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La Topologie et le Temps (III)

La psychanalyse n’est pas un humanisme

Texte de l’intervention au Cercle Psychanalytique de Paris (31 janvier 2008)

Date de mise en ligne : mercredi 6 février 2008

Auteur : Guy MASSAT

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Guy Massat, « La psychanalyse n’est pas un humanisme », Troisième séance du séminaire sur « La Topologie et le Temps », au Cercle psychanalytique de Paris, le jeudi 31 janvier 2008.

La psychanalyse n’est pas un humanisme, contrairement à ce qu’on enseigne à la Sorbonne. Seule elle peut dire : Rien de ce qui est inhumain de m’est étranger. Car « inhumain » ça résonne comme « inconscient », comme ignorant. La psychanalyse ne s’intéresse qu’à l’inconscient, qu’à l’ignorance, qu’au « ça ». Ignoramus, ignorabimus : Nous ne savons pas, nous ne saurons jamais. Nous ne saurons jamais ce qu’est « le ça ». Qu’est-ce que c’est ça ? Une feuille ? Non, une feuille c’est un mot. De la pâte à papier ? Ce sont encore des mots. C’est ce qui sert à écrire, etc. Non, de ça et des autres choses nous ne connaissons, nous connaîtrons jamais que des mots. L’univers est un mot. Le passé, le présent et l’avenir sont des mots. Et cependant, vous, vous savez comme moi, que ce que je vous montre là est une feuille de papier. Savoir est donc un plaisir mais ignorer, affirmons-le, est la jouissance, la jouissance dionysiaque.

Vous connaissez la formule de Lacan : « le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant » (le signifiant ne signifie rien), c’est-à-dire le rien que je suis représente un sujet pour le rien que vous êtes, et réciproquement. Il y a donc que de l’achose, du désêtre et des mots. Où est donc le « ça » ? demande l’homme. Et Lacan répond : « À chose inaperçue, le nom “partout” convient aussi bien que celui de “nulle part” (Télévision, p. 15). « Le logos dont je parle échappe à la saisie intelligible des hommes », disait déjà Héraclite (frag. 1). « La seule qualité du ça c’est d’être inconscient », dit Freud (Abrégé). Qui est le ça ? « Le ça est impersonnel » ! Que fait le ça ? Il jouit : « Là où ça parle, ça jouit et ça sait rien ». Ça sait quoi ? Ça sait rien, précise bien Lacan (Encore, p. 95). Jouir est le savoir du rien.

Dans le conscient, la vérité qui se tient pour vérité n’est donc pas l’affaire de la psychanalyse. C’est l’interprétation, la construction, qui l’intéresse, le style. L’analyse n’a pas l’illusion de croire qu’elle trouvera la vérité vraie sur ce monde ou un autre. Au contraire, ce qu’elle voit c’est que toute construction mentale n’est qu’une interprétation inconsciente qui ne peut se réduire à une seule signification ou à un seul sens. Il n’y a pas de point fixe dans le langage. Le langage du ça est un chaos polysémique.

Cependant lorsque une interprétation inconsciente est cause de souffrance, c’est seulement la méthode psychanalytique qui peut la défaire, la dénouer, en faveur d’une autre formation, d’un autre nouage, d’un autre discours tout aussi interprétatif, jouant de la même façon arbitraire avec les réseaux des polysémies des chaînes signifiantes, mais réconciliant cette fois le sujet avec son désir et sa sérénité profonde. Ce que la parole du système inconscient a pu construire d’interdictions, d’inhibitions tragiques, de tortures chez une personne, la méthode psychanalytique peut le dénouer, le refaire, le reconstruire de façon satisfaisante, viable, créatrice et jouissive. Voilà tout.

« Je guéris toutes les maladies par l’interprétation des rêves et le langage », disait déjà Antiphon de Corinthe, il y a 2500 ans. Dans la mesure où il parlait des maladies du système inconscient, il était déjà psychanalyste. La psychanalyse n’a pas à interpréter les vérités du conscient. Elle soigne seulement les formations inconscientes. Semblable au cordonnier d’Apelle, la psychanalyse n’a pas à juger, « au dessus de la sandale ». Elle est, comme dit Freud, « une école de modestie ». Elle n’a pas à juger ce qui n’appartient pas à son domaine : le système inconscient. Quand elle le fait elle dérive, elle se défausse, elle s’effondre. Elle n’est plus qu’une psychologie moralisante, elle devient anti-psychanalytique, anti-inconscient, soumise à l’humanisme le plus formel.

La psychanalyse est un humanisme, ce livre, publié récemment chez Grasset, éditeur sérieux, a pour auteur, non moins sérieux, Hélène L’Heuillet, très honorable maître de conférence à Paris Sorbonne. Or ce livre et son titre incarnent le mouvement d’effondrement vital de la psychanalyse. Nous constatons que le psychanalyste ici s’auto-ritualise comme tout idéologue, humaniste, le psychanalyste ne s’autorise plus de lui-même comme il se doit, mais, du discours universitaire. Malgré ses bonnes intentions, son exposé s’avère aussi démoralisant que l’existence qui, du point de vue du conscient, on le sait, sera toujours « une affaire qui ne couvre pas ses frais ». À son insu, cet ouvrage donne donc raison au Livre noir de la psychanalyse !

L’humain est par conscience d’être ! Nous en sommes toujours là, dans cette débilité, à nous définir par la conscience, malgré Freud et malgré Lacan. Avec une arrogance, qu’il appelle dignité, l’humaniste prétend amender l’inhumain, le barbare, le cannibale. Il dit avoir pour fin le bonheur de tous les vivants par l’épanouissement et le progrès de ses valeurs conscientes. Seul problème, aujourd’hui évident, c’est que plus l’humain refoule l’inhumain, plus il le devient, par retour du refoulé, et ce qui est pire, sans s’en apercevoir. Comme dit Lacan : « La psychothérapie, quelle qu’elle soit, tourne court, non qu’elle n’exerce pas quelques biens, mais qui ramènent au pire » (Télévision, p. 19).

Prisonnier de sa sphère, l’humaniste a peur de disparaître. L’humaniste a peur de tomber : simple angoisse de l’espace pour qui ne comprend rien au temps. Mais dans le ça, dans le temps, tout est vide depuis le commencement où l’homme pourrait-il tomber ? Dans quel espace imaginaire ? Dans quel fantasme de chute ? L’humaniste est comique, et comme le dit Lacan, sa civilisation c’est l’égout. En effet, notre humanisme a tout pollué. Comme vous le savez, la terre est polluée, l’eau est polluée, l’air est polluée, le feu, qui jusqu’ici purifiait tout, est lui-même pollué avec le nucléaire. L’humaniste est donc un comique tragique. Redisons-le, répétons-le, la psychanalyse n’est pas un humanisme.

En revanche, les humanismes, eux, ne manquent pas. La philosophie, la religion, la science, la politique, la sociologie, l’économie, le commerce, le marketing, la télévision, la publicité eux, sont des humanismes. Ils opèrent dans le conscient, ils s’occupent de l’humain et de ses valeurs. Mais comme le montre l’histoire, ce que refoule l’humain il le devient, par retour du refoulé. Cela s’appelle l’universalité de l’Œdipe, phénomène spatial, mis en évidence par Freud. L’humanisme est sans doute une bonne affaire mais c’est surtout un arbre qui nous cache la forêt de l’inconscient.

Ce qui ne s’intéresse qu’au ça innommable ne peut être un humanisme sans perdre sa fonction. Seule la psychanalyse sait dire à rebours des grands humanistes comme Hegel : « Tout ce qui est inhumain ne m’est pas étranger ». Car si elle ne s’intéressait pas à l’inhumain anonyme, au ça, qui s’en chargerait ? Mme L’Heuillet nous parle bien de « la réalité de l’inconscient ». Mais ce mot est devenu si commun que chacun croit le connaître en le réduisant « à ce qui n’est pas conscient ». Ce qui est depuis toujours la définition des philosophes. Systématiquement les philosophes, les scientifiques et le public confondent « le préconscient avec l’inconscient » : abominable dérapage. L’expérience psychanalytique, disait pourtant Lacan, est : « une expérience dont il faut dire qu’elle nous oppose à toute philosophie issue directement du Cogito » (Écrits, p 93). Ce que démontre très exactement la première topique de Freud.
« La psychanalyse est la mise en question du psychanalyste » (Écrits, p. 41) Précisément : « La civilisation c’est l’égout » (Autres écrits, p. 11),.

Alors, par quelle contorsion yoguique compliquée Mme L’Heuillet peut-elle soutenir que la psychanalyse est humaniste ? L’expression « sujet de l’inconscient » constitue la rupture épistémologique avec ce qu’on a appelé « l’homme » depuis Parménide et la Bible, jusqu’à Nietzsche et le « ça ». « L’homme est mort », explique Michel Foucault. L’Homme n’est plus la mesure de toute chose. Le sans mesure précède toute mesure. Le « transfert » en psychanalyse n’a rien à voir ni avec les transferts conscients, ni avec les transferts préconscients, et autres localisations cérébrales. Le discours de l’inconscient avec ses lapsus et ses bévues c’est bien plutôt la parole audacieusement libre « la parrhésia » des Cyniques qui s’exprimait à rebours de celles des Débiles et des Canailles du conscient. L’humanisme relève de la pensée consciente donc, quoiqu’il prétende, il ne se réduira jamais qu’à un lit de Procuste.

L’humanisme s’oppose au loxias, le « discours biaisé », d’Apollon. Loxias est le surnom d’Apollon faisant référence à l’ambiguïté du langage de ses oracles qui ne relevaient évidemment que du langage du ça.

Voici, pour ceux qui seraient encore tenter de croire que la psychanalyse est un humanisme, des citations de Lacan avec leurs références temporelles :

En Septembre 1954 :
- « Je ne dis pas “l’homme” parce que moi, je ne sais pas tellement bien ce que c’est » (Le mythe individuel du névrosé, p. 63).

Le 12 janvier 1955 Jacques Lacan, dans son débat avec Jean Hyppolite, le grand spécialiste d’Hegel, déclare :
- « La psychanalyse n’est pas un humanisme » (Roudinesco, Généalogies, p. 249). Le cours du 12 janvier 55 se trouve dans le séminaire « Le moi dans la théorie de Freud » : « La psychanalyse est-elle un humanisme ? C’est la même question que je pose quand je demande si l’autonomous ego va dans le sens de la découverte de Freud » (p.87). (L’ego psychologie est synonyme du comportementalisme).

En 1963 :
- Althusser : « Lacan mène un combat implacable contre l’humanisme, le scientisme et le personnalisme ; en conséquences, ses thèses sont essentielles pour nous » (Jacques Lacan, Roudinesco, « La puissance et la gloire », p. 396) .

En Mai 1966 :
- « L’objet de la psychanalyse n’est pas l’homme » (Réponse à des étudiants en philosophie sur l’objet de la psychanalyse. In Cahiers pour l’analyse, 3 mai 1966).

En Décembre 1976 :
- Une certaine presse accuse Lacan d’anti-humanisme théorique, de même que Foucault et Althusser : « Psychanalyse, degré zéro » (Jacques Lacan, Roudinesco p. 497).

Ce que refoule l’humain, l’humain d’aujourd’hui, c’est encore le ça, c’est l’inconscient. C’est comme s’il voulait arrêter le temps destructeur au profit d’un jour qui ne finirait jamais. Il a peur de la mort. Il ne comprend rien à l’étreinte de l’éternité, au wabi et sabi de l’ancienne pensée japonaise. Dans le ça, la mort est un moment de la vie, la vérité un moment de l’erreur, le yin du yang, l’ignorance du savoir, le temps de l’éternité etc.

Mais dans le conscient ces notions deviennent rigides antagonistes et l’humain veut anéantir l’identité du mal au profit de celle du bien, le temps qui coupe au profit d’une durée qui serait enchantée. Cet humanisme de l’esbroufe ne cherche qu’à exploiter les autres à son profit, sans y arriver jamais, ce qui est risible. Les « fofreudistes » se faufilent dans l’humanisme pour se légitimer mais ils ne trompent personne. Ils pensent en terme de sphère alors qu’il n’y a plus de sphère, mais de « l’asphère », comme dit Lacan, c’est-à-dire du temps, c’est-à-dire de l’inconscient. Dans le mot psychanalyse on trouve « anal ». Peut-être est-ce ce mot qui les effraie, le sale, les fèces, la pourriture, les désirs secrets, la mort, ce qui est crevé, ce qui pue. Cependant tous les corps ne se résument-ils pas à de la boucherie, de la charcuterie, de la triperie ? Non, non, je ne suis pas ça, proteste l’humain ! L’humain a une bulle de conscience, qui le place au-dessus des corps. Ah oui ? Et comment pourrait-on manger sans aller aux toilettes ? Au temps de la révolution française il y avait un abbé qui prétendait que Jésus Christ n’avait pas d’anus. En effet puisque ce dieu était la pureté absolue les aliments ne pouvaient se corromprent dans son corps. Donc, pas de fèces pour Jésus, pas de fesses, pas de stade anal.

« Tu ne tueras point » dit la morale humaniste. Mais comment vivre sans tuer ? Réponse : Il ne faut tuer que les méchants, ceux qui ne sont pas humanistes, ceux qui n’ont pas d’esprit, pas d’âme (pour l’humaniste, l’esprit ou l’âme c’est pareil). Ainsi nous resterons entre nous, les humanistes. Vous connaissez la blague du cannibale qui pour s’identifier au missionnaire qui venait le civiliser lui annonce : Soyez content, mon père, maintenant dans notre île il n’y a plus de cannibale : nous venons de manger le dernier ! C’est cela l’humanisme, un cannibalisme déplacé. C’est que dans l’inconscient, si tu ne tue pas les mots ce sont les mots qui te tueront et te mangeront. Un mot c’est rien dans le conscient. Car dans le conscient les mots ne sont pas les choses. Si je dis éléphant aucun éléphant n’apparaît, sinon il suffirait que je dise million et je serais millionnaire. Mais dans l’inconscient c’est l’inverse, le mot, si bref soit-il dans sa sonorité, est la chose même. C’est pourquoi des maladies propres à l’inconscient sont causes de souffrances sans être décelables à toutes mesures conscientes. Comme dit la physique quantique : Ce sont les particules les plus brèves qui dégagent le plus d’énergie et elles sont pratiquement immesurables.

Quand on confond le discours inconscient avec celui du conscient on « s’auto-ritualise ». Le rite, ritus, en latin, c’est la cérémonie. C’est le semblant. Sous les masques de la modestie, l’arrogance des rites transforme ses prêtres en marionnettes, et leurs ouailles, en nains aveugles.

Mais prenons des exemples, le philosophe Slavoj Zizek, nouveau et brillant philosophe, réputé à plus d’un titre, prétend nous expliquer dans La Marionnette et le nain (Seuil) le sens exact de la Bhagavad-Gïtâ :

« Dans la Bhagavad-Gïtâ, nous dit-il, le Dieu Krishna s’adresse à Arjuna, le roi-guerrier qui hésite à combattre, horrifié par les souffrances qu’il risque de provoquer. (C’est vrai que ça le prend soudainement, cette crise de conscience, à Arjuna. Tuer c’n’est pas bien, se dit le roi guerrier, mais aussitôt, surgit de son inconscient salvateur le puissant dieu Krishna.) Et le Dieu Krishna, poursuit Zizek, explique à Arjuna :

« Croire que l’autre tue et que l’on est tué c’est également se tromper, nul n’est tué ni ne tue (mais vous, vous le savez ces propos ne sont recevables que dans l’inconscient). Ni mort ni naissance n’existent… Rien n’est meilleur qu’un combat légitime… Mort tu obtiens le ciel, vainqueur, tu gagnes la terre ? Aussi, relève-toi, sois résolu et va combattre… tiens-toi prêt au combat, rien de mal ne t’arrivera… »

Freud aussi, à l’instar de Krishna, prône dans l’inconscient le combat d’Eros et Thanatos. C’est que dans l’inconscient le contradictoire est possible, alors qu’il est impossible dans le conscient. C’est à ne pas faire cette distinction qu’on tombe dans le totalitarisme. Zizek, qui n’a pas, à l’évidence, poussé sa psychanalyse assez loin, prétend que le sens de ce mythe est évident : C’est du nazisme, alors que c’est exactement l’inverse. Zizek, en bon humaniste, fait donc du nazisme sans le vouloir comme Œdipe fit ses horreurs sans le savoir.

« Si la réalité extérieure n’est en dernière analyse qu’une apparence éphémère, argumente-t-il, les crimes les plus terrifiants n’ont pas importance… Si croire que l’un est tué et l’autre tue c’est également se tromper », si « ni mort ni naissance n’existent », difficile de résister à la tentation (mais il parle pour lui), de paraphraser ces passages pour en faire aux yeux d’un nazi, une justification de la destruction des juifs dans les chambres à gaz. Si « croire que l’un est tué et que l’autre tue c’est également se tromper », si « ni naissance ni mort n’existe… tu n’as lieu de pleurer sur personne », donc tu n’as pas lieu de pleurer sur les juifs massacrés. Vois d’un œil égal souffrance et plaisir, richesses et misères, défaite et victoire », et exécute les ordres que tu reçois… Il n’est pas étonnant s’illusionne Zizek, que La Bhagavad-Gita ait été le livre préféré, de Himmler… »

Voilà où mène l’humanisme qui ne comprend rien à l’inconscient : à se priver d’un des mythes indiens les plus anciens et les plus riches de la littérature mondiale, qui nous illustre, comme tous les mythes, ce qu’est l’inconscient. Voilà comment l’humanisme incarne ce qu’il dénonce. D’ailleurs, dans cette optique dualiste de Zizek, le nazisme ne se targuait-il pas lui aussi d’humanisme ? Il voulait un homme pur, il était hygiéniste, eugéniste, bien propre du sol au plafond. C’est que l’humaniste idéal c’est l’homme sans inconscient. Hitler voulait purifier l’Occident comme on purifie tout aujourd’hui. Dans sa volonté de pureté Hitler combattait le tabac. Mens sana in corpore sano. C’est lui qui a crée le premier centre antitabac. Végétarien, il aurait été aussi pour le fameux slogan télévisé : « Mangez cinq légumes par jour ».

La bonne conscience est un coach épatent, mais comme tout surmoi il impose sa loi : si tu ne fais pas ce que je dis tu seras supprimé ! L’humanisme est donc une tartuferie. Il ne veut pas le monde tel quel. Zizek comme la plupart des humanistes d’aujourd’hui s’appelle Tartuffe. En quoi et pourquoi ? Simplement, parce qu’ils mélangent hypocritement le conscient et l’inconscient. C’est à cela qu’on reconnaît les débiles et les canailles, ou si vous préférez, les névrosés : ils disent qu’ils veulent le bien et font le mal.

Mais, prenons un autre exemple encore plus spectaculaire : « Je suis un pacifiste radical », se vantait Einstein à la tribune de toutes les nations. C’était juste avant d’inventer la bombe atomique qu’il concevait déjà dans sa tête. Il s’était engagé en faveur du sionisme et sur cette cause généreuse, que Merleau Ponty rapporte dans son ouvrage (Einstein, Flammarion, p. 62) il a cherché à convaincre Freud lequel lui fit alors la réponse suivante dont nous admirerons la dimension prophétique. On est en 1930 :

« … Mon jugement pondéré est nuancé sur le sionisme, dit Freud, il ne va pas dans ce sens… Je ne crois pas que la Palestine deviendra jamais un État juif, et que le monde chrétien ou musulman acceptera jamais de laisser leurs sanctuaires aux mains des Juifs. J’aurais mieux compris qu’on ait fondé une patrie juive sur un sol vierge non grevé historiquement ».

Il termine sa lettre en regrettant que « Le fanatisme irréaliste de ses frères juifs éveille la méfiance des Arabes » (Lettre à Einstein du 26 février 1930).

En 1932 Einstein, qui admirait beaucoup Freud tout en ne le comprenant pas, lui adresse sa célèbre lettre : « Pourquoi la guerre ? » (Éd. Payot et Rivages poche) : « … Existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre ? Existe-t-il une possibilité de diriger le développement psychique de l’homme de manière à le rendre mieux armé contre les psychoses de haine et de destruction ?… Il y aurait grand profit à vous voir, dit Einstein à Freud, développer le problème de la pacification du monde sous le jour de vos nouvelles investigations… »

Einstein était lui aussi un humaniste comportementaliste. Étourdiment il rangeait Freud dans cette catégorie.

La réponse de Freud ne se fit pas attendre, elle ressemble à celle de Krishna :

« Nous admettons, dit Freud, que les instincts de l’homme se ramènent exclusivement à deux catégories, d’une part ceux qui veulent conserver et unir, nous les appelons érotiques… d’autre part, ceux qui veulent détruire et tuer, nous les englobons sous les termes de pulsion agressive ou pulsion destructrice… Ces pulsions sont tout aussi indispensables l’une que l’autre… c’est de leur action conjuguée ou antagoniste que découlent les phénomènes de la vie. Il semble qu’il n’arrive guère qu’un instinct de l’une des deux catégories puisse s’affirmer isolément ; il est toujours lié, selon mon expression, à une certaine quantité de l’autre catégorie… Peut-être avez-vous l’impression que nos théories sont une manière de mythologie qui, en l’espèce n’a rien de réconfortant. Mais est-ce que toute science ne se ramène pas à cette sorte de mythologie ? En va-t-il autrement pour vous dans le domaine de la physique ? (N’est-ce pas là une prophétie freudienne sur la bombe ?)… Les bolchevistes, poursuit Freud, eux aussi espèrent arriver à supprimer l’agression humaine en assurant l’assouvissement des besoins matériels tout en instaurant l’égalité entre les bénéficiaires de la communauté. J’estime que c’est là une illusion... »

Freud dit en conclusion à ses amis : « après cette lettre je ne pense pas recevoir le prix Nobel de la paix », le prix des grands humanistes, fondé par l’inventeur de la dynamite qui, au nom du progrès, a produit, comme on le sait plus de blessés, de morts que de vivants. Méfions-nous de la main ouverte (u) de l’humaniste : Elle veut nous étrangler.

Avec son livre La psychanalyse est un humanisme Mme Hélène L’Heuillet, avec tout le respect qu’on lui doit, malgré toute la longue histoire de l’humanisme qu’elle connaît si bien, ne se montre donc pas très freudienne. Car c’est bien la découverte de Freud qui nous a délivré de l’humanisme et de ses mascarades. Le principe de l’humanisme est celui de l’oignon, de l’endive ou du poireaux : des enveloppes enveloppant des enveloppes qui enveloppent des enveloppes… autour de rien. Le conscient, où l’habit fait le moine, s’en contente. Mais l’inconscient, celui de Freud et de Lacan, lui, nous apporte une autre dimension, qui est la mise à nu de l’humanisme, la mise à zéro des cérémonies de l’humanisme.

Car l’humaniste, c’est bel et bien Œdipe, le héros de Thèbes, coupable de réaliser le pire en voulant l’éviter.

Donc, la psychanalyse, répétons-le, encore une fois, ne s’occupe que de l’inconscient, de son langage, de ses renversements et de ses nouages, précisément pour nous en libérer lorsque ceux-ci sont des causes de souffrance, de dépression, d’angoisse, de peur et autres inhibitions.

Quelle est sa méthode ? Freud a appelé la méthode psychanalytique : « l’association libre », il la nomme « la règle fondamentale » de la psychanalyse. Toute la praxis psychanalytique repose sur elle. Mais, très curieusement les psychanalystes d’aujourd’hui ne l’utilisent quasiment plus. Preuve en est le « dictionnaire de la psychanalyse » de chez Larousse.

À l’article « règle fondamentale » il nous dit : « Il arrive aujourd’hui que cette règle ne soit plus formulée explicitement… Pour les théoriciens comme Sacha Nacht, (la grande référence ! c’est un psychiatre et non un profane) la règle fondamentale a surtout une valeur en ce que le patient ne peut la suivre… »

Que se passe-t-il donc ? Ne sait-on plus ce qu’est la règle fondamentale de la psychanalyse ? On n’aurait plus à l’expliquer à l’analysant ? Le patient d’aujourd’hui serait incapable de la suivre ? La règle fondamentale de Freud ne serait donc plus fondamentale pour la psychanalyse et les psychanalystes ? Mais de quoi s’agit-il alors ? La règle fondamentale, l’association libre, serait-elle une erreur ? Une praxis impossible pour nous autres, frères humains ? Pourtant rien n’est plus simple à définir en langage courant, l’association libre : c’est ce qu’on appelait autrefois « langage des oiseaux ». Évidemment ça fait un peu populaire à dire comme ça. Surtout pour ceux qui aiment à s’auto-ritualiser dans des cérémonies universitaires. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce que la parole a noué dans l’inconscient, l’association libre ou le langage des oiseaux, peut le dénouer. Nous disons bien le langage et non la langue, car l’inconscient n’est pas une langue mais un langage. Toute langue a ses signes et significations fixes, c’est un code comme le fut au Moyen âge « la langue » des oiseaux. Mais un langage n’a pas de code, donc pas de dictionnaire. « Il faut être académicien, dit Rimbaud — plus mort qu’un fossile — pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit ». Car le langage est sans mesure comme le temps qui ne saurait se réduire à quelque mesure que ce soit.

Certes, au Moyen-âge les trouvères et les troubadours utilisaient une certaine « langue des oiseaux » comme code secret mais c’était pour déjouer la censure des autorités religieuses, de même que les alchimistes, de même que les bandits. Par exemple, les auberges intitulées « Au cochon d’or », voulaient dire « le coche peut y dormir », ici le coche de la diligence peut venir prétendre qu’il a une réparation à faire et passer la nuit à se reposer, tandis que les passagers seront obligés à consommer lits et couverts. Et tout le monde s’y retrouve, comme dans le film « l’Auberge rouge ». Mais, encore une fois, l’association libre ne relève pas de la langue mais du langage des oiseaux.

Le langage des oiseaux est basé sur la libre création de tous les jeux de mots que l’on peut faire à partir des sons qui les composent. Il consiste à faire parler les mots et les lettres dans une autre dimension que celle de l’ordre arbitrairement imposé par les langues. C’est ce que font les rêves en général.

Qu’est-ce que le rêve ? Le rêve est un rébus, nous explique Freud, dans son livre majeur L’interprétation des rêves. Pour interpréter le rêve on doit renoncer à ses sens apparents. Mais qu’est-ce qu’un rébus ? La première signification de « rébus », attestée par Rabelais, est « mot pris dans un autre sens que celui qui lui est naturel ». Le terme rébus s’appuie sur le sens de « mauvais jeu de mots » ou de bévue. Aurions-nous de meilleur exemple que celui de Lacan lorsqu’il traduit Unbewusst, l’inconscient en allemand par le français « une bévue ». Cette traduction irrecevable c’est exactement le langage des oiseaux.

Le mot, Wort en allemand, devient « Mort » en français pour peu qu’on renverse le double v. Mot en allemand peut donc être mort en français. Toute l’œuvre de Lacan démontre sa maîtrise du langage des oiseaux. Rien d’étonnant à cela. C’est la règle fondamentale de la psychanalyse : c’est l’association libre. On a dénombré chez Lacan quelque 800 effets de langage d’oiseau. On les nomme savamment néologismes. Son vingt quatrième séminaire n’est-il pas intitulé L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre ? L’oie, l’oiseau, est ici représenté par le son aile pour signifier l’élan, l’envol, que produit le jaillissement du hasard, c’est-à-dire la mourre (jeu de hasard) et auquel la musicalité de la phrase participe. L’insu que sait c’est l’ignorance qui se sait dans l’inconscient et qui s’élance du hasard ; mais cela dit aussi que l’insuccès, (l’insu que c’est), à savoir la résistance à l’inconscient, « s’aile à mourre », c’est l’amour, c’est le désir. Superbe nouage de sonorités mais dont les croisements de voix d’équivoques phonétiques ne peuvent être acceptés par aucun humaniste qui se respecte.

Étymologiquement le mot rébus est une forme volontairement équivoque de « rebours », contre-pied, contraire à ce qui devrait être. C’est très exactement ce que Lacan appelle de la « lituraterre ». Litura c’est raturer, terra, la terre, la matière, la litière du texte. Ici il n’y a pas de littéralité, au sens de stricte conformité au texte ou à la lettre, parce que la lettre c’est un signifiant et en tant que tel elle ne signifie rien. 

« Le signifiant ne signifie rien, il matérialise l’instance de la mort », nous dit Lacan (E p 24). Pour littérature André Breton, lui, utilisait le palindrome : Erutaréttil dont on peut faire aussi la contrepétrie : « l’art du rut » c’est-à-dire le chant d’amour des oiseaux. Quand un mot n’est pas pris à la lettre, c’est-à-dire autrement que le sens donné par son contexte, le discours brille et miroite d’une infinité de sens. La résonance des sons d’une simple lettre modifie l’orientation des propos et de leurs perspectives. « Nul n’épuisera le sens d’un mot » remarquait Valéry. C’est donc sur les structures phonétiques que s’articulent la cure et la méthode psychanalytique.

Le rébus du rêve relève donc du langage des oiseaux comme la contrepétrie, le palindrome, l’anagramme, le verlan, les mots-valises, les néologismes, les mathèmes et tous les jeux de mots à partir de leurs phonèmes, ou de leur faux noms (faux-nèmes) etc. L’association étant libre on peut aussi utiliser les étymologies grecques, latines, sanscrites et de toutes les langues qu’on voudra.

But de l’opération ? Défaire par le langage des oiseaux ce que l’inconscient par le même langage a construit de blocages douloureux, de formations pathologiques, d’addictions de dépression, d’inhibition et de peur. L’inconscient ce n’est pas de l’écrit, parce que l’écrit c’est mesurable. L’inconscient c’est de la parole qui interprète l’écrit. La parole fait ce qu’elle veut ou désire de l’écrit. C’est pourquoi on dit en psychanalyse que la parole reste et que les écrits passent.

Le langage des oiseaux consiste à utiliser les mots phonétiquement. Le « palan », la poulie, peut signifier un « pas lent » dans un rêve. Le mot « chandelle » peut vouloir dire le « chant d’elle, ou le chant dele, ce qui peut évoquer le chant de « Delos », c’est-à-dire l’île où sont nés les jumeaux Artémis et Apollon. Ils fixèrent l’île flottante Ortigis, où ils virent le jour, afin qu’elle devienne le centre du monde en l’appelant Délos qui signifie « la brillante » parce qu’elle va désormais briller d’une infinité de sens.

Il s’agit donc, au cœur de nos symptômes, de mélanger, de casser, de fracasser les mots de notre histoire intime. Parce que dans fracasser, on entend « le fracas sait ». Que sait-il, le fracas ? Il sait les sens déguisés permettant d’aiguiser d’autres sens pour d’autres destins. Qu’est-ce qu’un oiseau ? Son étymologie est oie. L’oie est désignée par le son quelle fait entendre : woua, oie. L’oie en grec se dit « kéno ». C’est l’homophone de « kéno » le vide, même si l’écriture est totalement différente.

Le Maître zen Lin tsi raconte que dans un mélange d’eau et de lait l’oie est capable de boire le lait et de laisser l’eau (Les entretiens de Lin tsi, Demiéville). On peut voir sur des vases grecs du cinquième siècle av. J.-C., Aphrodite, la déesse de l’Amour, chevauchant une oie. Les Pharaons se représentait la course du soleil, c’est-à-dire du temps, sous la forme de l’oie, de même qu’en Chine. Comme vous le savez ce sont les Grecs qui ont inventé les voyelles, voix ou voie des ailes, la voix des oiseaux. Tout se trouve dans le langage de l’oie. O A, c’est l’alphabet grec à l’envers, oméga, alpha. Nous devrions accorder une attention particulière à tous les mots en oi, wa, de la langue française.

Le langage et le vol des oies figurent donc la pulsation temporelle qu’est l’inconscient.

Dans langage on entend « langue » et « âge ». Le mot âge vient du latin aevum et du grec aion qui désignent le temps. Le mot langue désigne l’organe de la parole et aussi tout objet en forme de langue c’est-à-dire de triangle, tel le graphe du nœud premier, ou encore la patte d’oie. La patte d’oie évoque aussi le système d’écriture le plus ancien du monde, l’écriture cunéiforme, qui fut mise au point en Mésopotamie (Irak) vers 3500 av. J.-C.

Le triangle de la patte d’oie rappelle encore le carrefour de Mégas, le carrefour à trois voies tel une patte d’oie, où Œdipe tua son père.

Esope, le fabuliste esclave, raconte qu’une oie pondait des œufs d’or et enrichissait son propriétaire. Cependant un jour plus avide d’or que jamais le propriétaire fit l’erreur de tuer l’oie croyant trouver fortune dans les entrailles de l’oiseau. Naturellement il perdit tout. Moralité on ne doit pas tuer le langage de l’oie, comme le font trop de psychanalystes aujourd’hui, mais bien au contraire, comme Freud et Lacan, savoir l’utiliser puisque c’est la pratique l’association libre.

Le langage de l’oie ne doit pas se ritualiser. Le rituel ne consiste qu’en de pseudo gestes, comme dit Lévi-Strauss, c’est-à-dire des théâtralisations sans conséquences. Le langage de l’oie, lui, ne fait pas semblant.

Dans « L’homme aux rats », célèbre cas de névrose obsessionnelle, Freud fait remarquer que son patient semble affectionner les mots où se trouve le son « ra » qu’il n’utilise qu’à son insu, c’est-à-dire inconsciemment. Dans la réalité consciente les mots ne sont pas les choses. Si je dis éléphant, dans notre réalité, aucun éléphant ne se montre. Mais dans l’inconscient les « sons sont raison » : Le mot éléphant fait apparaître l’éléphant ou « aile et fend » ou « elle est fan », en tout cas le son, le langage, la parole sont des producteurs de formes et de mondes. Ici les pires choses, les nouages les plus compliqués, ne sont que les traces de sons de paroles aussi rapides que le temps. Les distorsions, les bifurcations sont le principe du langage inconscient. D’où les conséquences comiques, tragiques ou comico-tragiques du langage des oies.

Connaissez-vous le sketch de Raymond Devos « Ouï-dire » où il fait jouer les différentes bévues possibles du son oi (wa) ? Il le fait à partir de l’oie, l’oiseau, dont le cri éponyme est précisément « wa wa ». On rit pour peu que nous ne soyons pas paralysés par l’esprit de sérieux. Si l’on ne rit pas c’est parce que nous pensons trop. Nous pensons justement que nous sommes civilisés, qu’on a des lettres. En bons humanistes, nous sommes fiers d’être dans l’espace des lettres où, bien sûr, on sait différencier les sons et leur donner un sens, un bon sens, un sens unique, par l’écriture. On pense même que l’écriture a précédé la parole. Alors, les animaux parlent-ils ? Non ! Cependant : « Ma chienne parle, affirmait Lacan, elle ne parle pas tout le temps, précisait-il, elle parle contrairement à beaucoup d’humains, uniquement dans les moments où elle a besoin de parler » (L’identification, leçon 3). Mais aucun animal ne parle, protestons-nous, c’est nous les humains qui parlons. Nous, les humanistes, on a des livres, des grimoires, des textes, on ne se réduit pas au langage des oies.

Enfin… c’est ce que l’on croit quand on ne rit pas. Car, « Mesdames, messieurs, nous fait remarquer Raymond Devos, il y a en français des verbes qui se conjuguent très curieusement. Par exemple, le verbe ouïr qui signifie entendre. Le verbe ouïr, au présent, ça fait : J’ois… Mais si au lieu de dire “j’entends”, je dis “j’ois”, vous pouvez penser que ce que j’entends est joyeux alors que ce que j’entends peut être particulièrement triste. Il faut donc préciser : “Mon Dieu, que ce que j’ois est triste !” J’ois, tu ois. Tu ois mon chien qui aboie, qui fait ouah ouah, au fonds des bois ? Il oit… Oyons-nous ? Vous oyez… Ils oient. L’oie oit. L’oie c’est bête ! Ce que j’ois, ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle ?

Si au lieu de dire “l’oreille”, on dit “l’ouïe”, on peut questionner : Qu’est-ce que l’ouïe de l’oie oit ? Pour peut que l’oie appartienne à Louis, ça peut donner — L’ouïe de l’oie de Louis a ouï. — Ah oui ? Et qu’a ouï l’ouïe de l’oie de Louis ? — Elle a ouï ce que toute oie oit… — Toute oie oit ouah ouah, quand un chien aboie le soir au fond des bois. Mais toute oie oit-elle ouah, ouah ? En tout cas au passé simple, j’ois, ça fait j’ouis. Jouis ? S’étonne Devos. Il n’y a vraiment pas de quoi ! »

Comme dit Lacan, « là où ça parle ça jouit et ça sait rien ». C’est peut-être pour ça que le verbe ouïr ne s’emploie plus aujourd’hui qu’à l’infinitif.

Conclusion : L’inconscient c’est le langage, c’est le langage du temps, c’est le langage de l’oie dont le battement des ailes figurent la pulsation temporelle qui absorbe et engendre tout. Comme disait Nietzsche : « Tout permet de prédire… La réapparition du ça dionysiaque dans notre monde contemporain ».

P.-S.

Prochaine conférence jeudi 28 février 2008 à 20h 30.
- La topologie et le temps (4) : « L’espace passe ».

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