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Séminaire « RSI »

Le vagin denté de la Reine Victoria et le non-rapport sexuel

Résumé de la sixième séance

Date de mise en ligne : samedi 3 avril 2004

Auteur : Guy MASSAT

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Résumé de la séance du 25 mars 2004.
- Sixième séance.

Nous avons vu la dernière fois qu’à confondre le corps l’esprit et l’inconscient en un seul nœud, le nœud premier ou nœud de trèfle, on s’enfermait dans la névrose voire, selon les circonstances, dans la psychose puisque ce nœud n’est fait que d’un seul rond. Comme si on faisait un mauvais usage du premier commandement : “Tu n’auras d’autre dieu que moi” : tu n’auras d’autre dieu que mon moi. Encerclé dans un seul horizon, on aura du mal à distinguer les catégories de l’être, du faire et de l’avoir et, pour le moins, on sera rarement de bonne humeur (la bonne humeur étant pourtant une des conditions principales de la santé).

Toutefois, d’une certaine manière, nous avons intérêt à privilégier ce nœud en tant que point ; point du temps où le passé, le présent et l’avenir s’entrecroisent. De plus c’est à partir de ce nœud qu’on peut faire bifurquer, ou plus précisément trifurquer par le discours contradictoire qu’est l’inconscient, l’Imaginaire, le Symbolique et le Réel pour atteindre le nouage borroméen (voir dessin n° 5, de la leçon 4) à partir duquel on peut distinguer clairement les dimensions structurales de l’ek-istence tout en les tenant obscurément mais solidement nouées entre elles. Puis, nous avons vu que le borroméen pouvait se développer hyperboliquement, ou comme dit Lacan “jusqu’aux limites du pensable ou plus exactement, précise-t-il, à dépasser ces limites” (p.57), et ce, à partir du jaillissement de l’objet a. Nous avons vu aussi que sous le tissu tranquille des choses, sous la borderie des apparences, il n’y avait rien, sinon des nouages qui passent comme des nuages. Rien donc n’échappe aux nœuds du temps insaisissable. Le borroméen est une représentation du temps, une écriture du temps insaisissable ou inconscient, comme si le passé, le présent et l’avenir ne cessaient de s’écrire avec des nœuds sous la poussée de ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire : le jaillissement de l’objet a.

L’inconscient produit les corps et les langages puisque nul ne sait dire d’où ils viennent. Et c’est par le langage qu’il les produit. D’où l’intérêt de nos excavations étymologiques de lettres, nos dérapages sémantiques plus ou moins contrôlés, nos calembours et nos anagrammes puisque à chaque mot dans l’inconscient correspondent plusieurs contraires comme cela se passe lors d’une traduction d’une langue à une autre. Hermès (l’éloquence), préside à ce langage. C’est d’Hermès - trismégiste (tri, RSI) -, que vient l’herméneutique, la science de l’interprétation. Homère rappelle que c’est toujours Hermès, en fin de compte, qui, lorsque tout semble bloqué, sait soudain quoi dire et ce faisant quoi faire. L’inconscient trismégiste (RSI) c’est l’interprétation de notre non-savoir.

Pourtant, une fois produites, les choses constituant la réalité se développent et ne changent que selon leurs propres lois, selon les règles de leurs propres jeux. C’est pourquoi ce serait alors se mentir à soi-même, c’est-à-dire nier notre inconscient, que de confondre l’inconscient et la réalité, comme le fait l’hystérique lorsqu’il invoque des lois autres que celles de la réalité mais seulement pour tenter de la soumettre à son désir. L’hystérie, c’est prendre le Réel du symptôme pour de l’Imaginaire, comme l’a montré Christophe Bormans, la dernière fois. Une autre forme du mensonge à soi-même, de négation de l’inconscient, consiste à le refouler jusqu’à pour ainsi dire le forclore. C’est la position du névrosé obsessionnel qui cherche l’introuvable de la réalité pour l’accuser de tous les méfaits sans vouloir supposer que ce qu’il supporte n’est que la manifestation de ses désirs inconscients. C’est prendre le Réel du symptôme pour du Symbolique. La psychanalyse est le déchiffrage topologique de ces complexités. Son but est l’extinction de l’ignorance, de la colère et de la haine dans l’inconscient.

La nature de l’inconscient aime à se cacher

“La nature aime à se cacher”, dit Héraclite. Ce qui ne veut pas dire simplement comme l’interprètent le plus souvent les savants jusqu’à aujourd’hui, que “tout ce qui naît doit mourir”. Parce qu’on peut évidemment objecter que ce n’est pas Héraclite qui a inventé les cimetières, c’est-à-dire prit conscience de la mort. Les cimetières existaient bien avant... Que dit Héraclite dans ce curieux fragment “La nature aime à se cacher” ? La nature par définition, c’est ce qui se montre, ce qui apparaît, le mot vient de naître. Si on pose la question “qu’est-ce que la nature” ?, au nom du “pas-tout”, l’universel restera sans réponse. Bien obligé de se demander alors quelle est la nature, la nature de qui ou la nature de quoi, aime à ce cacher ? Bien sûr tout ce qui naît doit mourir, tout ce qui se montre disparaît, mais si toute la nature n’aimait qu’à disparaître, elle aurait disparu depuis longtemps sans nous attendre. Pourquoi réapparaîtrait-elle ? Nous sommes donc amener à nous poser la question de quelle nature parle Héraclite si nous voulons prendre ce penseur au sérieux. Si la nature du conscient aime à se montrer ne serait-ce pas la nature de l’inconscient, qui elle, aime à se cache ? Phusis kruptestai philei, ça c’est pour la musique du fragment 123, et les paroles sont selon nous : “la nature de l’inconscient aime à se cacher”. Car comme les bords d’un trou qu’on creuse, l’inconscient recule et s’agrandit au fur et à mesure qu’on l’interroge. S’il y a une mécanique de l’inconscient c’est au sens grec de “méchané”, c’est-à-dire de ruse. La vérité de l’inconscient est à jamais une vérité voilée. Comme dit Nietzsche : “Nous ne croyons plus que la vérité reste vérité si on lui ôte ses voiles - non, nous avons trop vécu pour croire ça”.

La Leçon 5 (11 février 75)

La leçon 5 commence ainsi :
- Lacan : “on m’a dit la dernière fois qu’on avait rien entendu... C’est parce qu’on accroche des magnétophones aux haut-parleurs...” (p.69).

Donc, on n’a pas entendu la leçon quatre. Elle n’a pas passé le mur du son. Ce qui est normal, d’une certaine manière, pour une parole, celle de Lacan, qui va plus vite que la pensée symbolique. Ce qui est bien avec lui, c’est qu’on entend parler la chose psy où tous les coups sont permis. Preuve en est que, même sans l’entendre tout le monde l’écoute. La psy-chose, la chose psy, c’est ce qu’il y a de plus chic, à savoir ce qu’il y a de plus fécond, mais à condition de savoir en sortir au moment adéquat. Or, avec sa topologie des nœuds, Lacan, nous donne le moyen d’y entrer et d’en sortir, pour ainsi dire, selon notre bon plaisir, comme un crawleur qui plonge sa tête dans l’eau pour mieux avancer. C’est un truc qui n’a pas de prix. Il nous apprend à surfer pour ainsi dire sur le chaos. Évidemment si on n’a pas aboli tant soit peu sa névrose on aura du mal à éprouver la jouissance du “sans appui”. Et puis, si on ne pouvait entrer et sortir de la psy-chose, on risquerait de s’y installer jusqu’à oublier où se trouve l’ouverture, le trou de la porte, comme un Thésée dans le labyrinthe, mais qui aurait perdu son fil d’Ariane. Donc, on à rien entendu de cette quatrième leçon.
- Lacan : “Il m’est évidemment pénible d’entendre la remarque que j’ai peut-être bien raconté des choses intéressantes, la veille ou l’avant-veille, qu’on y était, mais qu’on n’a pas entendues”.

Puis Lacan rapporte qu’il est aller parler à Nice du “Phénomène Lacanien” :
- Lacan : “Ça m’a instruit en ceci, qui est peut-être présomption, que ce que je dis, a des effets de sens. Il semble à mesurer les choses que ces effets ne sont pas immédiats, mais qu’avec le temps que j’y aie mis et aussi, il faut bien le dire, la persévérance, puisque somme toute, pour moi, au moins, il a fallu vingt ans pour que je les constate, que je les enregistre, qu’il m’apparaisse que ça a eu des effets et je vous ai dit ma surprise.”

Une surprise est une rencontre
- Lacan : “On ne sait jamais si une surprise est bonne ou mauvaise, une surprise est une surprise, elle est hors du champ de l’agréable ou du désagréable, puisque après tout ce qu’on appelle bon ou mauvais, c’est agréable ou désagréable, alors une surprise est heureuse, disons, ça signifie ce qu’on appelle une rencontre, c’est-à-dire en fin de compte quelque chose qui vous vient de vous [de l’autre]. J’espère qu’il vous en arrive de temps en temps.”

Puis Lacan rapporte qu’il a trouvé ces effets de sens. Les effets de sens, ça nous transforment, dit-il, à Strasbourg, en Allemagne, à Nice et à Londres, mais à Londres c’est différent parce que, dit-il, la langue anglaise résiste à l’inconscient.

La langue anglaise résiste à l’inconscient
- Lacan : “Il est tout à fait certain que ni les Anglais, ni je ne dirai pas les psychanalystes anglais, je n’en connais qu’un qui soit anglais, et encore ! il doit être écossais probablement !... Lalangue, je crois que c’est lalangue anglaise qui fait obstacle. Ce n’est pas très prometteur, parce que lalangue anglaise est en train de devenir universelle, je veux dire, qu’elle se fraie sa voie, enfin je peux pas dire qu’il n’y ait pas de gens qui ne s’efforcent de m’y traduire. Ceux qui me lisent, comme ça, de temps en temps, peuvent se donner, avoir une idée, de ce que comporte comme difficulté de me traduire dans lalangue anglaise. Il faut tout de même reconnaître les choses comme elles sont. Je ne suis pas le premier à avoir constaté cette résistance de lalangue anglaise à l’inconscient.”

Lalangue et la lituraterre

Lalangue, en un seul mot, c’est ce par quoi Lacan désigne ce qu’on appelle d’ordinaire, dans la réalité, une langue, n’importe laquelle, et toutes celles dont s’occupent les linguistes.
- Lacan : “Je fais lalangue parce que ça veut dire lalala, la lallation, à savoir que c’est un fait que très tôt l’être humain fait des lallations, comme ça, il n’y a qu’à voir un bébé, l’entendre, et que peu à peu il y a une personne, la mère, qui est exactement la même chose que lalangue, à part que c’est quelqu’un d’incarné, qui lui transmet lalangue” (“Pas-tout” Lacan, conférence au Centre culturel français de Milan, 74).

Lalangue en un mot c’est ce qui nie l’équivoque, le contradictoire de l’inconscient qui habite toute langue à son insu. Que fait lalangue ? Elle fait de la litura-terre !

La littérature, dont l’étymologie est “lettre”, se définit comme l’ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnaît une finalité esthétique, elle correspond sur le borroméen au symbolique qui surplombe l’imaginaire. “L’ambition de la littérature, affirme Lacan, c’est de s’ordonner d’un mouvement qu’elle appelle scientifique.” (“Lituraterre”, 71). Bien que dans la bonne littérature ce qui compte c’est justement ce qui se passe entre les lignes, entre les mots, entre les lettres et dans ce qui n’est pas dit, la littérature prend pour tache de refouler l’inconscient, d’où ce néologisme “lituraterre”. “La littérature est en train de virer à la lituraterre”, juge Lacan. La litturaterre désigne la littérature liée à la terre, à la terre comme substance, à la mère, au faire plaisir à sa mère, à la sphère, au superficiel, au commercial, à la sous culture.

Le japonais fait obstacle au jeu de l’inconscient

Il y a dans le japonais, poursuit Lacan, “quelque chose qui s’oppose au jeu, et même au maniement, de l’inconscient comme tel, ce que j’ai appelé à l’époque Lituraterre”. Cela est dû au fait que l’écriture japonaise peut se lire avec deux prononciations différentes, en oniomi qui et la prononciation des caractères et en kouniomi qui est la façon dont cela se dit en japonais. Chacune faisant, en quelque sorte, obstacle à l’autre. C’est ce que Roland Barthes appelle “l’empire des signes” et que Lacan traduit plus clairement par “l’empire des semblants”. Ceux qui ont vu le film “Lost in translation” ont certainement senti ce monde du semblant absolument déprimant sous couvert d’une grande civilité dans un continuel malentendu culturel.

C’est que la lettre “est une ordure”, comme l’a montré Joyce en faisant déraper a letter à a litter. Et Lacan de soutenir dans cette perspective que “la civilisation c’est l’égout”.

Que comprenons-nous au rêve qu’est notre propre vie ? C’est un “savoir en échec” dit Lacan. “Savoir en échec, comme on dit figure en abyme, ça ne veut pas dire échec du savoir ni qu’on est dispensé de faire preuve d’aucun savoir. La bifidité [le caractère fendu] qui supporte toute mesure fait que notre vie, toute vie, se résume “aux aventures d’une moitié de poulet”. L’autre moitié étant l’inconscient. Toute existence en ce sens est, comme dit la publicité des yaourts, au bifidus actif.

Le vide est une ligne droite

La ligne droite n’existe pas puisque le flux de toute ligne est inéluctablement dévié par des forces opposées, si subtiles soient-elles. “Jamais personne ne suit la ligne droite, ni l’homme, ni l’amibe, ni la mouche ni la branche, ni rien du tout”, dit Lacan (Lituraterre). Même la lumière se courbe. La ligne droite serait donc la nuit, le vide parfait. La ligne droite c’est le vide, comme disait le constructiviste Antoine Pevsner qui ne créait ses sculptures qu’avec des lignes droites.

On peut aussi illustrer le vide, le vide en tant que ligne droite, par un koan zen de Fa-yen (885-958) qui raconte ceci : “une vache saute par la fenêtre de son étable. Les cornes passent, la tête passe, le corps passe, mais la queue... ne passe pas ", c’est S-s.

Le signifiant ne signifie rien. Ce qui est contradictoire puisque rien est une signification, c’est celle de rien mais c’est encore un mot, “le seul objet dont le néant s’honore”, comme le voit Mallarmé.

Gorgias s’en tirait en disant : “c’est rien et même pas rien”, puisqu’il y a un mot. Markus Raetz (exposition “Galerie F. Cadot” - 110 rue Vieille du Temple), construit des mots-sculptures. On en parlera un peu plus loin. En tout cas, le contradictoire ne passe pas tel la queue de la vache de Fa-yen. Son koan est borroméen. L’étable c’est le Réel, la vache c’est le corps, l’Imaginaire, la queue c’est le signifiant (le symbolique).

Ainsi, l’inconscient nous manipule comme si nous n’étions qu’une marionnette. Tout sujet de l’inconscient ne se compose que de pouvoir se décomposer. Lacan illustre ça par le théâtre japonais des Bunraku qui est un théâtre de marionnettes mais où les manipulateurs, bien que vêtus de noirs, sont parfaitement visibles pour les spectateurs. L’inconscient (le marionnettiste), la marionnette (le sujet) et le signifiant (les ficelles) tout est visible comme dans un nœud borroméen dans une interminable histoire d’objet a.

La jouissance de l’Autre en objet
- Lacan : “J’ai pointé, la dernière fois, en y mettant un J suivi d’un grand A, que j’ai traduit comme désignant la Jouissance de l’Autre, génitif, non pas subjectif mais objectif...”

C’est-à-dire que le sujet inconscient est capable de se faire Autre que lui-même pour se saisir en objet. C’est l’origine de son angoisse parce qu’il n’y a pas d’Autre de l’Autre. Il n’y a pas d’Autre de l’Autre, comme il n’y a pas de commencement du commencement. Le commencement est sans commencement. Selon les Tibétains la Prajnaparamita (la sagesse du vide) toute entière est condensée dans la lettre A qui est dite “la Mère de toute sagesse” car A est le premier élément des syllabes, des mots et des phrases. C’est, selon Lacan “le trésor des signifiants”. Il n’y a pas d’Autre de l’Autre comme il n’y a pas de vide du vide. Le plein n’est pas le vide de vide. Le plein est le bord du vide qui le précède et le génère. Le trou précède ses bords.

Christophe Bormans nous a montré la dernière fois ce qu’était un faux trou. Un faux trou, c’est ce qui a des faux bords. C’est inconsistant. Le vide précède et transcende ses bords, comme une dentelle de dentellière dont l’étymologie est “dent”, qui est l’étymologie de la lettre S comme on l’a vu. S comme signifiant.

Prenons une feuille de papier et nous allons voir que par une certaine découpe, qui metaphorise l’analyse, nous allons pouvoir faire un gigantesque vrai trou dont les bords sont consistants.

- Lacan : “J’ai souligné que c’est là que se situe tout spécialement ceci qui, je crois, légitimement, sainement, corrige la notion que Freud a de l’Eros comme d’une fusion, comme d’une union”. Certes, Eros est la force qui unit toutes choses. Mais Eros est d’abord selon Hésiode “celui qui rompt les membres”. Eros est d’abord une rupture, une découpe, et par la grandeur de sa découpe il peut unir toute chose.
- Lacan : “J’ai mis l’accent, à ce propos, comme ça incidemment, plus ou moins avant d’avoir sorti ce nœud borroméen, j’ai mis l’accent sur ceci, c’est que c’est très difficile que deux corps se fondent. Non seulement c’est très difficile, mais c’est un obstacle d’expérience courante, et que si on en trouve la place bien indiquée dans un schéma, c’est quand même de nature à nous encourager, concernant la valeur de ce que j’appelle, là, schème”. Un schème - en grec skéma, figure, figure de mots, ici figure de mots dans l’inconscient -, désigne ce qui rend une chose discernable. C’est le rien en tant qu’objet a qui empêche la fusion.

L’Eveil

Lacan (p.72) recommande alors la lecture de l’ouvrage de Lytton Strachey sur “La Reine Victoria” (Paris 1980, Payot).
- Lacan : “Ça pourrait, me semble-t-il, montrer qu’il y a peut-être plus d’une origine à ce phénomène stupéfiant de la découverte de l’inconscient. Si le XIXème siècle, me semble-t-il, n’avait pas été si étonnamment dominé par ce qu’il faut bien que j’appelle l’action d’une femme, à savoir la Reine Victoria, ben ! on ne se serait pas peut-être rendu compte à quel point il fallait cette espèce de ravage, pour qu’il y ait là-dessus ce que j’appelle enfin ! un réveil.”

C’est que d’une certaine manière, notre inconscient reste hanté par quelque Reine Victoria et que la réalité est un rêve dès qu’on se réveille.
- Lacan : “C’est un de mes bateaux que le réveil, c’est un éclair. Il se situe pour moi, enfin quand ça m’arrive, pas souvent, il se situe pour moi, pour moi, ça veut pas dire que ce soit comme ça pour tout le monde, il se situe pour moi au moment où effectivement je sors du sommeil, j’ai à ce moment là un bref éclair de lucidité, ça ne dure pas, bien sûr, je rentre comme tout le monde dans ce rêve qu’on appelle la réalité, à savoir dans les discours dont je fais partie et parmi lesquels j’essaie de frayer la voie au discours analytique. C’est un effort très pénible.”

Il y a donc des moments, des moments fulgurants, des moments d’éveil, où l’on ne se ment pas à soi-même. C’est le moment où l’on voit que l’inconscient produit les choses et les langues,et que c’est par son langage qu’il les produit. Puis, on entre dans le rêve de la réalité avec ses lois et ses contraintes.

Qu’est-ce qu’il y a quand on s’éveille ? Il n’y a personne ! C’est contradictoire puisqu’il y a là un tas de viande qui parle ; un tas de viande éphémère mais en fait, personne, pas un être, pas une chose, pas une substance, seulement des nouages de maux ou de mots qui passent. C’est la souffrance sans autre raison qu’elle-même, comme si la souffrance n’avait d’autre fonction que de faire croire qu’il y a quelque chose.

Quelle est donc la cause de la souffrance sinon le désir inconscient ? Tout ce qui nous arrive jusqu’à la moindre chose, et à plus forte raison les plus terribles, ne sont que les produits de nos désirs inconscients. Voilà l’objet a et ses fantasmes. Il y a de la souffrance et personne qui souffre. C’est contradictoire donc ça cause, ça parle d’autre chose dans l’inconscient.

Ceux qui croient se connaître entre eux
- Lacan : “Je crois que ce livre (“La Reine Victoria”) me semble devoir vous rendre sensible ceci, enfin sensible avec un particulier relief, ceci que l’amour n’a rien à faire avec le rapport sexuel et que cela ne part pas de la femme... Si je dis que La femme n’existe pas, c’est évidemment sans retour, si je puis dire, mais, une femme, une femme entre autres, une femme bien isolée dans le contexte anglais [où se confondent l’inconscient et la réalité] par cette espèce de prodigieuse sélection qui n’a rien à faire avec le discours du maître [dans la réalité]. C’est pas parce qu’il y a une aristocratie qu’il y a un discours du maître [le vrai discours du maître c’est l’inconscient]. Cette aristocratie d’ailleurs n’a pas grand-chose à faire avec une sélection locale, si je puis dire. Les vrais maîtres c’est pas ceux qui sont, ceux qu’on pourrait appeler les mondains, enfin les gens biens, les gens de bonne compagnie, les gens qui se connaissent entre eux, enfin qui croient se connaître...”

Vagin denté et non rapport sexuel
- Lacan : “La fatalité qui a fait qu’un certain Albert de Saxe-Cobourg est tombé dans les pattes de la Queen, il n’y avait aucun penchant, c’est ce qu’il y a de merveilleux, enfin c’est ce que Lytton Strachey souligne, pas le moindre penchant vers les femmes. Mais quand on rencontre un vagin denté, si je puis m’exprimer ainsi, de la taille exceptionnelle de la Reine Victoria, enfin ! une femme qui est Reine, c’est-à-dire ce qu’on fait de mieux comme vagin denté ! c’est même une condition essentielle. Sémiramis [la fondatrice de Babylone, en Irak, “la porte de Dieu”], devait avoir un vagin denté, c’est forcé, ça se voit d’ailleurs quand Degas en a fait un dessin. Elisabeth d’Angleterre devait aussi, enfin ça se voit pour Essex ! ça a eu des conséquences... [Thomas Corneille a d’ailleurs écrit, en 1636, une tragédie sur l’amour passionné de la reine Elisabeth pour le comte d’Essex, peut-être à cause de la contre pétrie le compte des sexes...]. Pourquoi, poursuit Lacan, est-ce que ça n’a pas eu les mêmes conséquences pour celui qu’on appelle, quand on désigne le musée qui subsiste à leur mémoire le Victoria and Albert, parce qu’on ne dit pas Victoria-and - On dit Victor (ia) and Albert, pourquoi est-ce que le Albert en question n’a pas subi le sort d’Essex ? [Albert de Cobourg épousa la Reine en 1840. Son rôle de prince consort est inséparable de celui de la reine]. C’est parce qu’il a défunté très tôt. Il a défunté très tôt d’une mort qu’on appelle naturelle, mais vous regarderez ça de très près, j’espère. Vous regarderez ça de très près, ça me semble la plus merveilleuse chose qu’on puisse avoir comme annonce de cette vérité que j’avais trouvée sans ça, cette vérité du non-rapport sexuel.

La femme s’y connaît en inconscient
- Lacan (p.74) : “La seule chose qui m’étonne, c’est pas tellement comme je l’ai dit, comme ça, à l’occasion, qu’elles sachent mieux traiter l’inconscient, je ne suis pas très sûr. Leur catégorie à l’endroit de l’inconscient est très évidemment d’une grande force, elles en sont moins empêtrées. Elles traitent ça avec une sauvagerie, enfin une liberté d’allure qui est tout à fait saisissante, par exemple dans le cas d’une Mélanie Klein. C’est quelque chose que, comme ça, je laisse à la méditation de chacun et les analystes femmes sont certainement plus à l’aise à l’endroit de l’inconscient... Si j’avais, ce qui évidemment ne peut pas me venir à l’idée, si je devais localiser quelque part l’idée de liberté, ça serait évidemment dans une femme que je l’incarnerais. Une femme, par forcément n’importe laquelle, puisqu’elles ne sont pas-toutes et que le n’importe laquelle glisse vers le toute”.

Qu’est-ce que l’inconscient ? C’est “l’con, Nini” (ou ni... ni..). L’con Nini c’est une anagramme de “l’inconscient” que m’a donnée un analysant spécialiste des anagrammes. On pourrait dire encore que c’est le savoir [scient] du con [organe sexuel de la femme] puisque les femmes, selon le langage populaire, ne penseraient qu’avec ça. C’est pourquoi elle s’y connaissent en inconscient, et ce, parce que l’inconscient c’est toujours ce qui parle d’autre chose dans ce que nous disons.

Pour un art du XXIème siècle
- Lacan (p.73) : “Il est évidemment tout à fait extraordinaire, je passe à un autre sujet, tout à fait extraordinaire de voir que l’art, l’art même qui a traité les sujets qu’on appelle géométriques [c’est-à-dire abstraits] au nom de ceci qu’un interdit est porté par certaine religion sur la représentation humaine [rappelons que le deuxième commandement dit “tu ne fabriqueras aucune idole”, c’est-à-dire aucune image], que même l’art arabe donc, pour l’appeler par son nom, fait des frises, mais que parmi ces frises et ces tresses que ça comporte, il n’y ait pas de nœud borroméen. Alors que le nœud borroméen prête à une richesse de figures tout à fait foisonnantes dont il n’y a justement dans aucun art, trace. C’est une chose en soi-même très surprenante.”

Donc, pour schématiser, il y a eu l’art figuratif, la perspective, l’art abstrait, le minimalisme, le pop art, etc., il y aura sans doute un jour, pouvons-nous annoncer, quelque chose comme l’Odin Knot Art (l’art des nœuds et des nouages d’Odin ou rubrique 62), c’est-à-dire un art des nœuds où les trous précèdent les bords.

Nous avons montré sur le site les photos de Marjolaine d’un objet borroméen avec ses jeux d’ombres tout à fait particuliers.

Il s’agit d’une toute nouvelle perspective d’un changement de perspective qui rend compte de ce qu’il n’y a plus de chose ni d’espace mais seulement les nouages du temps. Ce sera un art pour le XXIème siècle. Car ce changement de perspective, cette coupure épistémologique dans la science et la philosophie qu’a entraîné la découverte de l’inconscient avec son nouage du réel, de l’imaginaire et du symbolique, n’est pas encore passé dans l’art. Cependant, l’interprétation analytique, celle de l’inconscient, implique fatalement une bascule esthétique qui renoue l’avenir avec des perspectives très anciennes. Il s’agit de faire un effort esthétique qui soit de l’ordre d’un effet de sens qui aille plus loin que la parole fixée sur les choses. C’est sur la fascination que portent les effets de l’art.

L’art est continuellement la portée d’un dire silencieux. Dans tout ce qui se montre il y a des choses et des mots qui font nœud, c’est-à-dire qu’il y a déjà du réel si nous le spécifions d’être ce qui se noue. La consistance de l’art reste de l’ordre de l’imaginaire, à savoir de ce qui se voit. La consistance pour l’être-parlant c’est ce qui se fabrique et s’invente, c’est-à-dire ce qui se noue à ce qui répond du Réel. Il y a un effet de sens qui relève du Réel.
- Lacan le formule ainsi : E x. f (x), il existe un x qui peut être porté dans f (x), c’est-à-dire dans une fonction de x, “que cette fonction, poursuit Lacan (p.80), soit une fonction au sens général du terme ou simplement une équation ; dans le cas d’une équation, il arrive qu’il n’existe pas de racine comme on s’exprime si une équation c’est toujours quelque chose qui s’égale à zéro, il arrive qu’il n’y ait pas de racine, qu’il n’existe pas de racine, et quand elle n’existe pas, ça ne nous fait ni chaud ni froid, nous la faisons exister, c’est-à-dire que nous inventons la catégorie de la racine imaginaire et qu’en plus, ça donne des résultats”.
- -1 au carré = I.

I c’est la main, la main de l’artiste rivale et supérieure à sa pensée, et comme il ne peut y avoir de carré négatif, c’est moins 1, c’est par le moins 1 que l’art fabrique sa consistance. Tout progrès en art, si l’on peut parler de progrès dans ce domaine, consiste dans le moins un et ce, depuis la scène du puits dans la grotte de Lascaux. On peut voir en ce moment à la Galerie “F. Cadot” (110 rue Vieille du Temple Paris 3ème), l’exposition de Markus Raetz qui montre, par exemple comment le mot “Rien” devient le mot “Tout” en passant par Rouen (en roue). Les rotations auxquelles nous oblige ce sculpteur entraînent des nouages de lettres différents. C’est un sculpteur de signifiants. Il utilise le “Trésor des signifiants”. C’est le sculpteur du grand Autre.

Lacan fabrique des gens à distance

La vraie consistance, la consistance du temps,est ce qui a un trou par où “ça” passe. Vous allez voir comme ce qu’en dit Lacan est étrange. Etrange “être ange”, quoique “tétrâne”, être âne, soit plus étrange qu’être ange, comme le remarquait Prévert.
- Lacan (p.80) : “Je ne peux dialoguer qu’avec quelqu’un que j’ai fabriqué à me comprendre au niveau où je parle, et c’est bien en cela que, non seulement je m’étonne que vous soyez si nombreux, mais je ne peux même pas croire que j’ai fabriqué chacun de vous à me comprendre. Sachez seulement qu’il ne s’agit pas de ça dans l’analyse. Il s’agit seulement de rendre compte de ce qui ek-siste comme interprétation. L’étonnant est qu’à travailler, si je puis dire, sur ces trois fonctions, du Symbolique, de l’Imaginaire et du Réel, j’ai, à distance, fabriqué assez de gens qui n’ont eu qu’à ouvrir... mes livres et que quand même il y a quelque chose qui leur ait permis d’y répondre. Qu’est-ce que veut dire qu’il ek-siste une construction dont il faut bien que la consistance ne soit pas imaginaire ? Il n’y a qu’une seule condition qui est tout à fait lisible, lisible au tableau noir, il faut pour ça qu’elle ait un trou. Et c’est ceci qui nous amène à la topologie du tore... Le trou dont je parle, qui me paraît devoir être mis au centre de ceci, qui me paraît être le point par où nous pouvons décoller de cette pensée qui fait cercle.. Le dedans apparent (centre du tore) dont il s’agit là et le dehors (extérieur apparent du tore) c’est exactement la même chose ; il n’y a qu’un dedans, c’est celui [qu’on ne voit pas] que nous imaginons comme étant l’intérieur du tore” (p. 82).

Avec le tore Lacan nous invite à sortir de la fausse évidence du dehors et du dedans, de l’endroit et de l’envers, à nous délivrer de l’illusion du sac et de l’emprise de la sphère où nous errons. Sur le tore, si l’on part d’un point quelconque extérieur par exemple, on se retrouve à l’intérieur ou inversement sans rien avoir traversé. Avec le tore, nous sommes dans une pensée “asphérique”, ce qui doit être l’ordinaire du psychanalyste.

Cette dimension est différente de la spatialisation de la circonférence ou de la sphère qui représente “le nom du père”. Certes, le tore a un trou interne, pourrions-nous dire improprement, mais c’est le vide voilé du tore par son propre mouvement. Le mouvement du vide, ou du temps, constitue par son propre dynamisme une sorte de peau. Dans les années 70, il y avait un biologiste japonais qui expliquait que les capillaires, les vaisseaux et les veines n’étaient que le produit de la mobilité du sang. En tout cas, le vide représente le désir, la fonction du trou, du manque de la lacune qui se rejoint elle-même.

Puis (p.82), Lacan dessine trois tores non noués qui sont un semblant de borroméen mais qui ne peuvent tenir ensemble que par un quatrième tore, celui du nom du père :
- “Je vous ai figuré la dernière fois comment par une figure qui est celle d’un quatrième tore, ces trois ici figurés indépendants peuvent être noués, peuvent et doivent être noués, et j’ai même fait allusion à ceci, c’est que dans Freud, il y a élision de ma réduction à L’Imaginaire, au Symbolique et au Réel, comme noués tous les trois entre eux, et que Freud instaure avec son Nom-du-Père, identique à la réalité psychique, nommément à la réalité religieuse, car c’est exactement la même chose, que c’est ainsi par cette fonction de rêve que Freud instaure le lien du Symbolique, de l’Imaginaire et du Réel.

Vous devez remarquer que le quatrième rond qu’a dessiné Lacan ne tient pas. Que signifie cette erreur ? Cet acte manqué ? sinon que Lacan c’est débarrassé du Nom-du-Père... Dans le cours prochain, il corrigera cette erreur de cette manière

Ceci nous enseigne que pour faire tenir trois tores superposés par un quatrième, il est nécessaire de faire débuter celui-ci en passant par celui qui est au-dessus des autres ?

La sphère est un fantasme dû au nom-du-père

Puis Lacan nous présente les trois tores superposés sans être noués sous la forme d’un astrolabe. L’astrolabe était un instrument dont on se servait depuis l’astronome grec Hypparque (IIème s. av. JC) pour déterminer la hauteur des astres au-dessus de l’horizon. - Lacan (p.83) : “Il est très facile de concevoir, sous la forme qui a été matérialisée de trente six façons au cours des âges, à savoir d’astrolabes, il est très facile de concevoir trois cercles métalliques là où nous nous retrouvons bien plus aisément, bien sûr, puisque nous ne sommes capables de faire de géométrie que des solides. Voici comment je vais les représenter ; supposez ceci qui a été fréquemment réalisé au cours des âges, dans les instruments de marine... elle fait invocation, sans aucun espoir d’ailleurs, à votre sens de l’espace, vous n’en avez pas plus que quiconque ! Vous croyez voir en relief, mais vous n’imaginez même pas le relief”.

Lacan dessine le quatrième tore qui tient l’astrolabe et le désigne du nom-du-père

- Lacan (p.84) : “Je poserai, si je puis dire, cette année [on est en 1975] la question de savoir si, quant à ce dont il s’agit, à savoir le nouement [par la parole de l’inconscient] de l’Imaginaire, du Symbolique et du Réel, il faille, cette fonction supplémentaire en somme d’un tore de plus, celui dont la consistance serait à référer à la fonction dite du Père.... Notre imaginaire, notre Symbolique et notre Réel sont peut-être pour chacun de nous encore dans un état de suffisante dissociation pour que seul le Nom-du-Père fasse nœud borroméen et tenir tout ça ensemble, fasse nœud du Symbolique, de l’Imaginaire et du Réel. Mais ne vous imaginez pas, ce ne serait pas dans mon ton habituel, que je sois en train de prophétiser que du Nom-du-Père dans l’analyse [de l’inconscient] et aussi bien ailleurs [dans la religion], nous puissions d’aucune façon nous passer pour que notre Symbolique, notre Imaginaire et notre Réel, comme c’est votre sort à tous ne s’en aillent très bien chacun de son côté. Il est certain que, sans qu’on puisse dire que ceci constitue un progrès, car on ne voit pas en quoi un nœud de plus [le quatrième] sur le dos, sur le col et ailleurs, constituerait un progrès !On ne voit pas en quoi un nœud, un nœud réduit à son plus strict constituerait un progrès, de ce seul fait que ce soit un minimum, ça constitue sûrement un progrès dans l’Imaginaire, c’est-à-dire dans la consistance. Il est bien certain que dans l’état actuel des choses, vous êtes tous et tout un chacun aussi inconsistants que vos pères, mais c’est justement du fait d’en être entièrement suspendus à eux que vous êtes dans l’état présent”.

Il y a donc chez le névrosé que nous sommes une situation de quatuor qui se renouvelle sans cesse. Autrement dit, il ne suffit pas d’être athée pour être débarrassé du nom-du-père. Notre perception sphérique et consistante de l’être, des choses et du monde nous vient historiquement de l’être sphérique de Parménide depuis Platon jusqu’à nos jours, malgré la désatomisation de l’univers physique, malgré Freud et Lacan, elle hante notre culture, notre sous-culture et notre contre culture.

Pour terminer rappelons la chanson de Mac Orlan que nous a présentée Christophe Bormans la dernière fois :

Un rat, (le rat de l’inconscient) est venu dans ma chambre. Il a rongé la souricière, (la souricière de l’Imaginaire). Il a arrêté la pendule ( la pendule du faux temps chronologique), et renversé le pot à bière ( le pot à bière du temps des choses, le tombeau de leur temps mortel). Je vous invite à vous y reporter.

Le dernier couplet pourrait être figurer l’analyse sauvage :
- C’était un couteau (une analyse sauvage) perfide et glacé(e)
- Un sale couteau (une sale analyse) rouge de vérité
- Un sale couteau (une sale analyse) sans spécialité (c’est-à-dire qui confond l’inconscient et la réalité).

On se rapportera aussi à “L’homme au rat” de la névrose obsessionnelle et qui tourne autour de ce supplice singulier qui consiste dans l’enfoncement d’un rat excité par des moyens artificiels dans le rectum du supplicié. Selon le mode de la pensée propre à l’obsessionnel, il engendre toutes sortes de craintes et spécialement celle de voir ce supplice infligé un jour aux personnes qui lui sont les plus chères.

Zeus (la vie) le souverain suprême des dieux et des hommes n’a pas besoin d’être unique pour exister.

Voir en ligne : J. LACAN : Séminaire RSI. Leçon du 11 février 1975 (gaogoa.fr)

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