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Berbiguier de Terre-Neuve du Thym

Description du Jugement dernier

Les Farfadets (Chapitre I à X)

Date de mise en ligne : mercredi 22 novembre 2006

Mots-clés : ,

D’où viennent ces accents funèbres,
Ces craquements, ces triste voix ?
Je vois s’entasser les ténèbres !
La flamme de ma torche a pétillé trois fois !
Est-ce l’innocence qu’attire
Le bruit de mes secours nouveaux ?
Non, c’est le crime qui soupire,
Je vais prendre la plume et décrire mes maux.
 
Venez, venez, troupe infernale !
Armez tous vos bras monstrueux,
Ébranlez ce vaste dédale,
Où j’ai cru vainement échapper à vos yeux.
Mais qui les fait fuir en silence ?
Ciel ! Je vois les traits les plus beaux !
C’est l’ange de la bienfaisance !…
Je vais prendre la plume et décrire mes maux.
 
Ah ! salut, ange pacifique,
Dont les regards purs et sereins
Ont rempli ma demeure antique
De l’éclat des rubis et du nectar des Saints !
Agite ta lyre vermeille,
L’enfer fuira dans ses cachots,
L’univers prêtera l’oreille ;
Je vais prendre la plume et décrire mes maux.

LES FARFADETS
ou
Tous les démons ne sont pas de l’autre monde

CHAPITRE PREMIER
Introduction

JE SOUFFRAIS DEPUIS LONGTEMPS tout ce qu’il est possible d’imaginer ; je le devais en commémoration des souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je gardais le silence, parce que je croyais en cela obéir à sa volonté ; mais il a eu pitié de mes peines, il m’est apparu et m’a permis de les faire connaître. Je dois me hâter de lui obéir.

J’ai bien souffert, je souffre bien encore ! Depuis vingt-trois ans, des démons, des sorciers et des farfadets ne me laissent pas un instant de repos ; ils me poursuivent partout : à la ville, à la campagne, à l’église, dans mon domicile, dans mon lit, ils sont toujours avec moi : il n’est pas de torture qu’ils ne m’aient fait endurer, et je ne puis me rendre raison de leur affreuse persévérance. Ma tête est bonne, mon corps est sans aucune défectuosité, je suis fait à l’image de notre Rédempteur : pourquoi donc m’a-t-on choisi pour principale victime ? Je n’en murmure que parce que je connais que telle n’est pas la volonté du Très-Haut. Je le prie avec plus de ferveur, parce que je sais qu’il me réserve une place dans le ciel pour la vie éternelle : il m’éprouve en même temps qu’il veut connaître jusqu’à quel point les pervers porteront leur audace et leur scélératesse. C’est au moment qu’il m’appellera vers lui qu’il les précipitera dans les abîmes infernaux pour aller rejoindre les démons avec lesquels ils ont fait un pacte. Je ne transigerai jamais avec mes persécuteurs, je n’entrerai jamais, comme ils m’en ont fait la proposition, dans leur société diabolique. Ils voudraient que je devinsse le disciple de Satan… Mille fois plutôt la mort que d’en avoir seulement l’idée ! En me soumettant à tout ce qu’ils voudront me faire souffrir encore, j’aurai du moins la consolation de les avoir dévoilés à mes semblables. Je serai malheureux toute ma vie ; mais j’aurai préservé des souffrances que j’endure ceux à qui on voudrait les faire partager ; je les mettrai à l’abri de leur fureur. Je sauverai mon âme qui doit être toujours à Dieu. Peut-on acheter trop chèrement la vie éternelle ? Quelques années de tribulations sur la terre ne sont rien, quand on les compare à cette éternité.

CHAPITRE II
De la Cour infernale, et de celle qui la représente sur la terre

JE ME SUIS PEUT-ÊTRE RENDU COUPABLE lorsque je me suis permis d’ouvrir le Dictionnaire infernal ; mais, Dieu nous l’a dit lui-même, c’est pour apprendre à l’éviter qu’il nous est parfois nécessaire de connaître le mal.

C’est donc en ouvrant ce Dictionnaire, au chapitre intitulé Cour infernale, que j’ai trouvé la composition de cette cour. La voici :

Princes et Grands dignitaires.
- Belzébuth, chef suprême ;
- Satan, prince détrôné ;
- Eurinome, prince de la Mort ;
- Moloch, prince du pays des Larmes ;
- Pluton, prince du Feu ;
- Pan, prince des Incubes ;
- Lilith, prince des Succubes ;
- Léonard, grand-maître des sabbats ;
- Baalberith, grand pontife ;
- Prosperine, archi-diablesse.

Cette cour infernale a ses ministres, ses ambassadeurs ; elle a aussi ses représentants sur la terre, qui sont ceux qui, en son nom, persécutent les malheureux humains : ses mandataires sont innombrables ; mais chacun d’eux a la mission particulière de s’attacher aux pas de la victime qui lui est désignée. Je dois, avant d’entrer en matière, faire connaître à l’univers ceux qui me tourmentent sans pitié : j’en donnerai la nomenclature d’après le degré de leur puissance. La voici :
- Moreau, magicien et sorcier à Paris, représentant de Belzébuth.
- Pinel père, médecin à la Salpêtrière, représentant de Satan.
- Bonnet, employé à Versailles, représentant d’Eurinome.
- Bouge, associé de Nicolas, représentant de Pluton.
- Nicolas, médecin à Avignon, représentant de Moloch.
- Baptiste Prieur, de Moulins, représentant de Pan.
- Prieur aîné, son frère, marchand droguiste, représentant de Lilith.
- Étienne Prieur, de Moulins, représentant de Léonard.
- Papon Lominy, cousin des Prieur, représentant de Baalberith.
- Janneton Lavalette, la Mansotte et la Vandeval, représentant l’archi-diablesse Prosperine, qui a voulu mettre trois diablesses à mes trousses.
- Chay, de Carpentras, représentant de Lucifer, qui est le grand-justicier de la Cour infernale.

Tous les autres farfadets dont j’aurai occasion de parler dans mon ouvrage, sont les représentants d’Alastor, exécuteur des hautes-oeuvres, également attachés à la cour infernale.

CHAPITRE III
Détails d’une partie des Pouvoirs qui sont donnés par les Démons à leurs représentants sur la terre

JE DOIS, avant de faire connaître les persécutions auxquelles j’ai été en butte, donner un aperçu des pouvoirs des farfadets qui sont sur la terre pour agir d’après les ordres de la cour infernale.

D’abord ils cherchent à faire connaissance avec les personnes qu’ils veulent persécuter. Ils ont les dehors trompeurs ; ils affectent la politesse la plus raffinée, ils leur font mille protestations d’amitié, se servent des expressions les plus flatteuses pour ceux à qui elles s’adressent ; ils font même quelquefois des sacrifices pour pouvoir s’introduire dans leurs maisons ; mais une fois qu’ils y sont entrés et qu’ils ont pris connaissance des lieux et du caractère de leurs victimes, ils agissent d’après leurs pouvoirs.

C’est par eux que nous viennent tous les maux qui désolent l’humanité ; ils ne se plaisent que dans les désastres ; ils fomentent le mal et empêchent le bien : c’est par l’orgueil et l’ambition qu’ils séduisent la plupart des hommes ; ils désunissent les familles, ils suscitent les guerres, ils empoisonnent le lait d’une mère qui nourrit son enfant ; ils attisent la férocité du soldat, ils font naître les tempêtes pour faire naufrager les vaisseaux qui sont sur la mer ; ils procurent des inondations lorsque la terre aurait besoin des rayons vivifiants du soleil ; ils rendent ses rayons plus brûlants que dans la zone torride, lorsque la sécheresse désole nos guérets ; ils font augmenter le prix du comestible pour rendre le peuple malheureux et l’exciter par là à la révolte ; ils font peur sans faire du mal : en d’autres occasions, ils font du mal sans faire peur ; sous le nom d’incubes, ils jouissent nuitamment des femmes, sans qu’elles puissent s’y opposer ; sous celui de Succubes ils commettent envers les hommes le crime de Sodome et de Gomorrhe ; ils persécutent les animaux qu’on appelle domestiques ; les chevaux, les boeufs, les ânes, les chiens, les chats, les écureuils, les coqs, les poules, les canards, sont en butte à leurs cruautés ; ils se nichent dans les poils des uns et dans les plumes des autres, ils se métamorphosent en puces, en poux ; ils prennent la figure qui leur convient le mieux pour exécuter leurs projets. Pendant le jour, ils sont dans le chapeau, sur le corps, dans la manche de l’habit, dans le poil des vêtements, dans les souliers des malheureux qu’ils persécutent : la nuit, ils se placent dans leurs lits, ils s’insinuent dans leurs oreilles, dans leurs narines et même dans leur anus. Quand on cherche à les chasser, ils voltigent au-dessus de la main qui voudrait les frapper ; enfin, en pactisant avec le démon, celui-ci met tous les éléments à leurs dispositions. Il serait trop long, dans ce chapitre, d’énumérer tous leurs pouvoirs ; on en aura une idée lorsqu’on aura pris connaissance de tout ce qui m’est arrivé et m’arrive journellement. Je vais les mettre sous les yeux de mes lecteurs.

CHAPITRE IV
Commencement des persécutions auxquelles j’ai été et suis encore en butte
JEU DU TARO

C’EST EN 1796 QUE JE QUITTAI CARPENTRAS, ma ville natale, pour venir me fixer à Avignon.

En y arrivant, je logeai pendant quelques années dans une maison bourgeoise où se trouvait une fille qui vint m’offrir ses services, et qui, quelque temps après, lorsque je me fus mis dans mes meubles, vint me proposer de me faire faire le jeu du taro. Après maints refus de ma part, je consentis à regret à ce qu’elle me fit venir une femme nominée la Mansotte, qui fut celle qui me fit le jeu, et qui y ajouta, malgré moi, une cérémonie qui doit avoir été celle qui m’a mis entre les mains des farfadets. C’est ainsi qu’en promettant aux mortels crédules de leur faire connaître le présent et l’avenir, on les livre à toutes les tortures diaboliques qui les font un peu trop tard repentir de leur condescendance. Enfin, voici comment opérèrent ces deux femelles, disciples de Satan : elles se procurèrent un tamis propre à passer de la farine, sur lequel on attacha une paire de ciseaux par chacune de ses pointes. Un papier blanc fut placé dans le tamis ; il était plié, et on ne voulut pas me dire ce qu’il contenait. On fit tenir à la Mansotte et à moi les deux anneaux du ciseau, de manière que le tamis était, par ce moyen, suspendu en l’air. À chacun des mouvements du tamis on me faisait différentes questions. — Voyons d’abord si vous serez heureux. Croyez-vous devenir possesseur d’un héritage ? Aimez-vous l’argent ? Et enfin mille autres questions qu’il est ici inutile de détailler, et qui devaient sans doute servir de renseignements à ceux qui désiraient de me mettre en leur possession. Sur ces entrefaites, les sorcières se procurent trois pots, dans l’un desquels on renferma quelques-unes des cartes qui étaient étendues sur la table, et préférablement celles à figures. Ce fut alors qu’on me banda les yeux pour choisir les cartes que je voudrais de celles qui étaient étendues sur la table, pour en mettre quelques-unes dans le pot, qu’on couvrit d’une assiette. Le second pot fut garni avec du sel, du poivre et de l’huile ; le troisième avec du laurier. Tous les trois furent couverts et placés dans une alcôve. Tout cela terminé, et attendu qu’il se faisait tard, les deux sorcières prétextèrent, pour se retirer, que leur magie avait déjà produit ce qu’elles en attendaient. Le lecteur en sera bientôt convaincu. Heureux, si ce que je vais lui apprendre dissuade ceux qui veulent connaître leur avenir, de se livrer aux sorciers qui font les cartes, qui ne sont réellement que des farfadets. Mes souffrances auront alors eu quelque chose de bien utile ; elles préserveront mes semblables de tomber dans le piège où je me suis laissé entraîner, et duquel je serai retiré, j’en suis certain, lorsqu’on connaîtra la position où je me trouve, position de laquelle je n’ai pas voulu me tirer moi-même par des moyens qui ne seraient pas approuvés par mon Dieu créateur.

CHAPITRE V
Événements qui me sont survenus après m’être fait faire le jeu du Taro, suivi de sa magie

EN SORTANT DE CHEZ MOI, je me suis livré à mes occupations ordinaires. À dix heures et demie du soir je me retirai et je trouvai mes trois croisées ouvertes. J’écoute et j’entends dans mon appartement et au-dessus de ma tête un bruit extraordinaire. J’allume mon flambeau ; je ne vois rien, toutes mes recherches sont infructueuses. Le bruit que j’entendais, sans que je pusse voir d’où il partait, ressemblait au mugissement des bêtes féroces. Je me déterminai à me mettre au lit. Je n’y fus pas plutôt placé, que les mêmes bruits se firent entendre plus près de moi. On frappa sur tout ce qui m’entourait, particulièrement au-dessous de mon lit. Effrayé, je me lève pour me placer sur un sofa, où je croyais devoir être plus tranquille. Hélas ! il en fut de même à cette place ; ce qui me détermina à sortir de mon appartement, où je ne retournai qu’à l’heure à laquelle je savais que ma femme de ménage avait habitude de venir pour faire ma chambre, et à laquelle effectivement elle arriva. En la voyant, je n’eus rien de plus empressé que de lui demander pourquoi dans la nuit j’avais entendu tant de bruit sous mon lit et sous mon sofa ? Elle me traita de visionnaire, en m’assurant que je n’entendrais rien la nuit suivante. Elle savait que ce devait être d’une autre manière qu’on me persécuterait. La nuit arrive, je me couche et m’endors bientôt après. Le sommeil appesantit mes paupières jusqu’au lendemain. En m’éveillant, je me sentis le corps et les membres brisés ; il semblait qu’on m’avait passé par la torture. Ma ménagère arrive en ce moment ; je lui fais part de mes souffrances : elle veut m’affirmer que tout ce que je ressentais ne pouvais provenir que de quelque mauvaise position que j’avais prise en donnant. Ce soir, me dit-elle, placez-vous mieux, et vous verrez que vous n’éprouverez pas les mêmes souffrances. Elle savait bien, le monstre, qu’il n’en serait rien ; mais il fallait qu’elle affectât, sous des dehors trompeurs, de me donner des conseils, et une seconde fois je me mis au lit, pressé par le besoin de m’y mieux trouver. Le lendemain, mes souffrances furent les mêmes. J’attendais ma prétendue consolatrice pour l’accabler sous le poids de mes nouveaux reproches, qu’elle crut pouvoir repousser par les observations de la veille ; ce qui me détermina à faire encore un troisième essai qui ne fut pas couronné d’un meilleur succès. J’étais, cette troisième fois, déterminé à laisser s’exhaler ma colère. Dans ce moment le monstre arriva et feignit de ne pas croire à tout ce que je lui racontais, en le traitant d’invraisemblable. Les deux misérables avaient besoin de m’amuser pendant tout le temps qui leur était encore nécessaire pour terminer leur sortilège.

CHAPITRE VI
Suite des événements extraordinaires pendant l’opération des deux Sorcières

LE SOIR QUE LES DEUX SORCIÈRES COMMENCÈRENT LEURS TRAVAUX, il s’éleva un temps affreux qui, peut-être, n’a jamais eu son pareil. Je leur demandai la cause d’une pareille bourrasque, elles me dirent qu’elle était nécessaire à l’opération dont j’étais l’objet et qui devait durer huit jours. En effet, le mauvais temps cessa à la minute qu’elles avaient désignée. Pendant l’intervalle que dura leur infâme manège, elles ne cessaient de me demander de l’argent, et elles exigèrent que pendant deux jours je ne sortisse pas de la ville. Il fallait que je fusse là pour leur procurer du sirop, des rafraîchissements et des comestibles, tant il est vrai que pendant ce temps leurs entrailles devaient être dévorées par le feu de l’enfer qui les a vomies sur la terre. Des rubans de différentes couleurs leur furent nécessaires pour agir, elles s’en emparèrent et ne me les ont jamais rendus.

Pendant les huit jours qu’elles mirent à leur magie, je fus d’une tristesse accablante. Un bruit sourd se faisait entendre chez moi jour et nuit. Je fus obligé d’en passer plusieurs hors de mes appartements, croyant par là me mettre à l’abri des persécutions auxquelles j’étais en butte. Ce fut vainement.

Le quatrième jour, elles se métamorphosèrent en chats, venant sous mon lit pour me tourmenter. Je leur en fis des reproches ; mais je me déterminai à ne plus me coucher. D’autres jours elles venaient en chiens. J’étais accablé par le miaulement des uns et l’aboiement des autres. Dieu ! que ces huit jours furent longs ! Je croyais que ce n’était qu’à leur expiration que mes tourments devaient avoir un terme, mais ils devaient se prolonger ! Je fus exposé à bien d’autres alarmes. Tourmenté jour et nuit, on ne me laissa pas tranquille, même dans le temple du Seigneur. Si je portais mes pas sur le bord du Rhône, ils étaient là pour me prendre par l’habit, afin de m’entraîner dans le courant du fleuve ; si j’allais sur une élévation, ils cherchaient à me précipiter dans la plaine. Pendant quinze jours je quittai mon domicile pour vivre dans un autre pays. Je ne fus pas plus tranquille. Je revins à Avignon, bien décidé que j’étais, en y arrivant, de chasser cette domestique qui était la cause de tous mes malheurs, et qui se déchaînait ainsi contre moi, dans la crainte que je contractasse un mariage qui devait la punir de son peu de fidélité. Aussi fit-elle tout ce qu’elle put pour l’empêcher. Elle ne voulait pas même que je communiquasse avec mes parents qui venaient me voir à Avignon, et qui cherchaient à me débarrasser du poids qui m’accablait. Vainement encore je voulus retourner à Carpentras ma patrie, le pouvoir diabolique m’en empêcha. Il fallut me résigner à ce qu’il me fut impossible d’empêcher.

CHAPITRE VII
Divers autres événements qui étonneront le lecteur.
Apparition de Jésus-Christ

JE NE PUIS PASSER SOUS SILENCE une grande partie des événements qui me sont arrivés, et que j’abrégerai pourtant dans leurs détails.

Un faiseur de cartes, qui vint à Avignon un jour de foire, me fit part des manoeuvres des deux femmes dont j’ai tant à me plaindre. Je veux, me dit-il, vous mettre à l’abri de leurs infamies ; car, tandis qu’elles vous poursuivront de leur côté, de l’autre je m’attacherai à leurs pas pour paralyser leurs tentatives. J’étais déterminé à accepter ; mais la crainte de me livrer avec trop de confiance à un homme que je ne connaissais pas, et la somme d’argent qu’il me demanda, me firent repousser sa proposition. Mes souffrances, alors, devinrent plus cruelles, il me fut impossible de reposer dans mon lit. Je ne quittais mes amis, à qui jusqu’alors je n’avais rien confié, que lorsqu’ils avaient besoin eux-mêmes d’aller se reposer. Je courais les rues pendant que tous les habitants de la ville fermaient leurs paupières. Je ne prenais de la nourriture que lorsque le besoin le plus pressant m’en faisait une obligation. Je n’entrais chez moi que pendant le jour ; et comment aurais-je pu me déterminer à y rester pendant la nuit ! c’était alors que le calme était banni de ma chambre, et que dans celle qui était au-dessus, on frappait à coups redoublés ; c’était alors qu’on déchaînait contre moi toutes sortes d’animaux qui couraient, sautaient et dansaient sur mon lit et sur ma personne quand j’étais couché. Ce qui donnera la preuve que les farfadets n’en voulaient qu’à moi, c’est que je demandais à mes voisins et aux personnes qui logeaient au-dessus de moi s’ils entendaient le vacarme qui se faisait dans la maison, et qu’ils ne répondaient toujours que négativement, et paraissaient montrer de l’étonnement de ce que je leur faisais de pareilles questions.

Un autre jour, mon secrétaire était ouvert, il y avait au-dessus quelque argent, sans que je puisse savoir quelle en était la somme. Une flamme brillante s’y arrêta un instant et disparut dans un instant. Quelques jours après, cette même flamme tomba à mes pieds, et y resta pendant deux minutes, ce qui m’occasionna une grande frayeur, n’ayant jamais vu pareille chose.

Pour me soustraire à toutes ces horreurs, j’allais me promener quelquefois à la campagne, et j’en revenais le soir même. Je me mettais en route avec le plus beau temps du monde ; tout à coup, des nuages épais se réunissaient sur ma tête. Il faisait calme, et ils s’amoncelaient pourtant comme s’ils étaient poussés par le vent le plus impétueux. Des flammes sortaient de dessous mes pieds et produisaient bientôt l’éclat du tonnerre. Les nuages se fondaient et inondaient la terre de telle sorte, que l’eau qui couvrait les chemins était de niveau avec celle des fossés qui avaient débordé. Je n’avais d’autres guides que les arbres et les éclairs qui éclairaient mes pas : c’était ainsi que je me dirigeais vers le but que j’avais en vue.

La vie m’était insupportable, j’étais accablé des plus cruels tourments ; et ne pouvant les endurer davantage, après trois ans de souffrances, n’ayant de repos, ni nuit, ni jour, je m’adressai et m’entretins alors avec Dieu, Jésus-Christ, sa sainte Mère et le Saint-Esprit. Ce n’est que d’eux seuls que je pouvais attendre un changement à ma triste position. Seigneur, lui disais-je, votre volonté sera toujours la mienne ; j’attends qu’elle m’appelle auprès de vous, pour être délivré de la cruauté de mes ennemis ; mais si vous me l’inspirez, je devancerai moi-même ce moment fortuné, et je ferai le sacrifice de ma vie pour me mettre auprès de vous. Pour cela, j’ai ici une urne que je remplirai d’huile, avec cinq lampions qui brûleront au-dedans. Un flambeau gros et grand sera de l’autre côté. Je réglerai mes affaires ; et pour que personne ne soit soupçonné de ma mort, j’écrirai sur un papier : Ne faites aucune recherche, c’est moi-même qui me suis donné la mort, et je signerai cette déclaration.

Une pareille résolution de ma part devait toujours rester secrète ; aussi, en faisant tous les préparatifs qui devaient précéder ma mort, je feignais de conserver un air de gaieté, qui n’était que sur ma physionomie, et je promenais ma douleur, en attendant la réponse de mon souverain maître. Trois jours après, au sortir de mon dîner, à une heure après midi, mon corps est saisi, et j’entends une voix qui me dit à l’oreille : Il faut se coucher ce soir. Avant de répondre, je laissai pendant quatre fois prononcer les mêmes paroles, et j’y répondis alors par la confidence de ma résolution. Il n’est pas encore temps, dis-je à la personne invisible, que je me couche, bientôt je me coucherai pour longtemps.

Je continue mon chemin, et pendant ce temps j’entendais souvent à mon oreille se reproduire les mêmes paroles : Il faut se coucher ce soir. J’étais déterminé à ne pas obéir. En attendant, j’étais fort gai à la société des personnes avec qui je me trouvais, et toujours on me répétait les mêmes paroles. Sept heures sonnèrent. Je restai chez moi pour souper, et j’en sortis sitôt que mon repas fut fini, pour me rendre dans une des maisons où j’avais coutume de passer mes soirées. En y arrivant, la maîtresse du logis me dit qu’on était déterminé, pour ce soir, à se coucher à dix heures. Pour ne pas la gêner, je regardais à chaque instant à ma montre, et lorsqu’elle marqua neuf heures cinquante minutes, je me levai pour sortir, lorsqu’on me dit qu’il n’était pas encore l’heure indiquée, et que je pouvais rester jusqu’à ce qu’elle fût sonnée. L’airain nous la transmit bientôt, et nous nous séparâmes. Je dirige mes pas vers une autre maison où je croyais pouvoir passer encore quelques heures, j’entends alors de nouveau la voix qui me disait d’aller me coucher, frapper mon oreille droite. Ma résolution était toujours la même. Je devais m’endormir bientôt et pour toujours. Je veux frapper, une main invisible m’empêche de prendre le marteau, et me force à me retirer à l’instant chez moi. En y entrant, j’éclaire le flambeau, et me mets à la disposition du Très-Haut, en lui disant : Seigneur, j’obéis à vos ordres. Je ferme mes croisées, je fais ma prière ; et en entrant dans mon alcôve, dont je fermai les rideaux, je place ma chandelle à mon côté gauche ; et relevant ma couverture pour entrer dans mon lit, je m’en couvre la tête pour me soustraire à l’action de mes ennemis. Il y avait trois ans que je n’y étais entré. J’éteins la lumière et me couche sur mon côté gauche. Un quart d’heure après, j’éprouve un malaise au côté sur lequel je reposais. Je me tourne pour me placer du côté droit ; et, en faisant ce mouvement, j’aperçois dans mon alcôve une clarté blanchâtre qui me fit craindre que le feu n’eût pris chez moi. Je fixai ce spectacle nouveau pour mes yeux : rien de plus beau ne les avait jamais frappés. Un nombre infini d’étoiles, au milieu desquelles était une bobèche plate, d’où sortait une lumière éclatante, produisirent en moi un enthousiasme difficile à décrire. Un trône resplendissant de diamants, de rubis et de toutes pierres précieuses, était dans l’enfoncement où les étoiles semblaient être attachées. Jésus-Christ en occupait le milieu. Son attitude annonçait le Rédempteur des hommes. Pendant trois grandes heures je le contemplai en me livrant aux réflexions les plus douces et les plus suaves. Je pris la liberté de lui faire entendre ma voix tremblante de plaisir et étouffée par des sanglots d’admiration. Seigneur, lui dis-je, votre présence me fait oublier tous les maux que j’ai soufferts jusqu’à ce moment ; qu’il me soit permis de contempler votre majesté divine, de jouir du bonheur de vous voir. En effet, je soulève mon traversin, j’y appuie ma tête, et je restai ainsi dans l’extase jusqu’à la fin de la nuit. À la pointe du jour, je fermai mes paupières et m’endormis. Ainsi s’explique d’où partait la voix qui pendant tout le jour m’invitait à me coucher.

En me réveillant, je n’eus rien de plus empressé que de fixer la place qui avait été occupée par le Fils de Dieu. Tout le tableau miraculeux avait disparu ; il n’en restait pas la moindre trace. En m’habillant, comme en sortant de chez moi, j’étais encore préoccupé de la faveur dont j’avais été l’objet, et qui est d’autant plus honorable pour moi, que peu de personnes en jouissent. Je résolus pourtant de n’en faire part à qui que ce fût, pas même à mes meilleurs amis, qui surent pourtant lire sur ma physionomie qu’une joie concentrée s’était emparée de mon âme. Ce fut en vain qu’ils m’interrogèrent à ce sujet, mes réflexions n’étaient que pour moi ; elles roulaient principalement sur le projet que j’avais eu de me donner la mort, et duquel je devais me repentir, puisqu’en y pensant j’avais commis le crime d’avoir voulu attenter à une existence qui ne m’appartient pas. J’attendais tout des nouvelles révélations que Dieu voudrait me faire.

CHAPITRE VIII
Nouveaux Miracles

APRÈS AVOIR RÉFLÉCHI pendant toute la journée au bonheur que je me promettais, je me mis au lit, car la confiance avait remplacé ma frayeur, les plus belles idées flattaient mon imagination. Je passai la nuit à réfléchir sur ce que j’avais aperçu et sur l’idée que j’avais eue de me donner la mort, et pendant toute la journée je fis les mêmes réflexions, quoique je fusse accompagné de quelques amis. Ceux-ci, surpris de me voir ainsi préoccupé, m’en demandèrent la raison. Je leur répondis que ce n’était rien, et qu’ils ne fissent pas attention à cela. Le moment de me retirer étant arrivé, je me rendis dans ma chambre et me couchai : je ne fus pas plutôt au lit, que je fus agité par des inquiétudes sur tout ce qui s’était passé ; et m’adressant au Seigneur : Seigneur lui dis-je, je désirerais n’être aperçu de personne ; je ne veux être qu’en votre seule présence. Je sors alors de mon appartement, et parcourant la ville à grands pas, j’arrive à la campagne sans avoir rencontré personne. Je m’adresse encore alors au Seigneur, et lui dis : Me voici au lieu où je voulais être. Arrivé dans un grand chemin, j’observe le ciel, et je jette un regard sur la terre ; elle me présenta un spectacle remarquable. Elle était dépouillée de tous ses ornements, sans culture ; on ne voyait sur sa surface ni arbres, ni plantes : j’y aperçois un sillon qui paraissait sans fin, de droite et de gauche. Seigneur, lui dis-je, faites-moi connaître ce que signifie ce phénomène ? Et comme je m’avançais par un grand chemin, je fus arrêté par le feu de ce sillon, qui allait de l’est à l’ouest ; il brillait de six à sept couleurs différentes et bien distinctes. Je ne savais à quoi attribuer ce que je voyais. Etait-ce un volcan ? Ils ne sortent que du sommet des montagnes. Dieu seul pouvait m’apprendre ce qui n’est pas à la portée de l’intelligence humaine. Je lui en fis la prière à plusieurs reprises, et le sillon descendit à l’instant à un demi-pied au-dessus du sol qui me portait. Il s’embrasa, et je vis dans ses flammes des hommes et des femmes en faveur de qui j’implorai la miséricorde divine. Dieu de bonté ! m’écriai-je, délivrez-les des souffrances qu’ils endurent ; que leur punition ne soit pas éternelle… Alors les flammes reprirent leur hauteur, et me parurent plus enflammées encore. Elles ne me laissèrent apercevoir qu’une femme d’une blancheur éblouissante, symbole de pureté. Elle avait la tête et les mains levées au ciel, elle était à la suite de plusieurs anges qu’elle-même me fit apercevoir. C’est ainsi qu’elle m’apprit que les malheureux en faveur de qui je venais d’intercéder, ne souffriraient pas éternellement. En effet je fixais dans ce moment les flammes dans lesquelles je les avais vus, et ils avaient disparu.

Tous ces événements remplissaient mon âme d’une joie que je ne pouvais cacher : aussi, chaque jour, mes amis me faisaient les mêmes questions qu’ils m’avaient déjà faites, et j’étais loin de répondre à leur curiosité.

Plusieurs jours et plusieurs nuits se passèrent à peu près de cette manière. Les défauts de mes semblables me procuraient toujours de nouvelles inquiétudes, ce qui me fit encore sortir de la ville à pas précipités. Pour ne rencontrer personne, et toujours en demandant à Dieu son assistance pour cela, j’évitais de prendre le grand chemin qui était devant moi ; je voulus, au contraire, longer un sentier qui n’avait pas un pied de large. En ce moment la campagne m’offrit le contraste de ce qu’elle m’avait présenté quelques jours auparavant. Des arbres de différentes qualités en faisaient l’ornement. Je marchais sur un tapis de verdure, le ciel était serein, le plus doux zéphir rafraîchissait mes sens ; j’entendis un écho qui porta à mon oreille droite les sons les plus harmonieux. Me voilà dans la route de la félicité, elle était couverte d’arbres qui portaient les plus beaux fruits. Au loin, j’aperçois une femme baissée dans l’herbe, haute d’un peu plus d’un pied, tantôt se courbant et puis se relevant. Je m’avance d’elle pour lui parler, et je lui demande d’où partait le son d’une musique qui venait de frapper mes oreilles, et que j’entendais encore dans ce moment-là, et si j’avais pris la bonne route pour arriver jusqu’à cet endroit. Oui, me dit-elle, en suivant cette route vous arriverez au paradis, que vous pourrez contempler tout à votre aise. Cette indication de la part de cette femme me la fit regarder encore ; et c’est alors que j’appréciai les beautés de son corps, les grâces de sa personne. Ses honnêtes procédés me touchèrent, elle m’affirma que le chemin étroit sur lequel je me trouvais, me conduirait à la porte même du paradis, de ce lieu de bonheur inaccessible à tant de mortels. Je la quittai pour suivre ma route. Chemin faisant, de nouvelles réflexions vinrent m’agiter. Peut-être, me disais-je, les environs de ce lieu de délices sont occupés par des soldats porteurs d’armes meurtrières, vêtus effroyablement et inspirant l’horreur et le dégoût. Cependant j’étais décidé à tout surmonter, et dans ce moment d’autres réflexions frappaient mon imagination. Je m’écriai : Comment aurai-je la force de supporter la présence de ceux qui entourent la Majesté divine ? Et je me pénétrai bientôt que cela ne pouvait être exécuté que par des êtres vertueux, nus, mais couverts du manteau de la pudeur, décorés de sublimes vertus, enfin de tout ce qui encourage l’homme de bien ; car ce n’est que sur la terre qu’on peut rencontrer le vice, les passions, qui exercent sur les humains la tyrannie la plus affreuse, et les exposent ainsi à tout ce qui peut et doit entraîner leur malheur.

CHAPITRE IX
Description du Paradis

J’ÉTAIS DANS UN ENTHOUSIASME difficile à décrire, lorsque j’aperçus devant moi un bâtiment d’une longueur incroyable, et autour duquel on voyait une grande plaine verte. La porte, que j’aperçus de loin, était illuminée par un nombre considérable de flambeaux ornés de guirlandes de fleurs, l’aile gauche était en saillie sur l’aile droite, et je ressentis, à cet aspect, la joie et le désir que j’eus à le contempler. En arrivant, ma surprise dut être grande de n’y trouver personne pour me demander où j’allais et ce que je voulais. Il n’y avait ni sentinelles, ni domestiques d’aucune espèce. J’aurais pu pénétrer dans l’intérieur, et si je ne le fis pas, c’est parce que je fus retenu par la crainte que j’ai toujours eue de me rendre importun. Voici pourtant une idée succincte de ce que j’ai entrevu et pu apercevoir.

J’entendis les sons harmonieux d’une musique céleste, et je vis le plafond de la pièce qui faisait suite à la grande porte dont j’ai parlé, orné de superbes guirlandes de fleurs ; cette grande pièce avait beaucoup plus d’étendue en longueur qu’en largeur : je vis devant moi un nombre infini de prêtres chrétiens, vêtus comme aux cérémonies de la Fête-Dieu, marchant sur trois de front. Ceux qui étaient au milieu portaient un Saint-Sacrement, éclairé par des flambeaux, qu’avaient en main ceux qui étaient sur le côté. Ils se rendaient tous ainsi, et à pas précipités, dans le paradis ; en plaçant, les uns après les autres, leurs Saints-Sacrements sur une longue table qui était disposée au milieu de cette grande pièce, et dans toute sa longueur. Émerveillé de tout ce que je venais de voir et d’entendre, édifié par les cérémonies augustes dont je venais d’être témoin, je me retirai du lieu saint pour reprendre le chemin de ma maison. Celui que je parcourus pour y revenir flattait mes sens ; les arbres étaient chargés d’une quantité prodigieuse de fruits, la terre était couverte de la plus belle verdure. J’arrive enfin chez moi ; toutes mes réflexions se portaient sur ce que je venais de voir, et ce fut encore en vain que les personnes de ma connaissance me demandèrent de leur expliquer ce qui se passait dans mon âme.

CHAPITRE X
Description du Jugement dernier

LA NUIT DU QUATRIÈME JOUR, je sentis le besoin de rester seul et de fuir la société, pour ne m’occuper que des prodiges célestes et terrestres, et éviter par mes méditations les pièges que ne cessent de tendre les esprits infernaux pour la corruption des humains ; je parcourus la campagne ; les chemins étaient beaux, mais la terre stérile, la nature l’avait privée de toute espèce de production ; le ciel était couvert de sombres nuages, tout annonçait le dernier jour des mortels. J’arrivai au pied d’une montagne, où tout chemin me fut interdit ; j’y fis une invocation au Seigneur sur le triste tableau que m’offrait ce jour, lorsque, levant mes yeux au ciel sur la droite du firmament, j’aperçus tout à coup dans cette voûte obscure un rond resplendissant : l’immense distance me priva du plaisir de voir ce qu’il contenait. Des réflexions se succédèrent les unes aux autres : au même instant j’entends des trompettes célestes, j’élève les yeux, je vois quatre anges se tournant le dos, formant le carré, et sonnant la trompette aux quatre coins de la terre : de ce rond brillant sortirent Dieu le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, sur des nuages éblouissants, et placés sur un trône au sommet de la montagne au pied de laquelle j’étais prosterné. Au même instant cette même montagne fut couverte d’hommes, la terre me parut en mouvement : plusieurs caisses en sortaient, elles s’ouvrirent, et les hommes qu’elles renfermaient me parurent aussi frais que s’ils n’eussent jamais cessé de vivre ; ils prirent leur rang sur la montagne : ceux qui avaient été enterrés sans caisses, par un mouvement de têtes et des épaules ressortaient de la terre, ouvraient les yeux et paraissaient comme s’ils n’avaient jamais été enterrés ; ils se prosternaient aussitôt pour entendre prononcer par l’Être-Suprême leur jugement dernier, bien consolant pour les justes, mais terrible pour les méchants. Ne voulant pas être témoin de la condamnation de ceux-ci, et craignant de les voir transporter aux enfers par les diables et les démons qui couvraient l’atmosphère, je remerciai Dieu, et je retournai chez moi ; la terre était couverte d’hommes obéissants au son de la trompette.

Voir en ligne : Lire la suite : Les Farfadets (Chapitre XI à XX)

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