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D. G. M. SCHREBER

Règles générales applicables à tous les exercices de la gymnastique médicale de chambre

Gymnastique de chambre : Chapitre II

Date de mise en ligne : mercredi 15 février 2006

D. G. M. Schreber, Gymnastique de chambre médicale et hygiénique, Cinquième édition (Traduite sur la 15e Édition allemande), Éd. G. Masson, Paris, 1867.
- Chapitre II : Règles générales applicables à tous les exercices de la gymnastique médicale de chambre

II
Règles générales applicables à tous les exercices de la gymnastique médicale de chambre

I. - Les formes de mouvements, les exercices que nous allons décrire, sont en général coordonnés de manière à pouvoir s’adapter à toutes les circonstances, à toutes les conditions d’âge et de sexe. Les exceptions seront indiquées lorsqu’il sera question des cas spéciaux qu’elles concernent ; il en sera, autant que possible, de même des modifications dans l’application que nécessite continuellement l’idiosyncrasie individuelle. La grossesse seule peut être considérée comme un état général d’exception dans lequel, pour donner satisfaction au besoin d’exercice corporel, il vaut mieux avoir recours à des mouvements tout à fait doux, mais continus, à la promenade, par exemple, qu’à des exercices d’une grande intensité d’action. Il est de même à peine nécessaire de mentionner que les exercices doivent en général être absolument rejetés dans tous les états inflammatoires et fébriles bien déclarés.

II. - Une fois commencés, les exercices doivent être continués avec la plus ferme persévérance, en ayant soin d’en augmenter la proportion lorsque la somme des autres mouvements est suffisante. Leur place doit être déterminée par l’emploi de la journée, comme cela a lieu pour ces heures de repas dans lesquelles on satisfait aux besoins de boire et de manger ; et alors même que le but curatif spécial que l’on avait en vue est atteint, il faut encore continuer les exercices, bien qu’en leur faisant subir peut-être de légères modifications. C’est seulement à cette condition qu’on peut être assuré d’obtenir un résultat vraiment heureux et durable. Tout homme de bon sens saura faire à sa santé un sacrifice aussi facile et aussi peu conséquent et ne s’en laissera pas détourner par l’ennui qui peut résulter de la persistance de la répétition des exercices ; en effet, il est bien plus ennuyeux d’être malade et impotent. Il faut seulement ici, pour arriver au but, avoir cette volonté ferme, persévérante, qui fait assurément défaut à la plupart des hommes de notre époque [1]. Il serait donc généralement utile de ne pas se laisser aller, sous ce rapport, à une trop grande confiance en soi-même mais de se cuirasser, par la remémoration fréquente du but que l’on veut atteindre, contre les motifs si nombreux, si évidents, que notre amour tout particulier de nos aises nous suggère pour nous écarter de la bonne voie, jusqu’à ce que les besoins si salutaires de l’habitude aient donné de la fermeté à nos résolutions, ce qui ne tarde généralement pas à arriver.

III. - La partie de la journée la plus convenable pour l’exécution des exercices est le temps qui précède de peu l’un des repas ordinaires de chaque jour, que ce soit le déjeuner (repas du matin), le dîner (repas du milieu du jour), ou le souper (repas du soir) ; toutefois il est nécessaire de s’arranger de telle manière qu’il y ait toujours, entre la fin de l’exercice et le repas, un intervalle d’au moins un quart d’heure ; on doit, en effet, laisser se calmer l’excitation des muscles qui pourrait exercer de l’influence sur la digestion. L’abdomen doit autant que possible être à peu près vide ; aussi doit-on conseiller de satisfaire le besoin d’évacuation des excréments et des urines, lorsqu’il y a lieu, avant de commencer chaque exercice. On doit, du reste, si l’on veut obtenir de la persévérance, recommander de rattacher le temps des exercices aux heures des repas, parce que, dans la coordination des occupations de la journée de presque tous les individus, les repas reviennent normalement à heures fixes et constituent le moyen de mnémonique le plus sûr.

Quel est, parmi les trois points de la journée correspondants aux trois repas, celui qui doit être choisi dans un cas spécial, cela n’est pas toujours tout à fait indifférent, mais cela ne présente généralement pas une différence très essentielle relativement au résultat pour le cas où l’on veut atteindre un but médical. Comme il n’est pas possible, en présence de la variété infinie tant des buts spéciaux que des particularités et des conditions d’existence de chaque individu, de donner ici, sur ce point, une indication même approximative, il vaut mieux laisser à chacun le soin d’observer et de décider lui-même le moment qui lui paraîtra le plus opportun. On peut, du reste, consulter sur ce sujet tout ce qui sera dit plus loin à la fin des observations préliminaires de la description des exercices.

IV. - On doit commencer par se débarrasser de toutes les portions de l’habillement qui peuvent serrer, principalement au cou, à la poitrine et au ventre.

V. - Lorsqu’il y a tendance à de fortes congestions des parties internes, à des hémorragies, à des transformations organiques importantes des hernies nobles et lorsqu’il existe des parties abdominales qui peuvent être guéries même radicalement dans beaucoup de cas, pourvu que cette infirmité elle-même ne vienne pas se compliquer par le fait de ce qu’elle est invétérée (voir plus loin septième prescription), le choix des exercices et le mode d’exécution doivent être déterminés uniquement par un médecin, en se conformant avec la plus grande exactitude à l’idiosyncrasie individuelle. Dans tous les cas de ce genre, on doit surtout tenir rigoureusement compte de la règle VI, que nous indiquerons immédiatement après celle-ci. Les personnes affectées de hernies abdominales ne doivent du reste se livrer aux exercices appropriés à cet ordre d’affections qu’après avoir préalablement contenu d’une manière complète la hernie par un bon bandage.

VI. - Si les mouvements respiratoires ou les pulsations du coeur sont notablement accélérés par un exercice, il faut, avant de continuer, que l’accélération qui s’était manifestée se soit calmée.

VII. - Les intervalles de repos entre chaque phase d’un exercice doivent être utilisés, pourvu du moins qu’il n’y ait aucune tendance à la toux, à exécuter de profondes respirations, convenablement pondérées, composées d’inspirations et d’expirations, lentes, pleines et puissantes, présentant la plus grande extension possible, c’est-à-dire d’inspirations allant jusqu’au bâillement et d’expirations allant jusqu’à l’expulsion la plus complète possible des particules de l’air qui a servi à la revivification du sang. Pour atteindre le plus possible le but proposé, il ne faut pas laisser pendre les bras le long du corps, mais il faut les appuyer légèrement sur les hanches : en effet, la charge qui pèse, par l’intermédiaire des épaules, sur le thorax, se trouve ainsi diminuée et la respiration facilitée. Cette gymnastique de la respiration est un des exercices les plus importants et les plus salutaires ; il s’exécute même involontairement, bien que ce ne soit pas, dans la plupart des cas, d’une manière assez complète, chez les individus habitués à une grande activité musculaire ; il présente l’avantage de favoriser directement et essentiellement le plein développement de la force des poumons, d’aider à les maintenir libres et sains, d’activer la circulation dans son ensemble, mais particulièrement aussi dans la région abdominale, et d’assurer la liberté du cours du sang. Lorsqu’on s’est habitué à exécuter journellement une série de ces mouvements respiratoires, ce qui peut avoir lieu aussi en dehors des intervalles des exercices gymnastiques, dans les promenades que l’on exécute par un temps pur, beau, l’ensemble de l’acte respiratoire s’élève à une plus grande puissance même pour les autres mouvements respiratoires qui s’accomplissent naturellement en dehors de l’action de la volonté, et l’intensité de force du mécanisme de l’acte vital se trouve ainsi fortifiée et augmentée. La gymnastique de la respiration doit donc être recommandée avec une insistance toute spéciale aux personnes sédentaires. En effet, la nature des occupations de ces personnes leur fait négliger presque entièrement le fonctionnement et par suite le développement des muscles des bras et de la poitrine ; aussi ne respirent-elles presque toujours qu’à moitié ; une partie de leurs cellules pulmonaires restent inactives, dégénèrent par suite et s’atrophient, souvent même, dans la plupart des cas, à un âge peu avancé ; aussi deviennent-elles incapables de respirer, comme l’autopsie le constate suffisamment. En ce qui concerne l’usage médical de la compensation déterminée par de profondes respirations inégales des deux côtés, nous y reviendrons dans la description des exercices, huitième exercice.

VIII. - Les exercices doivent être exécutés avec lenteur, sans hâte, avec des intervalles de repos convenables, mais aussi avec vigueur, avec la plénitude de la force de tension des muscles, en se conformant avec une précision aussi complète que possible aux indications des figures et aux descriptions qui les accompagnent. On doit éviter surtout les mouvements mal assurés, angulaires, spasmodiques. Chaque mouvement doit être net et plein, résultat que l’on n’obtient ordinairement que peu à peu par l’habitude. C’est seulement ainsi que l’on peut arriver à concentrer la plénitude de l’énergie vitale dans les parties actives en la dirigeant vers ces parties. Un résultat vraiment salutaire ne peut se réaliser que par l’exécution précise et sérieuse des exercices que l’on réussit bientôt à obtenir par une pratique continue. L’impression qui leur succède immédiatement apprendra à chacun la grande différence qui existe entre une exécution superficielle, nonchalante, des exercices, et une exécution consciencieuse, aussi exacte que possible, des mêmes exercices. Celui qui, par suite de son idiosyncrasie corporelle, ne pourrait pas accomplir tel ou tel exercice dont l’exécution paraîtrait désirable pour le but que l’on veut atteindre, doit se contenter de ceux qu’il peut exécuter. Le système qui est exposé ici est applicable à tous sans exception, même aux plus vieux aussi bien qu’aux plus infirmes, pourvu que l’on fasse un choix judicieux des exercices à exécuter.

IX. - La réalisation du résultat que l’on désire atteindre au moyen des exercices gymnastiques dépend généralement dans tous les cas de la justesse de leur proportion. Cette proportion doit d’ailleurs varier avec les individus : elle doit toujours être moindre au commencement et être augmentée ensuite peu à peu à mesure que, par la pratique, l’exécution des exercices se transforme en habitude. Autant que cela est possible en général, j’indiquerai, tant dans la description des exercices isolés que dans l’exposition des prescriptions spéciales, une proportion moyenne qui fournira un point de départ certain, permettant dans tous les cas d’éviter le trop aussi bien que le trop peu relatifs à chaque individu. Deux conditions doivent surtout, relativement à ce point de la question, être observées fidèlement ; il faut 1° qu’il se fasse bien sentir une fatigue momentanée, mais que cette fatigue disparaisse complètement par le temps de repos qui suit l’exercice ; 2° que l’on ne ressente pas de douleur musculaire vive, persistante : en effet, la sensation, exempte de douleur, qui est produite par la mise en activité des muscles et qui est ressentie surtout par les commençants, fait éprouver une impression de bien-être et fournit ainsi la preuve de son parfait accord avec les lois de notre organisme, aussi bien que de son innocuité. Ces deux conditions doivent être considérées comme fournissant des limites extrêmes qui ne doivent pas être dépassées, au moins dans les premiers temps de la mise en pratique des exercices. Si, malgré toutes les précautions prises, les commençants ressentent quelques douleurs musculaires un peu vives, ce qui arrive pour beaucoup de personnes lorsqu’elles exécutent des exercices qui sont très faibles, mais auxquels elles ne sont pas habituées, on doit d’abord laisser ces douleurs se calmer, et recommencer ensuite en faisant exécuter des exercices qui exigent une force moindre. On arrivera bientôt, par une légère familiarisation avec la pratique des exercices, à supporter une proportion triple et même multiple des exercices, plus facilement et mieux qu’on n’en supportait d’abord une seule proportion. On ne doit donc pas de prime abord se laisser rebuter par les difficultés et les sensations que l’on éprouve et se laisser induire à la fausse croyance, si commune surtout chez les personnes âgées, qu’on ne pourra ni exécuter ni supporter les exercices ; mais on doit procéder courageusement à la répétition et à la continuation des exercices en prenant pour base la proportion que l’observation personnelle a indiquée. Si, comme cela se présente surtout chez les personnes âgées, tel ou tel mouvement ne peut être exécuté de suite d’une manière complète, on doit se contenter de réaliser le degré d’exécution qu’il est possible d’atteindre, et éviter d’obtenir l’exécution complète par la violence. Peu à peu, même à un âge déjà avancé, le corps arrive par la pratique à des progrès même surprenants.

On doit toujours, dans le procédé qui nous occupe, aussi bien que dans tout autre procédé thérapeutique, se garder de cette maxime pernicieuse : « Beaucoup fait beaucoup de bien. » Il ne peut y avoir d’avantage réel pour la santé qu’autant que l’augmentation de l’activité vitale, qui se rattache au mouvement musculaire, peut se maintenir dans un parallélisme complet en ce qui concerne la nutrition, c’est-à-dire le renouvellement de la substance organique consommée. Au-delà de cette limite, qui peut être considérée comme le degré de saturation, l’exercice aurait une influence contraire. Lorsque la fibre musculaire est soumise à un excès d’excitation, à une sorte de surmenage, elle devient rigide, se modifie pathologiquement et perd de plus en plus son aptitude à un fonctionnement ultérieur. L’augmentation de l’activité vitale est remplacée par un phénomène contraire, par l’affaiblissement et l’épuisement. Les personnes qui sont atteintes de maladies chroniques doivent surtout se tenir en garde contre cette impatience si naturelle qui nous pousse à chercher à atteindre rapidement, même par la violence, le résultat désiré, bien que la nature de presque toutes les affections de ce genre rende ce résultat irréalisable. Si un mode d’application de la gymnastique à la thérapeutique a été calculé avec justesse et discernement, il se produit avec certitude, mais seulement peu à peu, un résultat favorable qui vous récompense bien de vos efforts. Ainsi, encore une fois, il faut avoir soin de procéder par transitions graduées, bien pondérées, et de se maintenir toujours dans une juste mesure. Un rapport bien proportionné à l’idiosyncrasie individuelle entre les périodes d’activité et les périodes de repos est en général pour tous nos organes et pour toutes nos forces la condition fondamentale de la prospérité de leur état.

La gymnastique peut donc avoir un but d’hygiène générale ou bien un but de thérapeutique spéciale : dans l’un comme dans l’autre cas, on doit toujours se rappeler que la persistance du manque d’universalité de l’activité musculaire, aussi bien que de l’absence de contrepoids pour compenser l’excès de cette même activité, est contraire à la santé, que ces deux états anormaux de l’activité musculaire peuvent devenir finalement la cause bien positive, non seulement de certaines autres conséquences incidentes vraiment fâcheuses, mais aussi bien d’une vieillesse et d’un trépas prématurés. Les positions élevées nous fournissent en abondance des renseignements sur les résultats du manque d’activité, tandis que, parmi les positions inférieures, toutes celles dans lesquelles les individus végètent pendant toute leur vie depuis le matin jusqu’au soir, accomplissent des travaux corporels excessivement pénibles, nous fournissent des renseignements sur les conséquences de l’excès de l’activité musculaire.

X. - Si, après une longue mise en pratique de l’exercice musculaire, une augmentation de l’intensité de l’activité musculaire devient supportable et surtout opportune, on pourra arriver de la manière la plus convenable dans tous les exercices des bras en tenant dans chaque main un haltère, composé de deux boules de bois ou de fer du poids de 2 à 6 livres au plus reliées par une tige servant de manche et en s’astreignant graduellement à exécuter avec ces haltères dans ses mains les exercices que l’on exécutait antérieurement sans que les mains eussent à supporter les haltères comme surcharge. On doit seulement éviter de tomber ici dans l’excès.

XI. - On peut, pendant que l’on exécute les exercices dans la chambre, y ajouter, si l’on veut, le bon effet de l’air libre en ouvrant les fenêtres ; cela ne peut généralement qu’être recommandé même dans la saison froide, pourvu, naturellement, que l’on observe les précautions ordinaires convenables en pareil cas. Une puissante activité de mouvements est la préservation la plus certaine contre le refroidissement. Pour les personnes atteintes d’affections de poitrine, il convient assurément d’examiner d’abord si l’état de l’air extérieur au moment de l’exercice est salutaire ou non. Mais, dans tous les cas, on doit pendant les exercices respirer de l’air pur.

XII. - Les règles auxquelles doit être astreint tout le reste du régime dépendent nécessairement des conditions de santé spéciales à chaque individu. Mais, quelles que soient en général les conditions de la santé, on se trouvera très bien, ici comme ailleurs, d’un régime simple, régulier, sans être cependant d’une rigueur pédantesque, et particulièrement d’une alimentation qui ne soit pas excitante, c’est-à-dire dans laquelle il entre des épices et des boissons excitantes en quantité la plus limitée possible, et qui soit empreinte du caractère de la sobriété [2].

XIII. - En cas d’indispositions, on ne doit suspendre les exercices passés à l’état de règle que lorsque leur exécution exerce sur l’état général de l’organisme une action fâcheuse vraiment notable. L’état périodique mensuel des femmes nécessite, non pas une suspension absolue des exercices gymnastiques, mais seulement certaines modifications de ces exercices que nous indiquerons avec plus de détail lorsque nous nous occuperons de la description spéciale de chaque exercice et de chaque prescription en particulier.

P.-S.

Texte établi par PSYCHANALYSE-PARIS.COM à partir de l’ouvrage de D. G. M. Schreber, Gymnastique de chambre médicale et hygiénique, Cinquième édition (Traduite sur la 15e Édition allemande), Éd. G. Masson, Paris, 1867.

Notes

[1Les charlatans n’ont si beau jeu que parce que leurs moyens merveilleux, si faussement exaltés, donnent satisfaction à notre amour pour nos aises. Si les biens les plus élevés ne peuvent pas être achetés à prix d’or par l’homme sans le concours de son activité personnelle, mais doivent être acquis avec le concours de cette activité, il en est de même de la santé lorsqu’on l’a perdue : elle ne peut être recouvrée que par une vie rationnelle, bien pondérée et maintenue par une volonté ferme. Il n’est pas permis d’éluder les saintes lois que la nature a imposées à notre organisme.

[2Chacun tombe très fréquemment dans la faute de dépasser la quantité normale d’aliments et de boissons dont on a besoin. Le sang se surcharge de plus en plus de matières nutritives inutiles, et la santé se trouve ainsi détruite peu à peu. La plupart des personnes qui occupent des positions élevées absorbent, sans s’en douter, une somme de matières alimentaires plus grande que le besoin du corps ne l’exige, ce qui vient de ce que l’appétence de la langue, surexcitée par ces différentes manières d’accommoder les aliments qui ne sont cependant pas blâmables en elles-mêmes, a rejeté peu à peu au second rang l’appétence naturelle de l’estomac, ou, en général, parce que l’estomac a perdu par l’habitude régulière de la consommation d’une trop grande quantité d’aliments sa sensation normale de saturation. L’excitation préméditée de l’appétit au moyen d’épices, le boissons fortes, etc., etc., peut donc bien, dans certains cas, être justifiée en tant que procédé de thérapeutique, mais devient pernicieuse lorsqu’elle est passée à l’état de règle, tant parce quelle détermine l’affaiblissement de l’énergie vitale du système nerveux, que parce qu’elle rend l’estomac trop exigeant et a pour conséquence une surcharge de l’estomac en matières nutritives. Comme toujours, nous devons, dans ce cas aussi, subordonner l’attrait que nous nous ressentons pour une opinion aussi pleine de sens que la nôtre, et trouver le moyen d’arriver à la pratique dans l’empire que chacun doit exercer sur soi-même. Le point de départ le plus général, le plus certain, pour arriver à la détermination de la proportion convenable réside dans ce caractère que, après chaque repas, nous devons nous sentir dispos et frais. Toute sensation de réplétion, même la plus faible, qui dépasse celle du bien-être, est la preuve du contraire et donne a l’homme intelligent l’indication de la mesure exacte qu’il doit observer dans l’avenir. On doit encore tenir compte de ce que le besoin d’aliments diminue un peu dans un âge avancé, par la raison que la transformation des matières s’opère alors dans le corps humain d’une manière plus lente, et qu’il en est de même de la force corporelle de compensation qui pourrait réparer nos excès. Celui donc qui, sans qu’il en résulte pour lui des inconvénients, veut faire encore, comme les autres, des festins de Lucullus dans un âge avancé, doit du moins s’armer d’un courage stoïque.

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