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Sophie Morgenstern

Un Cas de Mutisme Psychogène

Revue Française de Psychanalyse (1927)

Date de mise en ligne : samedi 20 novembre 2010

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Sophie Morgenstern, « Un Cas de Mutisme Psychogène », Revue Française de Psychanalyse, Première année, T. I, n° 3, Éd. G. Doin et Cie, 1927, pp. 492-504.

Un Cas de Mutisme Psychogène
Par Sophie MORGENSTERN.
(Travail du Service du Docteur Heuyer).

Ce que l’enfant n’oserait dire ni écrire, il le révèle dans ses dessins, parce qu’il ne prévoit pas que dans un petit tableau on pourra déchiffrer son caractère comme dans ses propos ou son écriture. Il ose être lui‑même. Il s’aventure, il s’exprime.
Florent FELS (Nouvelles Litt. : Exposition de dessins des enfants dans le Salon‑Musée de l’Âge heureux.)

Le mutisme psychogène infantile n’a, jusqu’à présent, été décrit nulle part. Dans le présent travail, je vais tâcher de montrer par quel conflit psychologique un enfant de 9 ans et demi s’est trouvé emprisonné dans un mutisme qui a duré presque deux ans et dont le caractère spécial m’a permis de faire une étude psychanalytique assez étendue. C’est grâce à M. Heuyer que j’ai eu la possibilité de suivre de près et de soigner ce cas si intéressant et, jusqu’à présent, du moins à ma connaissance, unique.

Il y a deux ans, à l’occasion d’un changement de domicile, notre petit malade avait cessé de parler pendant quelques semaines. Quand on nous l’amena à la consultation du Patronage, en octobre 1926, il y avait un an qu’il ne parlait plus à son père et quatre mois qu’il n’avait prononcé une seule parole.

Notre petit malade, Jacques R…, a une hérédité chargée du côté maternel, des éléments schizoïdes très prononces. Il est né en novembre 1917, à huit mois. Jacques a passé par toutes les maladies infectieuses infantiles et présente, depuis l’âge de cinq ans, des troubles de la marche à la suite d’une myopathie. À l’âge de sept ans, il eut deux crises comitiales frustes. C’est un enfant arriéré plutôt par manque de scolarité que par manque de capacités ; celles‑ci sont chez lui très inégales.

À la première consultation, il ne voulut pas répondre au médecin, lui tourna le dos, se débattit, essaya de griffer et de se sauver quand on tenta de le retenir. Il ne voulut pas laisser sortir sa mère, s’accrocha à elle et s’assit sur ses genoux. Mis sur le lit et déshabillé pour l’examen somatique, il essaya de se sauver. Tenu par deux personnes, il continua à se débattre. On décida de le garder au Patronage en observation. Là il fut isolé et témoigna beaucoup de sympathie à un jeune surveillant qui, le soir, faisait de la musique à côté de lui, et lui permit de dessiner, occupation que le petit Jacques aimait beaucoup.

Jacques fut admis au Patronage le 26 octobre ; je le vis pour la première fois le 4 novembre. Il avait l’air anxieux, recroquevillé sur lui‑même, les yeux fixés sur le plancher, ne voulant même pas répondre par des signes aux questions que je lui posais. Tout ce comportement éveilla le soupçon qu’il s’agissait peut‑être d’une schizophrénie infantile. Il faut cependant faire la réserve que cette psychose est très rare avant l’âge de la puberté. Le mutisme chez les schizophrènes est une manifestation du négativisme ou plutôt de l’autisme (Bleu1er). C’est alors une attitude hostile envers l’ambiance, attitude qui nous démontre la préférence que le malade donne à son monde intérieur, imaginaire, en face de la réalité. Il est souvent associé à un délire hallucinatoire ; ce sont souvent les voix qui imposent au malade le mutisme ou les sujets du délire, leur fait subir un sacrifice pareil. Tandis que chez les hystériques, le mutisme représenterait l’expression physique d’un conflit psychologique. Notre malade est un enfant doux, obéissant, très timide ; il aime la musique, mais préfère à tout le dessin. Il écoute avec intérêt les histoires qu’on lui raconte ; il tâche de se faire comprendre par des gestes et devient coléreux si l’entourage n’arrive pas à les déchiffrer. Tout cela nous prouve que le mutisme de notre petit malade ne rentre pas dans le cadre de celui des schizophrènes. Son mutisme est basé sur le conflit psychologique entre lui et ses parents, dont nous parlerons dans l’histoire de sa maladie.

C’est dans ma première rencontre avec le malade que je vis les dessins faits par lui à la maison et au Patronage. J’ai été frappée autant par les sujets de ces dessins que par l’expression anxieuse des personnes représentées. Mon attention fut attirée surtout par des dessins faits par Jacques les premiers jours de son séjour au Patronage. Le même sujet se répétait dans les deux dessins : un petit garçon regardait un homme avec méfiance et terreur (Voir fig. 1).

Ayant constaté que l’unique moyen d’expression de Jacques était le dessin, je l’ai employé pour le traitement. Dès la première séance je l’ai fait dessiner. Je donnais à ces dessins des interprétations que Jacques approuvait ou désapprouvait par des signes de tête. C’est ainsi que je réussis à l’aider à exprimer ses conflits inconscients. Je lui demandais s’il avait un chagrin, lorsqu’il répondait affirmativement à ma question, je lui disais : « Dessine‑le moi ». Pendant deux semaines Jacques dessina des scènes d’horreur : un double assassinat, un homme assassinant un jeune garçon et lui‑même assassiné par un soldat (fig. 2) ; des têtes coupées (fig. 3) ; des oiseaux et des animaux à forme fantastique et aux attitudes agressives (fig. 4) ; un homme, avec un bâton excessivement long, sonnant la cloche d’une église ; un homme pris dans les fils d’une araignée ; une femme criant au secours (fig. 5). Un deuxième dessin du même jour est rempli d’animaux monstrueux, d’hommes à trois bras avec un couteau. Sur le dessin du 13 novembre (fig. 6) Jacques représente les têtes coupées de ses parents, et, à côté, le « méchant » qui a commis ce crime. C’est l’interprétation que Jacques nous a donnée quand il a parlé. Sur un dessin du 14 novembre (fig. 7) nous voyons un serpent, des hommes munis de bâtons en forme de pipe et de couteaux, et un homme tuant un serpent. L’un des dessins du 18 novembre (fig. 8) représente des hommes aux allures fantastiques, les uns se promenant dans la lune, les autres pourvu d’ailes, des oiseaux aux dimensions énormes. Jacques nous en a donné plus tard l’explication suivante : les trois « hommes loups » tournent autour de la lune et jettent les enfants de la lune sur la terre de haut en bas et les tuent. Les hommes à tête pointue (ou à bonnet pointu) sont des « hommes‑loups » méchants qui mangent les enfants. Notre petit malade a trouvé le germe de cette fantaisie dans le conte du Petit Chaperon Rouge. Tous ces dessins sont surchargés, les scènes d’horreur y sont accumulées, l’angoisse s’y exprime sur tous les visages : ceux des victimes, des acteurs et des spectateurs.

Voyant que Jacques se débarrassait, par ces dessins, d’une grande partie des angoisses qui l’avaient tourmenté, j ’ai pensé qu’il pourrait aussi, par cette voie, rompre son mutisme. Son attitude envers moi avait également changé. D’abord hostile, elle devint de plus en plus amicale. Mais toutefois, Jacques restait muet. Pour l’encourager, je lui apportai une tablette de chocolat enveloppée dans un papier à image que je lui remis à la condition qu’il parlerait à la fin de la séance. Au cours de cette séance, je lui racontai une petite histoire dans laquelle j’avais fait subir à un petit garçon, que j’appelais Michel, une partie des angoisses que Jacques pouvait avoir éprouvées, mais en donnant une issue heureuse à cette histoire. Cette histoire ne contenait aucun fait sexuel et ne pouvait pas contribuer à éveiller la curiosité des questions sexuelles chez notre malade. À peine avais‑je fini mon histoire que Jacques, qui écoutait avec un vif intérêt, voulut absolument avoir un crayon, mais il n’arriva pas à le demander autrement que par gestes. Je le lui refusai, car je voulais à tout prix le faire parler. Alors il s’empara d’une plume et dessina un jeune garçon entre deux animaux fantastiques (fig. 9). À la fin de la séance il me rendit le chocolat, en me montrant, par gestes, que les paroles ne voulaient pas sortir. En réponse à ma question : qu’est‑ce qui t’empêche de parler ? il dessina un homme avec un couteau à la main (fig. 10).

Toute cette séance avait tellement bouleversé Jacques que, dans la séance suivante, il révéla presque tout son conflit secret. Sur ma prière de dessiner les désagréments qu’il avait eus avec son papa, il dessina toute sa famille en larmes et m’expliqua par gestes que c’était à cause de son mutisme (fig. 11). Alors je le priai de nouveau de me dessiner la cause pour laquelle il ne parlait pas. Il fit le deuxième dessin du 21 novembre 26 (fig. 12) : un homme avec un couteau, un enfant et un objet qu’il interpréta plus tard comme son ventre. À ma question : « Qu’est‑ce que cet homme t’a fait ? » il dessina un enfant au lit, l’homme au couteau à côté de lui. J’insistai pour qu’il me racontât par dessins tous les détails, et c’est alors qu’il dessina les scènes qui suivent sur la même feuille : l’enfant debout vers lequel s’approche l’homme au couteau et, finalement, une scène de castration tout à fait évidente (fig. 13). J’ai profité de cette occasion pour lui dire qu’on ne lui couperait aucun membre, qu’il n’avait aucune raison d’avoir peur de cette punition, car on ne punit jamais les enfants de cette façon et qu’il se débarrasserait tout à fait de ses mauvaises habitudes dès qu’il n’y penserait plus. Dans la même séance, il dessina à la fin une scène pleine d’atrocités. Un homme pendu, une tête coupée, des fusillades. Dans l’explication orale que Jacques nous a donnée plus tard de ce dessin, il nous parla d’un triple assassinat : le roi avait tué le petit garçon et moi, et avait lui‑même été tué.

Après nous avoir révélé d’une façon si expressive les visions d’horreur qui l’obsédaient, il continuait cependant à ne pas parler. Alors nous essayâmes de rompre son mutisme en lui faisant peur. On l’enferma dans un cachot duquel je le délivrai au bout d’une demi‑heure. Le résultat fut le même que celui du chocolat. Jacques ne parla pas, mais s’empressa de dessiner un enfant en larmes, avec un mouchoir trempé de larmes à la main (fig. 14) et un homme en casquette un couteau à la main (fig. 15). Sur le dessin suivant, nous voyons des hommes aux attitudes mystérieuses, munis de fusils et de bâtons, s’approchant d’églises, de maisons et de tours (fig. 16).

Ces deux échecs dans mon traitement m’ont décidée à faire réagir Jacques par l’interruption des séances, cependant qu’il continuait à me voir venir pour le traitement d’autres malades. Dans la première séance après cet intervalle qui a duré une quinzaine de jours, Jacques était pressé de me raconter son chagrin. (Il avait appris que sa mère était gravement malade). Il dessina sa mère au lit, un enfant à côté d’elle avec une expression d’épouvante sur le visage (fig. 17). Je tâchai de lui expliquer qu’il ne pourrait pas aller voir sa mère avant qu’il ne se décidât à parler. Je lui dis qu’il fallait continuer à nous raconter par dessins tout ce qui le tourmentait, car c’est seulement de cette manière qu’il apprendrait à ne plus avoir peur et pourrait de nouveau parler. Il fit alors un second dessin (fig. 18 et 18 bis). On y voit tous ses membres coupés ; une répétition de la scène de castration et son chagrin à cause de la séparation d’avec sa mère. L’explication orale qu’il nous a donnée le 1er février confirma pleinement notre hypothèse, ce qui eut lieu aussi pour la plupart des autres dessins.

Je voudrais attirer votre attention sur un détail de ce dessin dont nous parlerons plus tard : l’homme à la barbe bizarre. On n’est même pas sûr si c’est une barbe ou une langue.

Dans la séance suivante, le 24 décembre 1926, Jacques nous communique une nouvelle obsession, celle d’avoir la langue coupée (fig. 19). Il paraît qu’on l’avait menacé, à la maison, de cette punition, pour son mutisme. Mais ce n’est pas là l’unique cause de cette obsession.

Les dessins suivants expriment une angoisse croissante, une inquiétude profonde, non seulement par leurs sujets pleins d’atrocité, par la répétition de ces sujets, mais aussi par l’accumulation d’objets représentés sur la même feuille. Si dramatiques que soient les scènes représentées sur les dessins 1, 2, 3 du 30 décembre, et sur le troisième du 31 décembre, l’explication orale que Jacques nous en donne plus tard nous frappe encore plus. Le troisième dessin du 30 décembre représente une double opération, mais ce sont seulement les infirmières avec leur coiffe et la table chirurgicale, qui constituent le déguisement sous lequel Jacques présente un coït et une castration. Il a accumulé, avec un art véritable, tout ce qui a contribué à l’origine de sa névrose. Je ne crois pas me tromper en disant que la personne allongée sur la table d’opération doit représenter en même temps sa mère et lui‑même, et l’homme à côté, son père (fig. 20). L’horreur si bien exprimée sur la figure de l’opérée ne peut symboliser que sa propre peur de la castration à laquelle fait allusion le dessin au ventre troué (fig. 21). C’est Jacques qui nous a donné cette interprétation du ventre troué, en désignant le petit garçon de la figure 21 comme un enfant auquel on a coupé « les affaires ». L’attitude du chirurgien indique plutôt une scène déguisée de coït et aussi l’importance que Jacques attribue au double pénis dont le chirurgien se trouve pourvu sur ce dessin. L’opération à gauche (fig. 21) est moins claire. L’explication orale que Jacques nous a donnée plus tard a confirmé nos suppositions, mais a ajouté un nouvel élément dans le transfert qu’il a fait sur moi. Il identifie, dans le dessin figure 20, ma personne avec sa mère et avec lui‑même. Il nous a dit : « La doctoresse est malade, un médecin arrose son ventre ouvert dans lequel il va mettre un os qui va remplacer le ventre enlevé » (fig. 20). Pour nous apprendre qu’il s’agit, dans l’opération du ventre, d’une castration, Jacques nous a dit que, dans la scène à gauche (fig. 21), lui‑même avait subi une opération du ventre. Il représente son ventre isolé avec un trou au milieu. L’explication que Jacques nous donne de ce dessin nous prouve aussi qu’il ne distingue pas d’une façon nette l’acte sexuel de celui d’uriner. Nous avons eu la confirmation que les enfants se représentent sous cette image l’acte sexuel, par les dépositions d’un autre petit malade. C’est un enfant de quatorze ans, très intelligent, qui a l’habitude, dans l’analyse, de décomposer les mots. Il a décomposé le mot « venger » en : ven = ventre, ger = jet d’eau ; soit au total : un jet d’eau dans le ventre, image sous laquelle il se représentait le coït.

Ce dessin est, à tous les points de vue psychanalytiques, très instructif. Il nous donne aussi l’explication tout à fait précise de ce que Jacques veut symboliser par les barbes, les langues, les bâtons, les bras bizarrement allongés. Même après avoir exprimé, dans ces dessins, ses complexes les plus importants, Jacques ne s’est pas encore débarrassé de tous ses conflits. Le jour suivant, il dessine de nouveau une double opération et nous présente la question de la castration, ou plutôt de la punition de l’onanisme, sous un nouvel aspect. Sur un dessin du 21 décembre 1926, à droite, deux personnes coupent les bras à la personne couchée en se servant de couteaux. La personne opérée est couchée sur le lit, mais le décor médical fait défaut (fig. 22). Au contraire, dans la scène à gauche, le décor médical est très nombreux, mais l’opération elle‑même n’est pas visible (fig. 23). La scène à droite est basée sur le fait qu’on attachait les mains de Jacques la nuit pour l’empêcher de se toucher. Il me semble que la personne à droite est un homme : son père, et celle de gauche, une femme : sa mère.

L’explication que le malade nous donne plus tard de ce dessin est des plus précieuses : il nous dit qu’on m’y coupe, à moi, malade de la grippe, les bras pour me guérir, car mes mains sont sales, « sont mauvaises parce qu’elles ont fait des saletés ». Dans la seconde opération un médecin me coupe « le affaires ». Sur une table sont posés deux os. La signification des os, dans ces circonstances, n’est pas à méconnaître. Il en est de même pour la tête coupée, qui n’est qu’un autre symbole de la castration.

Il semblait que le moment où Jacques ne pouvait plus tarder à parler était arrivé, mais les faits nous prouvèrent le contraire.

En janvier, Jacques commença à mouiller très souvent son lit, ce qui ne lui arrivait auparavant que très rarement. Pour m’expliquer la cause de ce fait, Jacques me fit, le 11 janvier, un dessin (fig. 24), sur lequel il se représenta endormi sur le lit, son seau à côté et des objets épars autour de lui. À ma question : « As‑tu vu ces objets dans un rêve ? », Jacques fit un signe affirmatif. Il m’a donné plus tard la même explication verbalement. Jacques nous répète sur le dessin du 14 janvier (fig. 25) toutes se misères à cause des hommes au bâton, au couteau, à la seringue.

Le 20 janvier il fit tous ses besoins dans sa culotte, urina sur l’escalier et salit tout. La séance du 21 janvier fut très dramatique. Jacques raconta par dessins tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Il avait l’air à la fois inquiet et malheureux. Il paraissait lutter avec son mutisme, mais n’arriva pas encore à le rompre.

Par la conduite que nous venons d’indiquer, Jacques exprimait quel intérêt avaient pour lui, les fonctions d’excrétion.

C’est surtout par la série de dessins qu’il a faits chez lui, avant son entrée au Patronage, que nous apprenons l’importance qu’il attachait à ces fonctions. Il y représente deux personnes, l’une à côté de l’autre, sur des vases de nuit et nous explique, plus tard, que ces personnes représentent sa mère et lui (fig. 26). Dans l’intérêt de notre petit malade pour les fonctions d’excrétion, nous ne sommes pas arrivés à discerner une curiosité au sujet de la naissance des enfants. Chez la plupart des enfants, cette question est intimement liée à la fonction d’excrétion, explication la plus approuvée par l’imagination infantile de la façon dont les enfants viennent au monde.

Il est possible que la curiosité de Jacques n’ait pas été poussée dans cette direction pour la raison qu’il n’a qu’une soeur aînée. Il n’a pas vécu le conflit psychologique éveillé par la naissance d’une soeur ou d’un frère cadet. Il s’est peut‑être approché de la question dans son dessin des hommes‑loups qui mangent les enfants. Il a été inspiré dans son dessin par le conte du Chaperon Rouge, qui symbolise la naissance. Jacques représente par les hommes‑loups le fait de la naissance à rebours, comme cela arrive souvent dans les légendes.

Sur un autre dessin (fig. 28), un homme urine dans un vase, à cote d’un jeune garçon aux affaires coupées. Jacques nous dit qu’il s’agit de son oncle et d’un petit garçon. Nous sommes convaincus qu’il voulait représenter son père et lui. Le comportement de Jacques en janvier ne représentait que le reste des manifestations de ses conflits inconscients, celles de sa préoccupation des fonctions d’excrétion. Après que ce conflit eut passé de la couche inconsciente dans celle du conscient, toute l’angoisse qui obsédait Jacques disparut. Il avait perdu toute la peur qui l’empêchait de parler et, à la première occasion, qui fut la visite de ses parents deux jours plus tard, il commença à répondre à voix basse aux questions de sa soeur.

Dès le 23 janvier, Jacques parle. C’est depuis lors que j’ai repassé avec Jacques tous les dessins, en lui demandant son interprétation. J’ai commencé par les derniers dessins, qui contiennent le plus de renseignements sur l’origine de sa névrose et j’ai fini par les dessins qu’il avait faits chez lui, à la maison. J’ai obtenu de cette façon une confirmation très nette de l’hypothèse que j’avais faite sur l’origine de la névrose et sur la signification de son mutisme Au début, il ne répondait qu’à voix basse et par des paroles très abruptes. Mais, peu à peu, il arriva à s’exprimer à haute voix. Sou attitude envers l’entourage a aussi beaucoup changé. Il se tient droit, regarde sans peur autour de lui et répond aussi aux personnes étrangères. Pendant son séjour à l’Hôpital Pasteur, du 2 au 17 mars, à l’occasion d’une rougeole, sa conduite fut impeccable. Il n’urina pas au lit et répondit aux questions des Sœurs.

Au Patronage, il se tint encore un peu à l’écart les derniers temps de son séjour, la plupart du temps occupé à dessiner ; mais à la récréation il jouait avec les autres enfants, les taquinant souvent.

Son attitude envers son père a tout à fait changé. Il lui parle très amicalement et montre une grande joie de le voir. Il est allé plusieurs fois en visite chez lui, où tous furent frappés du changement survenu dans son comportement.

Depuis plus de trois mois, il est rentré définitivement à la maison. Il se comporte très bien et parle presque trop.

Toute sa vie se déroule dans un monde imaginaire. Même aujourd’hui il préfère répondre par un dessin que par une parole à une question compliquée. Cela nous est démontré par le dessin du 3 février (fig. 29), qui représente un soldat à cheval et un autre à pied qui tirent des coups de fusil et allument deux chandelles dans le ciel : « Ils veulent tuer Dieu », nous dit Jacques. C’est la première fois qu’il dirige son imagination sur un sujet super‑individuel, Dieu représentant son père dans une région plus haute.

Il faut encore indiquer l’intérêt que Jacques a pour les rêves. Il en parle et les dessine. L’homme au couteau que Jacques a représenté dans un dessin du 22 mars, était une vision.

Depuis que Jacques s’est débarrassé de son angoisse le caractère de ses dessins a changé. Selon FREUD, le refoulement provoque la sublimation, chez notre malade le refoulement a activé son imagination et a contribué à la richesse du sujet de ses dessins. Il est très intéressant que Jacques s’en soit aperçu lui‑même. Quand je lui ai demandé le 28 février (fig. 30) de refaire le dessin du 28 octobre parce que celui‑ci s’était égaré, Jacques m’a dit : « Je me le rappelle très bien mais je ne pourrais plus faire tout à fait le même dessin ; je vous ai déjà tout raconté par le dessin ». Il avait raison. La différence entre ces deux dessins sur le même sujet est tout à fait frappante. Tandis que celui du 28 octobre exprimait une angoisse épouvantable, un événement surprenant, qui se passait la nuit, en cachette, le second nous montre deux hommes dans une conversation paisible, devant une maison dans laquelle la lumière est allumée. Jacques dessine souvent à présent des scènes comiques et me montre ces dessins avec un air moqueur. Il dessine les Fratellini sortant d’un « Palais », des femmes en habits d’hommes. Il connaît déjà sa vocation ; il m’a dit qu’il voulait devenir peintre.

La même libération s’est produite dans son attitude vis‑à-vis de son père. Après deux années d’hostilité il lui parle amicalement ; la peur a complètement disparu. À plusieurs reprises Jacques m’a dit qu’il n’avait plus peur ni de son père ni de l’homme qui coupe les jambes, les mains et les autres choses, qu’il n’y pensait plus. Jacques m’a raconté qu’à Arcachon où, en 1925, il a passé six mois avec sa mère et sa soeur, il ne voulait pas voir son père. Il se sauvait quand son père était là, il ne voulait pas que son père vînt à Arcachon, il avait plus peur de lui le soir que dans la journée. Nous savons que le début de la névrose de Jacques remonte à son séjour à Arcachon. C’est là que Jacques avait eu l’occasion d’avoir sa mère tout à fait à lui, plaisir dont la visite de son père le privait, du moins partiellement. Il avait une double raison d’avoir plus peur de son père le soir que la journée : le père le privait de la mère et lui rappelait la défense de se toucher.

L’histoire de la maladie de Jacques ne contient que des faits très banaux, très connus dans la pratique psychanalytique. Ce sont les deux noyaux principaux, le complexe d’Œdipe et celui de la castration, qui ont poussé notre petit malade dans le mutisme et dans une attitude hostile vis‑à‑vis de son père. La plus surprenante illustration de cette hostilité est représentée par l’un des dessins que Jacques avait faits chez lui, avant son admission au Patronage (fig. 31). L’assassin qui coupe la tête à l’homme est d’une ressemblance frappante avec le petit garçon du dessin qui nous a servi comme point de départ du traitement (fig. 1). La tête coupée ressemble à la tête de l’assassin.

On pourrait nous faire l’objection que notre analyse n’est pas complète, puisqu’elle n’a pas abouti chez notre petit malade à la reconstitution du trauma primordial. Nous sommes d’avis que l’inconscient de Jacques a trouvé une solution salutaire du problème qui le tourmentait depuis longtemps, en le réalisant dans des dessins symboliques par lesquels il nous a donné des preuves qu’il se rendait compte du sens caché des rapports de ses parents.

Il fut content d’avoir trouvé dans la personne de la psychanalyste quelqu’un qui comprenait son langage et qui dissipait ses craintes sans fondement. Ayant obtenu la guérison complète, nous n’avons pas osé aller plus loin dans la recherche des renseignements concernant les questions sexuelles chez cet enfant d’une intelligence moyenne et d’une imagination très vive.

Il me semble d’un intérêt tout particulier que Jacques nous ait donné d’incontestables documents sur ces problèmes dans le psychisme de l’enfant. Dans la psychanalyse de l’adulte, nous avons affaire aux réminiscences du trauma vécu dans l’enfance. Je crois que c’est la première fois que nous voyons le conflit dans son état primordial, pourrait‑on dire, représenté par des dessins inspirés par l’inconscient de l’enfant.

Les dessins de notre malade contiennent tous les mécanismes psychologiques constatés par Freud : la condensation (le coït et la castration dans le même dessin) ; la transposition de bas en haut : on coupe au malade, la langue, la tête, les mains, n’étant seulement que symboles de l’organe sexuel ; l’identification : Jacques identifie ma personne avec la sienne et celle de sa mère et me fait subir toutes les horreurs dont il croyait sa mère et lui‑même menacés ; la surdétermination : Jacques nous représente le même sujet plusieurs fois, et sous les formes les plus différentes ; et enfin le transfert, qui a joué le rôle principal dans la guérison de notre malade.

Ce qui me semble encore particulièrement intéressant, c’est que Jacques emploie, pour désigner les objets dont il a peur, les mêmes noms que le malade de Freud dans « L’histoire d’une névrose infantile ». Jacques parle des hommes‑loups qui mangent les enfants. Le dessin qu’il en a fait ne laisse aucun doute que ces hommes‑loups ne soient un symbole de son père.

Tantôt ils sont pourvus de langues qui pendent de leur bouche, tantôt ils sont ceux qui mangent les enfants. Chez le malade de Freud, le loup du rêve symbolisait le père, et la scène dans laquelle il l’avait vu dans le rêve, éveille en lui le souvenir du coït de ses parents, observé par le malade avant l’âge de quatre ans.

Je ne crois pas faire fausse route en cherchant le motif du mutisme de Jacques dans la peur qu’on ne lui coupât la langue pour le punir de s’être touché, et dans le besoin d’être puni pour son désir de la mort de son père. Ce mutisme avait donc une double base : la peur de la punition, et la punition qu’il s’était imposée lui‑même.

La guérison que nous avons obtenue après trois mois de traitement nous prouve que l’analyse infantile est d’une durée moins longue que celle des adultes. Anna Freud a raison en disant, dans son livre sur la technique de l’analyse infantile, que le chemin parcouru par l’enfant névrosé n’est pas le même que celui de l’adulte malade. Chez l’enfant, il s’agit d’une névrose actuelle ; nous n’avons pas besoin de briser une vie construite sur de fausses bases et de la reconstruire ensuite ; nous arrivons chez l’enfant, dans un délai beaucoup plus court, aux couches où se trouvent leurs conflits.

Nous avons vu dans notre cas quel rôle avait joué le transfert que Jacques a effectué sur son psychanalyste. Dès que ce transfert se fut produit, Jacques n’eut plus de difficultés à nous révéler ses conflits les plus profonds.

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Fig. 1. — Dessin du 28 octobre 1926.
Sur ce dessin qui a été le point de départ de notre étude, on voit à gauche un petit garçon au regard plein de crainte, qui est sans doute le malade lui-même ; à droite, un homme dont l’enfant a peur ; dans le ciel, la lune (car cette scène terrible a lieu la nuit) et un avion.
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Fig. 2. — Dessin du 5 novembre 1926.
À son chapeau, on reconnaît (troisième personnage à partir de la gauche) le petit garçon qui représente le malade lui-même.
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Fig. 3. — Dessin du 8 novembre 1926.
On retrouve ici la même maison que fig. 1, le même homme à casquette, le même petit garçon. L’homme a la casquette a coupé la tête u petit garçon. Remarquer en outre le train, et les oiseaux volant dans le ciel.
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Fig. 4. — Dessin du 10 novembre 1926.
Remarquer l’expression de visage de la lune : remarquer aussi l’oiseau aux ailes éplorées (même type que fig. 3) s’attaquant au petit garçon.
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Fig. 5. — Dessin du 11 novembre 1926.
Un homme à casquette sonne la cloche d’une église au moyen d’un long bâton dont l’implantation au haut de la culotte est à remarquer. Plus à droite, on voit l’homme pris par une araignée. Tout à fait à droite, une femme terrifiée crie au secours. Remarquer en outre l’oiseau, la lune, l’avion, et un ballon sphérique dans les nuages.
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Fig. 6. — Dessin du 13 novembre 1926.
On voit ici les portraits, ou plutôt les têtes coupées, des deux parents de Jacques ; et, sur la gauche, le « méchant » qui a commis le crime.
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Fig. 7. — Dessin du 14 novembre 1926.
À gauche, les hommes munis de bâtons-pipes. Vers la droite, un homme tue, avec une sorte d’informe couteau, un serpent replié sur soi-même.
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Fig. 8. — Dessin du 18 novembre 1926.
Tout en haut, la lune, à droite, un avion. — Plus bas, on voit encore une fois la lune, à la surface de laquelle trois sinistres hommes à casquette (hommes-loups) se promènent, pour chercher de malheureux enfants qu’ils précipiteront sur la terre. Un peu plus bas à droite, un homme-loups du type tête-pointue auprès d’un bébé au maillot, qu’il va peut-être manger ; en bas, au-dessous d’un oiseau du type déjà connu et d’un avion, est représenté, en gros, un homme-loup du type tête-pointue.
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Fig. 9. — Dessin du 19 novembre 1926.
Dessin fait par Jacques après qu’il eut écouté, avec grande attention, l’histoire du petit Michel. Il voulait avoir un crayon, mais ses résistances l’empêchèrent de le demander autrement que par gestes. Il ne l’obtint pas, mais saisit alors une plume et dessina ce qu’on voit ici. Nous eûmes le 1er février l’explication orale de ce dessin par Jacques lui-même : le petit Michel (traduisons : le petit Jacques) entre une écrevisse et un animal dont Jacques ignore le nom.
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Fig. 10. — Dessin du 19 novembre 1926.
Jacques, invité à expliquer pourquoi il est muet, dessine ce qu’on voit ici : l’homme au couteau veut démolir le moulin.
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Fig. 11. — Dessin du 21 novembre 1926.
La famille du petit Jacques en larmes à cause du mutisme du petit garçon.
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Fig. 12. — Dessin du 21 novembre 1926.
Première apparition nette des scènes de castration : à gauche, l’homme au couteau (ou à la hache) ; au milieu, le petit Jacques ; à droite, détaché du corps du petit garçon, son « ventre ».
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Fig. 13. — Dessin du 21 novembre 1926.
On saisira l’énorme intérêt psychologique de ce dessin, sur lequel le petit Jacques nous représente, d’une façon évidente, les diverses phases d’une scène de castration.
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Fig. 14. — Dessin du 24 novembre 1926.
Jacques en larmes dans son cachot, son mouchoir à la main.
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Fig. 15. — Dessin du 24 novembre 1926.
Le redoutable homme à la casquette, avec son couteau à châtrer.
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Fig. 16. — Dessin du 26 novembre 1926.
À gauche, cette sorte d’église-tour que l’on a déjà vue sur de précédents dessins ; deux hommes armés de bâtons s’en approchent à pas de loup. À droite, la maison connue de nous depuis le tout premier dessin ; près d’elle, deux hommes méchants, en conciliabule. En haut et à droite, la lune.
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Fig. 17. — Dessin du 17 décembre 1926.
On voit, à gauche, la mère de Jacques, au lit, malade. À côté d’elle, la sœur de Jacques qui pleure.
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Fig. 18. — Dessin du 17 décembre 1926.
À gauche et en haut, les fragments épars du corps de Jacques ; vers le milieu, l’église ; et, séparé d’elle par une grande maison, l’homme à la barbe-langue, qui fait ici sa première apparition.
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Fig. 18 bis. — Partie inférieure du dessin fig. 18.
On voit ici une scène de castration ; et, plus bas, le petit Jacques affligé d’être séparé de sa mère.
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Fig. 19. — Dessin du 24 décembre 1926.
L’homme à la casquette coupe la langue à Jacques.
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Fig. 20. — Fragment de droite du dessin du 30 décembre 1926.
La doctoresse Morgenstern (identifiée à la mère de Jacques et à lui-même) est couchée, malade, la face angoissée. Le chirurgien à barbe-langue, muni d’un double pénis (et représentant sans doute le père de l’enfant), a ouvert le ventre de la malade et en arrose l’intérieur (explication orale du 27 janvier 1927). Puis il remettra un os pour remplacer ce qui a été enlevé du ventre. Malgré la présence d’une infirmière et d’une table d’opération à droite du dessin, la signification de cette scène comme coït est à peine voilée.
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Fig. 21. — Fragment de gauche du dessin du 30 décembre 1926.
Jacques subit une opération sur le ventre. (En bas et à droite, son ventre était représenté isolé, comme fig. 12.)
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Fig. 22. — Fragment de droite du dessin du 31 décembre 1926.
Ce dessin représente une personne couchée (que nous avions prise pour un homme), à qui un chirurgien coupe un bras avec un couteau-hache. Selon l’explication orale donnée par Jacques après qu’il eut retrouvé la parole, la personne malade, c’est moi, doctoresse Morgenstern : pour me guérir, on me coupe les mains, qui sont mauvaises parce qu’elle « ont fait des saletés ».
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Fig. 23. — Fragment de gauche du dessin du 31 décembre 1926.
Un chirurgien armé d’un couteau s’approche de la malade couchée ; il va lui couper « les affaires ». — À gauche, une infirmière.
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Fig. 24. — Dessin du 11 janvier 1927.
Jacques au lit, endormi. Auprès de lui, épars, les objets auxquels il rêve.
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Fig. 25. — Dessin du 14 janvier 1927 (fragment).
Jacques, l’homme au bâton qui le bat, et la maison où habite l’homme au bâton.
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Fig. 26. — Dessin antérieur à l’arrivée au Patronage.
Jacques et sa mère, chacun sur leur vase.
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Fig. 27. — Dessin antérieur à l’arrivée au Patronage.
Jacques, debout, pisse dans son pot. Il paraît très gêné.
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Fig. 28. — Dessin antérieur à l’arrivée au Patronage.
Un homme urine dans un vase, auprès d’un petit garçon aux « affaires » coupées.
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Fig. 29. — Dessin du 3 février 1927.
Un soldat à cheval, l’autre à pied, allument, en tirant chacun un coup de fusil, deux « chandelles » dans le ciel. « Ils veulent tuer Dieu », dit Jacques.
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Fig. 30. — Dessin du 28 février 1927.
(À comparer à la fig. 1). Une maison dans laquelle le feu est allumé. La conversation entre l’homme à la casquette et le personnage au chapeau (probablement Jacques) est désormais possible. L’absence de la lune semble indiquer, vu les habitudes du sujet, que la scène se passe de jour.
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Fig. 31. — Dessin antérieur à l’arrivée au Patronage.
De droite à gauche : Une tête coupée, qui ressemble à celle du personnage voisin, à ceci près qu’elle porte le melon propre aux adultes ; — un personnage absolument semblable au petit garçon de la figure 1, et semblant ici être celui qui a coupé la tête ; c’est-à-dire qu’il a coupé la tête à son père ; — trois hommes à casquette, du type bien connu par maints autres dessins.

P.-S.

Texte établi par PSYCHANALYSE-PARIS.COM d’après l’article original de Sophie Morgenstern, « Un Cas de Mutisme Psychogène », Revue Française de Psychanalyse, Première année, T. I, n° 3, Éd. G. Doin et Cie, 1927, pp. 492-504.

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