdité de ses angoisses, s’admoneste, se commande à elle même, mais elle a peur, gémit et, en quelques instants, tombe dans un état de demi-défaillance, d’effarement ou d’excitation ridicule. Elle ose à peine énumérer toutes ses terreurs tant elle craint de passer pour avoir des troubles de la raison, mais lorsqu’elle en parle et qu’elle cherche à les justifier en quelque sorte, elle ne trouve que cette explication : « Dans ces moments-là, je dois probablement avoir peur de mourir subitement, d’avoir une attaque d’apoplexie foudroyante ou une syncope mortelle. Autrement, je serais folle, et certes je ne le suis pas. » Elle habite au fond d’une assez grande cour. Aussi, quoi qu’il arrive, ne regarde-t-elle jamais par la fenêtre. Toutes les pièces de son appartement sont littéralement surchargées de meubles, de tableaux, de statuettes et de vieilles tapisseries. Elle vit dans un véritable bazar, ne se trouve point isolée ainsi et supporte très bien à l’occasion l’absence de tous les siens. Le vide seul l’effraye. Ses fonctions digestives ne laissent rien à désirer.

Tout antécédent morbide, dans la famille de cette dame, avait été formellement nié, et cependant le frère de la malade, mort à dix-huit ans de phthisie pulmonaire, était imbécile, masturbateur et violent. Il maltraitait cruellement les animaux. On n’avait pas pu lui apprendre à lire.

M. Albert G…, âgé de vingt-sept ans, lieutenant d’infanterie, doué d’une intelligence distinguée, a beaucoup lu et est un agréable causeur. Il a quelques prétentions à la littérature, à la poésie et à la musique, et il se dit archéologue. Il est d’une sobriété exemplaire, et, à vingt ans, en 1870, il a été décoré pour un acte de bravoure. Sa santé a toujours été excellente, mais il a été choréique pendant trois mois, vers l’âge de treize ans. Son père est mort d’apoplexie ; sa mère a eu quelques attaques convulsives et l’une de ses cousines germaines a été traitée pendant trois mois dans un établissement d’aliénés.

En 1872, étant en garnison dans une grande ville, il traverse un matin, en habits bourgeois, une place publique absolument déserte et il a peur. Il regarde tout autour de lui, n’aperçoit personne, se sent un peu défaillir et se demande s’il ne doit pas retourner sur ses pas ? Il hésite, peut à peine contenir son émotion, distingue très nettement les objets, mais il tremble et n’avance pas. Une fois entré dans une rue étroite, il est à l’aise, n’éprouve plus rien et ne fait point attention à ce qui vient de se passer.

À quelques jours d’intervalle, il traverse la même place, à la même heure, en uniforme, son sabre au côté, et il ne ressent rien de particulier, puis à différentes reprises, dans la journée ou dans la soirée, il parcourt, sans le moindre malaise, le même chemin, en habits bourgeois et à cheval.

Un certain jour, il monte chez l’un de ses amis, logé à un troisième étage, et il l’attend en fumant sur sa terrasse. Il jette les yeux sur le vide qui l’environne, se trouble, s’inquiète, pâlit, rougit, frissonne, quitte la terrasse, rentre dans la chambre, s’assied en tournant le dos à la porte-fenêtre, se calme peu â peu, perd patience, descend l’escalier en fredonnant, marche gaiement pendant vingt minutes, arrive à son restaurant habituel, retrouve ses camarades et dîne avec le meilleur appétit.

Il prend part un matin à de grandes manoeuvres et il reçoit l’ordre de se porter à une distances de trois kilomètres, près d’un moulin. À peine cet officier est-il arrivé à sa destination et commence-t-il à crayonner, qu’il est effrayé à la vue d’une plaine sans fin, qu’il tremble, et que très pâle et hors de lui, il pénètre dans l’habitation du meunier, se déclare indisposé « à la suite d’un coup de soleil » et demande une tasse de lait. On l’accueille avec bienveillance et il se rétablit aussitôt. Dix minutes après, il sort, questionne un jeune garçon sur la localité et le fait asseoir à côté de lui pendant qu’il dessine, puis il le remercie et s’éloigne.

Plusieurs fois, en habits bourgeois, il traverse à pied la même place que la première fois et est repris de la même angoisse, tandis que, en uniforme et le sabre au côté, il peut impunément parcourir la même voie.

En 1874, ii change de garnison et voyage avec son régiment. Après une étape de trente-trois kilomètres, il arrive dans une petite ville et se trouve logé en face d’une église assez remarquable. Il examine attentivement le monument à l’extérieur, puis il pénètre dans l’église, se voit seul, a peur, sent ses jambes se dérober sous lui, s’imagine marcher sur des dalles en gomme élastique, s’assied, s’essuie la face et gémit. Au bout d’un instant, il entend causer, se lève, s’exhorte mentalement, tâche de faire bonne contenance, n’aperçoit personne, marche péniblement, sort de l’église, est salué par trois militaires de son régiment et se trouve presque aussitôt remis. Il n’a eu ni vertiges, ni nausées, mais il croit avoir ressenti momentanément le besoin impérieux d’aller à la selle.

Quelques jours après, arrivé à destination, il éprouve des contrariétés assez vives. Il se loge d’abord au deuxième étage, sur une cour, puis au premier étage sur la rue, et à différentes reprises, il souffre de ses angoisses. Ses camarades le plaisantent sur les motifs qu’il allègue pour changer aussi fréquemment d’appartement. Enfin, après plusieurs autre essais et après des tergiversations constantes, il loue une boutique, en laisse les volets fermés, allume en tout temps une bougie, couche dans l’arrière-boutique, et sort ou rentre par la petite cour de la maison. Cette fois il ne ressent plus rien et se porte à merveille.

En 1875, ii a peur dans la grande cour d’une caserne, et comme il a déjà donné lieu aux plus désobligeantes suppositions, il sollicite sa mise en retrait d’emploi pour infirmités temporaires.

De retour dans son village natal, il s’occupe, sort très-peu, lit beaucoup et ne ressent absolument rien. Il recueille l’héritage de ses parents et résiste à plusieurs projets de mariage qu’on lui soumet. « Que faut-il que je fasse, m’écrit-il, dois-je me marier ? J’en ai bien plus d’envie que je ne le laisse voir. Personne ne peut s’imaginer ici que je sois malade et le fait est que je mange et bois bien, que je dors mieux encore, et qu’à me voir on m’achèterait la vie. Il faut cependant que j’aie une sorte de désorganisation latente du cerveau ! »

Après un traitement hydrothérapique très prolongé et une médication faiblement bromurée, mais longtemps continuée, M. Albert G… est rentré dans l’armée.

Après la peur des espaces ouverts, nous devons étudier rapidement la peur des espaces fermés. Sous le nom de claustrophobie elle a été décrite par le professeur Ball, par le Dr Raggi, de Bologne ; Verga, de Milan, et Meschede [5]. Elle semble aux antipodes de l’agoraphobie, et cependant coïncide parfois avec elle chez le même malade, de même qu’elle coïncide avec les diverses autres aberrations mentales que nous aurons à étudier par la suite.

C’est ce qui arrivait particulièrement chez un des malades de M. Ball, atteint en même temps du délire du toucher.

Il lui parut d’abord inadmissible de toucher à un bouton de porte. Bientôt le même dégoût s’étendit à toute espèce de contact. Il s’entourait de précautions exquises, n’embrassait plus personne et se livrait à des ablutions perpétuelles. Mais ce n’était pas tout : À divers moments — mais surtout pendant la nuit, il était saisi d’une terreur panique à l’idée de se voir enfermé seul. Lorsqu’il se trouvait dans une pièce quelconque, il tenait essentiellement à ce que portes et fenêtres restassent ouvertes. S’il était en compagnie, ce sentiment perdait de son intensité, et, par égard pour ses visiteurs, il consentait à laisser fermer les issues. Mais pendant la nuit, il était d’une bien plus grande intolérance : il fallait que les fenêtres de sa chambre à coucher restassent ouvertes, — habitude assez commune en pays étranger : de plus, les gens de la maison avaient défense expresse de fermer la porte de sa chambre, et, ce qui était plus difficile à obtenir, de fermer la porte de l’appartement. Il lui est arrivé plus d’une fois de se lever la nuit pour s’assurer que ses ordres étaient rigoureusement exécutés. Enfin, pris d’une inquiétude irrésistible, il se voyait quelquefois obligé de descendre, au milieu de la nuit, dans la cour de la maison, et même de se faire ouvrir la porte cochère, pour errer toute la nuit dans les rues, jusqu’aux premières lueurs du jour.

Interrogé sur ses sensations intimes, il assura qu’il éprouvait dans ces moments une angoisse constrictive, comparable à celle qu’on pourrait ressentir en rampant à travers un passage de plus en plus étroit, jusqu’au point où, collé contre les parois, on ne pourrait plus ni avancer ni reculer. C’est au moment où il lui semblait se trouver dans cette position intolérable que, frappé d’une terreur extrême, il prenait la clef des champs.

Une autre malade citée par le même auteur, névropathe aux antécédents héréditaires des plus accentués, présenta entre tant d’autres troubles mentaux le phénomène de la claustrophobie.

« Un jour, poussée par la curiosité, je voulus visiter la tour Saint-Jacques : nous voilà partis, père, enfants, mari. Au beau milieu de l’ascension, je suis prise d’une terreur folle ; il me semble qu’on a fermé la porte d’en bas et que nous ne pourrons plus sortir. Les miens traitèrent cela d’enfantillage et me firent monter plus haut : tout à coup, sans qu’on ait pu comprendre ma pensée, je descendis jusqu’au bas comme un trait, malgré les cris de mes enfants, bousculant tout sur mon passage : je ne sentais plus, puisque ma tête se heurtant contre le mur ne me causait aucune douleur ; il paraît que ma dernière heure n’était pas arrivée, car j’aurais pu me tuer cent fois ; ma descente avait été vertigineuse, au dire de mon mari.

À peine étais-je arrivée en bas, à l’air libre, que la crise se dissipait comme par enchantement, et je respirais bruyamment, comme au sortir d’un puits.

Une autre fois, étant au bain avec mes trois enfants et une jeune fille de quinze ans, une crise s’est déclarée parce que j’avais, par mégarde, fermé la porte du cabinet et que la fille de service ne venait pas ouvrir assez vite. J’ai cassé le cordon de sonnette, puis j’ai brisé un carreau de la porte vitrée pour pouvoir m’échapper.

La peur est tout mon mal. Ainsi, chez moi, dans mon propre appartement, il faut nuit et jour que la porte d’entrée ne soit fermée qu’au pêne. Je me relève la nuit pour aller m’assurer qu’elle n’est pas fermée à clef. Si par hasard je la trouve fermée, j’appelle au secours, j’ai des hallucinations, je cours d’une pièce à l’autre pour chercher les clefs et je ne me reconnais pas chez moi ; il me semble que je ne sais pas où je suis. Il faut, pour calmer cet accès, que la porte soit ouverte ; aussitôt le trouble s’évanouit.

On ne me ferait pas rester seule dans une pièce fermée pour un empire ; ou alors ma tête déménage et je ne sais plus ce que fais. Il faut pour me calmer qu’on me laisse la porte ouverte ainsi que la fenêtre, et que j’entende les personnes aller et venir. »

Nous n’avons, à propos de la claustrophobie, rien à ajouter aux considérations étiologiques et nosologiques précédemment exposées à propos de l’agoraphobie. Ce ne sont, en dernière analyse, que des formes de la neurasthénie psychique se développant sur un terrain préparé par l’hérédité.

Sous le nom bizarre d’astraphobie, le Dr Beard [6] décrit une affection qui se caractérise par une frayeur extrême survenant à l’approche des orages, et s’accompagnant de nausées, de diarrhée, de faiblesse et quelquefois même de convulsions. Il la considère comme très analogue à l’agoraphobie. Il cite à ce propos l’observation d’une dame qui était extrêmement nerveuse, et avait été toute sa vie sujette à l’astraphobie. Même dans sa première enfance, elle était très fortement troublée par l’approche d’un orage, et bien longtemps avant d’être en âge d’avoir peur des éclairs, elle éprouvait, au moment de leur apparition, de la faiblesse, de l’angoisse, du malaise, et divers troubles nerveux fort incommodes. Sa grand-mère avait présenté la même susceptibilité et les mêmes symptômes.

À un degré moindre, la peur des orages est assez commun et ne constitue qu’un trouble nerveux de peu d’importance.

P.-S.

Texte établi par PSYCHANALYSE-PARIS.COM d’après l’ouvrage de Alexandre Cullerre, Les frontières de la folie, Chapitre II, §. I : « La peur des espaces », Éd. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1888, pp. 53-63.

Notes

[1 Legrand du Saulle, Étude clinique sur la peur des espaces. Paris, 1878.

[2WestphaL, Archiv. für Psychiatrie, 1871.

[3Cordes, Archiv. für Psychiatrie, 1812.

[4Société médico-psychologique, 31 juillet 1876. (Compte rendu in Ann. médic. psych. 1876).

[5B. Ball, De la claustrophobie. (Annales médico-psychologiques, 1879).

[6Beard, Chicago Journal of nervous and mental Diseases, 1874, et Annales médico-psych., 1879.

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