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Conférences du Cercle psychanalytique de Paris

Hommage à Michel Onfray

Conférences 2011-2012 : argumentaire 3

Date de mise en ligne : lundi 26 septembre 2011

Auteur : Guy MASSAT

Mots-clés : ,

Guy Massat, « Hommage à Michel Onfray », Conférences 2011-2012 (argumentaire 3), Jeudi 29 septembre 2011, Espace 62 : 62, rue Saint Honoré - 75001 Paris.

Conférences du Cercle psychanalytique de Paris
Hommage à Michel Onfray
Argumentaire 3

Que sommes-nous devant la soif, devant la faim, devant la mort ? Des pantins. Ce sont elles, ces pulsions, qui tirent les ficelles, plus surement que les Érinyes. L’existence, comme l’a montré Kant, n’est pas de l’ordre de la perfection. Il y a la philosophie. Il y a la folisophie. La folisophie est la psychanalyse sans inconscient de la société du spectacle. Mais qui dit deux, dit trois, sinon on ne distinguerait pas le un du deux ni la face du dos. Il y a donc aussi la psychanalyse, la vraie, que défend Lacan dans son article « La psychanalyse vraie et la fausse » (Congrès de Barcelone 1958, in Autres Écrits, p. 185).

Où sommes-nous pour ce tournoi si contemporain organisé par Philosophie Magazine entre mensonge et vérité, entre la psychanalyse et la philosophie ? Duru et Lacroix, les organisateurs du débat nous racontent : « Impossible ne pas retenir son souffle en pénétrant dans la vaste cour de l’immeuble dans laquelle habite Jacques Alain Miller, à deux pas du jardin du Luxembourg. Charmant, amusé, un cigarillo à la main, l’éminent psychanalyste nous a reçus chez lui, dans un imposant salon orné de toiles de maîtres [p. 15 de l’article on peut voir la photo d’un Picasso qui n’a pas l’air d’un faux] où officiait discrètement une femme de service en tablier noir et blanc… »

On a l’impression de se trouver chez Gorgias, le maître des sophistes, il y a quelque 25 siècles, dont on dit qu’il est mort centenaire dans l’abondance et le luxe, entouré d’œuvres d’art dans sa villa prestigieuse, en un des plus bel endroit du monde. Lacan n’a-t-il pas dit : « le psychanalyste c’est la présence du sophiste, à notre époque, mais sous un autre rapport » ?

Que va faire Michel Onfray, ce franc tireur de la philosophie, fils d’une femme de ménage, avec son réquisitoire Freudien que tous les psychanalystes appellent un tissu d’inepties ? Comment va-t-il s’y prendre ? Combien de temps va-il tenir ? Pour l’instant il sait seulement où il est : « chez Lacan », lequel se présentait modestement en disant : « Je suis celui qui a lu Freud ».

Onfray attaque donc : « J’ai commencé à lire Freud assez jeune, vers 13 ou 14 ans… il parlait beaucoup au petit masturbateur que j’étais… » Tout de suite Miller en profite pour placer un crochet au menton plus méprisant qu’efficace : « Freud a aidé le jeune Michel Onfray à vivre ses masturbations infantiles ». (Comme si l’humanité avait attendu Freud avant de se masturber…) En tout cas le combat est engagé.

Normalement s’agissant de psychanalyse le mot inconscient devrait tout de suite apparaître. Mais il n’en est rien. L’objet même de la psychanalyse n’est prononcé que quatre fois dans tout le débat. Et jamais comme il le faudrait. Par exemple Miller explique doctement que chez Lacan il s’agit « de conceptualiser l’inconscient ». Or dans les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Lacan explique exactement le contraire : l’inconscient n’est pas un concept. « L’inconscient se tient dans l’aire du non-né ». C’est la « béance originelle », « anticonceptuelle, indéfinie ». « La béance de l’inconscient nous pourrions la dire pré-ontologique » (p .31). Si c’est pré-ontologique, ça ne peut plus relever du concept. Derechef, Miller concède que « l’inconscient dit tout et son contraire », justement ce que lui reproche Onfray. Mais Miller n’en profite pas pour dire pas qu’il n’est pas contradictoire pour le contradictoire d’être contradictoire. L’impermanence est permanente. Il se pourrait donc que le contradictoire dise autre chose que ce qu’il montre. Trop sûr de lui Miller ne voit pas son erreur. Il croit pouvoir défendre la psychanalyse comme s’il s’agissait d’une philosophie.

Onfray lui tend pourtant la perche : « Freud est un anti philosophe ». Tant pis pour Miller. Car sur le terrain de la philosophie Michel Onfray est beaucoup plus agile que lui. Miller avance que les philosophes se contredisent :« Leibniz, plus bordélique tu meurs ! » Onfray rétorque aussitôt par un uppercut : « Il n’y a pas de contradiction interne ni chez Leibniz ni chez Hegel » — « Et chez Michel Onfray , croit malin de répliquer Miller ? » — « Je m’efforce de faire en sorte qu’il n’y en ait pas ». Ce qui est vrai. Le contradictoire Onfray le traque partout, non seulement dans ses cours mais en publiant trois ou quatre livres par an. Première mise au tapis de Miller.

Il se relève mais ne sourit plus, il s’empourpre, notent les observateurs. Il élève la voix, sorts de se gonds mais s’excuse par une double et pitoyable confession : « Ma psychanalyse n’a pas été complètement réussie, j’ai encore des accès de colère ». Premièrement si on trouve que notre psychanalyse n’a pas été réussie on s’y remet, surtout si on se dit psychanalyste. On peut toujours faire une « nouvelle tranche ». C’est connu dans la profession. Deuxièmement pourquoi un psychanalyste ne devrait-il plus avoir d’accès de colère ? Devrait-il être déshumanisé ? Onfray explique qu’il a toujours refusé la position de maître.

Miller dit qu’il est un héritier : « Mon parcours est celui d’un héritier ». Si l’on se réfère aux cinq discours établis par Lacan, Miller tient plus aisément le discours du capitaliste que celui de l’analyste. « Le retour à Freud » de Lacan, il dit lui-même qu’il l’a « suivi sans enthousiasme débordant ». Ce qui l’intéressait le plus c’est Judith Miller, la fille de Lacan. On le comprend. Elle était superbe, belle, charmante, pleine d’esprit et de vivacité. « J’ai épousé Judith en 1966 (époque de Problème cruciaux pour la psychanalyse chez Lacan). « Je suis rentré en analyse pour des raisons théoriques », confesse encore Miller. Il ne sait pas même expliquer à Onfray ce qu’est « l’attention flottante », il accuse une mauvaise traduction de l’allemand. Il s’enlise, se perd et finit par dire : « Vous allez réussir à m’énerver ! » Bref aucun argument, que des imprécations. Ce n’est pas lui le psychanalyste. C’est Onfray qui lui fait avouer qu’il n’a jamais fait qu’une fausse psychanalyse. Miller est K. O. de bout.

Onfray, avec classe, de l’achève pas. On ne tire pas sur une ambulance. D’ailleurs l’autre va s’achever lui-même : « Je voudrais conclure, dit-il, par une annonce. Je viens de créer officiellement L’université populaire de psychanalyse Jacques Lacan pour (re) prendre en charge l’éducation freudienne du public français, en l’étendant à terme en l’étendant sur tous les continents, pour développer une humanité analysante… votre expression université populaire est un des éléments qui m’ont amené à lancer ce projet. Je vous en suis reconnaissant ». Onfray : « J’accueille cette nouvelle comme un genre d’hommage ».

Ainsi, sous l’appellation paranoïaque d’université populaire de psychanalyse Jacques Lacan, La Samcda rend hommage au philosophe Michel Onfray pour l’avoir dénoncée, sans même sans rendre compte. Question de nature et de modestie, le discours du psychanalyste n’a jamais été, et ne peut pas être, discours d’université. L’université populaire de psychanalyse Jacques Lacan est vouée, par définition, à n’enseigner que la fausse psychanalyse, bienvenue à la Samcda !

Ceux qui confondent le système inconscient avec le système conscient sont dans l’assujettissement psychologique et les suggestions sociales. C’est la voix de l’inconscient qui fait l’histoire et non pas ce qu’elle raconte. Faux philosophe, faux psychanalyste, Miller ne défend qu’une psychologie philosophicoïde qui ne tient pas deux secondes devant un vrai philosophe. Tel le bon sens, la psychologie est la chose du monde la mieux partagée. « Tout le monde se plaint de sa mémoire mais pas de son bon sens ». « Sommet du comique » dit Lacan (Télévision, p. 19). Miller y excelle, c’est le discours du semblant. C’est un intellectuel de notre temps un officiel du spectacle.

P.-S.

INVITATION

Le cercle psychanalytique de Paris a l’honneur de vous inviter au séminaire de Guy Massat, psychanalyste, sur le thème :

« Vraie et fausse psychanalyse, selon Jacques Lacan ».
Jeudi 29 septembre 2011
20h15 à l’Espace 62
62, rue Saint Honoré - 75001 Paris

- Périodicité : le séminaire a lieu de chaque mois
- Lieu : Espace 62 : 62, rue Saint Honoré - 75001 Paris
- Participation au frais : 10 euros
- Thèmes : Signification du style de Jacques Lacan. — Télévision : cette interview de Lacan par son exécuteur testamentaire met en évidence ce la vraie et la fausse psychanalyse. — La topologie des nœuds comme écriture du système inconscient et « la pierre philosophale » du système inconscient et du système conscient : le nœud Borroméen. — Nous aborderons parallèlement le séminaire XI : Les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse.

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