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Topologie lacanienne

Le nœud borroméen du symptôme

Leçon III (mai-juin 2013)

Date de mise en ligne : mercredi 12 juin 2013

Auteur : Guy MASSAT

Guy Massat, Le nœud borroméen du symptôme, Séminaire 2012-2013 : Topologie lacanienne, Leçon III, Paris, mai-juin 2013.

En psychanalyse il existe trois principales impostures

1) Dire que le nœud trivial vient de l’aplatissement de la sphère. Ce qui est suivre et se soumettre à Parménide, c’est-à-dire à la chose, physique ou fantasmée (l’être) contre la parole. Déni du « parlêtre ». Car c’est de la parole « que nous tenons cette folie qu’il y a de l’être ».

2) La manipulation par la logique formelle d’Aristote qui peut se résumer au principe d’identité : A = A. Objection, pour qu’il y ait véritablement identité entre les deux A il faudrait que le deuxième A soit au même endroit et au même moment. Donc, enseigne Lacan : « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui ce dit dans ce qui s’entend » (Qu’on = con, sexe de la femme métaphore du trou originel, le vide parle. Il n’y a de trou qui parle que la trouvaille. Dans psychanalyse il y a « anal » qui signifie anneau c’est-à-dire « anneau topologique »). Il s’agit là rien de moins que de changer le principe de tous les principes.

3) Dire que l’inconscient ne parle pas. Toute conscience est conscience de quelque chose. Une conscience sans objet, une conscience de rien, est un rien de conscience, l’inconscience ? Non pas, mais l’inconscient proprement dit. La psychanalyse a produit avec Freud et Lacan une mutation sans précédant dans la conception de l’animal rationnel, de l’homme parlant, en montrant que ce rien, cette « achose », cet inconscient, parle, raisonne, sent et pense indépendamment de la conscience et même qu’il la manipule sans qu’elle s’en doute.

Dernière séance de l’année : Le nœud borroméen du symptôme.

Dernière séance de l’année
Du symptôme au sinthome
Le sujet de la certitude sans appuis

Les sens du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire, qu’ils soient inconscients ou conscients, lorsqu’ils ne sont pas noués ensemble, sont tenus par un quatrième rond appelé le symptôme. Le nombre trois étant le nombre minimal de toute existence.

Ce nœud à quatre ronds est un nouage borroméen selon la définition borroméenne : « si l’on coupe un seul des ronds tous les autres sont libres ».

(Démonstration avec dessins et ficelles)

Le symptôme c’est la formalisation de l’Œdipe ou « les noms du père » (non pas le nom de votre père, mais le sens de votre vie, votre mode de jouissance. Ce qui nous dit ce qu’il faut faire, comment penser, comment jouir, comment se reproduire etc.). Le père c’est « le sens » dans le système inconscient et la mère « la langue », la langue maternelle, les mots auxquels nous sommes soumis nécessairement pour parler. Ni la mère ni le sens ne tolèrent le contradictoire.

Le symptôme est fabriqué par le désir, qui se distingue du besoin (I) de la demande (S). C’est le sens que l’on donne au Réel. Il peut être tout à fait extravagant. Il peut relever de la névrose, de la psychose ou de la perversion.

Comment distinguer les symptômes qui sont liés aux noms du père de ceux qui ne le sont pas ?

Les symptômes doivent tomber comme l’indiquent leur étymologie : « pire » qui signifie « tomber ». Ce qui tombe ensemble « symptôme ».

Pour qu’il soit consistant le nœud premier, comme le borroméen RSI, doit être tenu par le symptôme de l’ego, invariant anthropologique, mais dont on peut se débarrasser topologiquement.

(Démonstration avec dessins et ficelles sur un nœud premier et un nœud borroméen)

Le symptôme c’est donc notre soumission au « nom du père », notre mode de jouissance. Notre « servitude volontaire ». Mais « la castration » par la parole (cesser d’être le phallus de la mère) va libérer un désir beaucoup plus opérant que le désir de l’autre, un désir qui ne sera plus soumis à l’idéal paternel et à sa routine axiomatique. On voit alors « la routine habituelle devenir, la route inhabituelle » et l’attrait de l’avenir l’emporter sur la pesanteur du passé.

Ainsi le symptôme se mute en sinthome (saint homme avec tous les sens homophoniques que l’on peut faire avec le son « sein »).

Avec son texte sur « Joyce le symptôme » en 1975, Lacan va démontrer en se servant de cet écrivain exceptionnel, comment par l’art, par un savoir faire créateur, on peut atteindre à un Réel libéré et ne plus être « la dupe du père », la dupe du sens, la dupe des sens, soit de libérer la liberté créatrice du non sens, de l’ab-sens. Comme disait Rimbaud : « la vraie vie est absence ». C’est le principe du non-sens de tout usage du sens. « C’est l’interprétation elle-même ambigüe ou équivoque qui doit faire trou », comme l’explique Lacan dans L’Étourdi. C’est que la conscience est souffrance tandis que l’inconscient libère de la souffrance. Remarquons aussi au passage que l’expression « la dupe du père » est l’anagramme de « dépeuplera » avec « du » en reste.

À partir du cas James Joyce c’est par l’importance de l’exercice d’un art, d’une pratique ingénieuse, que Lacan explique la constitution du sujet de la certitude sans appuis et son invention du Réel. Tout génie, toute invention se réduirait donc au « sinthome ». Il s’agit d’atteindre et ne pas rester « la dupe du Père », c’est-à-dire du sens comme du langage maternel.

Conclusion : le rond du Réel peut être libéré de tout symptôme, de toute souffrance et se lier harmonieusement à l’Imaginaire et au Symbolique. « Le Réel qui permet de dénouer ce dont le symptôme consiste », comme on l’a vu, vous vous souvenez, dans Télévision.

Du cercle vicieux, le symptôme, au Réel de la conscience sans objet, c’est-à-dire l’inconscient.

La parole précède les langages et les langues. C’est le réel de tout réel. La vérité de la vérité. C’est ce qu’il y a de plus proche et de plus lointain. « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend » résume et conclut Lacan.

Voilà le problème. Dans topologie il y a taupe. La taupe est un animal étrange qui creuse des galeries. C’est en quelque sorte un animal topologique comme le campagnol (lacanpagnole). C’est dire, à partir de cet imaginaire, si la topologie c’est le top, c’est-à-dire ce qu’il y a de meilleur et de plus élevé. Mais les terriens n’aiment pas ça. Ils n’aiment pas les trous. Ils en ont horreur. C’est pourquoi la topologie ça fait peur comme le « ça », comme l’inconscient, comme le vide qui creuse tout, comme les travaux souterrains. On appelle taupin les élèves en mathématique. Mais notre topologie économise les mathématiques classiques. Elle relève d’une autre mathématique, la mathématique de l’inconscient. Quand nous disons que le nœud trivial précède la sphère, nous sommes dans la position de Galilée qui disait que « la terre tourne » : « E pur si muove ». On ne risque plus directement le tribunal de l’Inquisition, mais quand même soyons prudent. Car nous prenons un langage bizarre. Le bizarre du bizarre qui s’écarte de l’ordre habituel des choses apparentes.

Il n’y a pas de substance. Il n’y a pas de chose. Il n’y a pas d’être. Il n’y a que du « parlêtre ». Il n’y a que des ondes. Des ondes qui se nouent elles-mêmes ou entre elles pour faire apparaître les mille nouages des formes éphémères.

Voici ce que dit Alexeï Sossinski, membre de l’Académie des Sciences de Russie, qui est un des plus grands spécialistes mondial des nœuds : « Aujourd’hui la théorie mathématique des nœuds intéressent les biologistes, les chimistes et les physiciens… de l’enroulement de l’ADN à la théorie des champs quantiques, la théorie des nœuds constitue la partie essentielle de la science contemporaine ».

De plus il explique et souligne ceci : « On peut comprendre la théorie des nœuds sans être nécessairement sorti de l’École Normale Supérieure » (Nœuds, A. Sossinski, éd. Seuil).

Cependant le Professeur Sossinski de parle pas de Lacan ni des nœuds du langage. C’est pourtant à partir de cette topologie psychanalytique qu’on aura un accès assuré de la théorie des nœuds pour toutes les autres sciences. La parole est un abîme qui précède ses bords. Les bords sont nos ficelles. Au sens propre comme au sens figuré. L’anatomie d’une ficelle est un tressage de trois fibres d’origine végétale, tel le chanvre, aujourd’hui ce sont des fibres synthétiques, qui sont ensuite tressés en cordelettes plus grosses qu’on appelle torons. Les torons, à leur tour, sont tressés selon un algorithme spécial appliqué à trois torons pour tresser une corde. Le nombre trois est bien le nombre minimal pour la formation des ficelles, des cordes et des bords. « La pulsion, explique Lacan dans Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, a une topologie de bord c’est pourquoi les orifices sont privilégiés ». « La zone érogène est un bord fermé », dit-il dans Écrits (p. 847). Voilà qui nous permet de comprendre nos pudeurs et nos erreurs dans le maniement des ficelles. « Dans cet espace de la jouissance, prendre quelque chose de borné, fermé, c’est un lieu et en parler c’est une topologie » (Encore, p.14).

P.-S.

Prochaine conférence :
- Jeudi 20 juin 2013
- Le nœud borroméen du symptôme

École Saint Roch (35, rue Saint Roch - 75001 Paris) :
- Salle Péguy (4e étage et demi)
- 20 h
- Métro : Pyramide ou Tuilerie

Participation : 10 €
- Inscription : aaca@nahel.fr

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