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 Un espace pour la critique... 
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Message Un espace pour la critique...
...Pour tenter de rompre avec une attitude si tristement célèbre chez les freudiens et lacaniens, une attitude carbonisée même, celle du refus de la critique externe à leur mouvement, sans parler des autres conséquences détestables de ce refus sur la qualité des débats, comme l'attaque ad hominem, l'arrogance, la condescendance, la mauvaise foi, etc.

Qui osera, ici, poser des "pavés dans la mare", des "cocktails molotov" critiques, sans tout de suite se faire taxer explicitement, ou à mots couverts, de névrosé, de résistant, d'antisémite masqué, etc, etc. ?

Qui donc osera contester le Totem freudien et enfreindre ses tabous, quitte à être polémique, audacieux, insolent, et même virulent ?

Moi, peut-être ?.. :twisted:

Car les freudiens et les lacaniens, tente de singer la critique, ils tentent de l'imiter, de "faire comme si", pour "faire bien", et donner l'impression qu'ils sont réellement ouverts aux débats d'idées. Oui...mais à condition d'opérer en vase clos, entre "initiés", entre déjà convertis et à l'esprit déjà formaté pour être d'accord avec eux, bien sûr...

Je ne serais pas l'avocat du Diable. Mais j'essaierai d'être le Diable.

Je vais donc commencer par une petite mise en train, en douceur, puisque je vais prendre l'avis d'un personnage de la "maison", en me servant des propos du psychanalyste Pierre-Henri Castel, tirés de son dernier livre "A quoi résiste la psychanalyse" (titre au demeurant fort subtil, mais qui a bien du mal à cacher le projet de dédouaner la psychanalyse de ses défauts, avec le secours...de la théorie psychanalytique des résistances. Ainsi, comme toujours, à l'image de son Père fondateur, la psychanalyse ne s'autorise que d'elle même, l'affiche sans complexe (...), sans même se douter que c'est là l'un des principaux points sur lequel il faut la critiquer). Ce n'est qu'après cette première mise en train que j'attaquerai avec des critiques externes. Mais lisons Castel :

« Remontant vingt-cinq ans en arrière, j'aimerais surtout rendre sensible ceci : affirmer que la psychanalyse, dans tous les pays et dans toutes ses variantes cliniques et théoriques, traverse aujourd'hui une crise majeure, peut-être terminale, n'est nullement une exagération née d'un manque de recul. Le recul est là (en gros, le quart de la vie de la discipline elle-même), et le constat sans équivoque. Car depuis vingt-cinq ans, tant le prestige scientifique, voire tout simplement intellectuel, que clinique et thérapeutique, sans oublier le pouvoir d'attraction culturelle de la psychanalyse, ont fondu comme neige au soleil. Etrangement, la gravité de la crise n'est guère sensible aux psychanalystes eux-mêmes : ils forment en effet depuis les années 1960 un milieu professionnel qui s'isole, pour des raisons à discuter, telle une élite au coeur de la nébuleuse contemporaine des métiers psychologiques que les sociétés développées ont fait proliférer à diverses fins, et ces métiers, ainsi que les formations qui y conduisent, continuent à lui rendre un culte révérencieux. Au sein donc des sociétés de psychanalystes, on se coopte, on discute, on publie, et même parfois, on se cite. Mais c'est là une vitalité en vase clos ; il suffit de comparer les revues de psychanalyse, de sciences humaines et de psychiatrie des années 1960 à leurs héritières actuelles pour mesurer l'ampleur des dialogues rompus et les ignorances insoucieuses. Certes, ce n'est pas en France, ni en Argentine, qu'on trouvera les signes les plus douloureux de la désaffection dont je parle. En revanche, partout où ne subsiste que sa dépouille idéologique, le freudisme, celui-ci ne suscite plus que sarcasmes. Enfin, il serait trompeur de croire que la langue et la vie de tous les jours, en incorporant tant d'expressions freudiennes dans la justification de nos attitudes psychologiques (Untel "refoule", "dénie", et pensez aux nuances "hystériques" qu'on sait si bien détecter dans la sexualité ou l'agressivité d'autrui), prouvent par là le caractère acquis, voire l'indéracinable du savoir freudien. »


Jeu Aoû 28, 2008 2:10 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
Critical Mass a écrit:
Je ne serais pas l'avocat du Diable. Mais j'essaierai d'être le Diable.


Vous n'êtes pas le diable, vous êtes la morale incarnée ! Faut pas confondre ! :lol:

Au revoir ! :lol:


Jeu Aoû 28, 2008 4:07 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
Il a été banni? supprimé?

Peut-on savoir pour quelles raisons?

Certes le ton était offensif... mais le débat pouvait valoir d'être mené? enfin je trouve...


Jeu Aoû 28, 2008 7:50 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
col chic a écrit:
Peut-on savoir pour quelles raisons?


Mais elles sont clairement exprimées dans le tournage en rond obsessionnel de notre ami : Le désir d'être une merde comme dit Lacan, voilà qui mérite que l'on se mette de biais ! Qu'en pensez-vous col-chic ?

bien à vous,
cb.


Jeu Aoû 28, 2008 8:35 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
cb en pleine forme dès la rentrée :D :D :D

:D mfc


Jeu Aoû 28, 2008 8:57 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
mfc a écrit:
cb en pleine forme dès la rentrée

:lol: Pour ceux ou celles qui n'ont pas compris que notre ami était un chieur (c'est le cas de le dire :lol:… ) ce petit lien vous amusera : (je retire le lien : notre ami étant également procédurier… comme il se doit :lol: :lol: :lol: )

Ah non ! tirer pas la chasse ! :lol: Bref : inintéressant au possible !
@+,
cb.


Jeu Aoû 28, 2008 9:06 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
Effectivement interessant, mais nous n'avions pas le lien entre le pseudo ici et le pseudo du blog.
De toute façon, tu n'as pas à te justifier. :wink:
Bon, tu nous a ramené quoi de tes longues et joyeuses vacances? :D
bises
mfc


Jeu Aoû 28, 2008 9:23 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
cb a écrit:
col chic a écrit:
Peut-on savoir pour quelles raisons?


Mais elles sont clairement exprimées dans le tournage en rond obsessionnel de notre ami : Le désir d'être une merde comme dit Lacan, voilà qui mérite que l'on se mette de biais ! Qu'en pensez-vous col-chic ?

bien à vous,
cb.


Le rond et l'obsessionnel d'accord, sans doute, "voire en effet" :shock:... au regard du lien que vous envoyez ensuite. Oui.


Bon par contre le sujet n'est pas fermé... alors?! :idea: on critique la psychanalyse ici??? :D

Par ailleurs, cette histoire de désir d'être une merde selon Lacan, je n'en avais jamais entendu parler, je vais, si je ne suis pas trop-nulle-à-chier-dans-les-jours-et-moments-qui-viennent, tenter de me renseigner.


Bonne soirée.


Jeu Aoû 28, 2008 10:01 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
Un espace pour la critique ? L'analyse c'est quoi d'après vous ? Un espace pour la critique ? Ou un espace pour son auto-critique ? N'importe quel péquenaud critique tout aujourd'hui ! C'est le comble du narcissisme ça ! (Ramener tout à soi, c'est ça la critique !) L'analyse, c'est pas la critique, l'analyse c'est la subversion… Et c'est pas pareil !

Pour la phrase de Lacan, c'est tout simplement dans les Écrits-ics :wink:


Jeu Aoû 28, 2008 10:33 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
Coucou Mf et Col Chic

Je voulais dire que c’est moi qui ai alerté Christophe de ce message, et donc je me sens en partie responsable du bannissement de Critical Mass.

Je ne sentais pas son message, et je ne savais pas s’il fallait lui répondre ou pas.

Amitiés
Ingrid


Jeu Aoû 28, 2008 11:36 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
Critical mass, critical mass … j’y suis ! : http://fr.youtube.com/watch?v=AC7khuwqVmQ Il y a comme une odeur de merde effectivement.


Ven Aoû 29, 2008 7:07 am
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Message Re: Un espace pour la critique...
:lol: Enfin là c'est une belle merde, avec tout ce qui faut là où y faux :wink:


Ven Aoû 29, 2008 8:57 am
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Message Re: Un espace pour la critique...
"Critical Mass" faisait une proposition honnête et courageuse à plus d'un titre. Tout d'abord il joue cartes sur table en affichant clairement son parti pris contre la psychanalyse, sans aucun faux-semblant. Ensuite il vous propose une discussion critique, mais en sortant des sentiers battus. C'est-à-dire en se basant sur les critiques externes au mouvement freudien et à la psychanalyse. Le genre de critiques que vous avez l'habitude de taxer de malades, de fascistes, d'antisémites, et maintenant de "merde".....

Je note que "Critical Mass" ne vous a insulté en aucune façon sur ce forum et qu'il avait seulement tenté de chercher une confrontation directe des idées avec vous.

La façon dont il a été insulté constitue un tel décalage avec les prétentions de votre "corps de métier" à être les soi-disant représentants de la santé mentale, de l'équilibre, des Lumières, de l'ouverture d'esprit, et bla-bla-bla, qu'elle en révèle de façon tout à fait claire votre imposture, donc votre charlatanisme. Mais il y a aussi d'autres corollaires, si je puis dire. Cette attitude confirme à merveille :

.votre fanatisme ;
.votre esprit sectaire, clos, fermé à toute critique externe ;
.le caractère totalement pseudoscientifique de votre discipline, une escroquerie à grande échelle qui jouit encore d'un statut impérial dans la société française ;
.votre haine. Votre haine contre tous ceux qui tentent rationnellement de s'opposer à vous, et de vous montrer tels que vous êtes : des charlatans.
.votre lâcheté. Comment pouvez-vous vous regarder dans une glace (ou votre miroir, à vous de choisir), après ce que vous avez fait ? Insulter de cette façon-là, puis ôter à votre adversaire toute possibilité de vous répondre. Vous êtes en dessous de tout. Ce serait bien que vos clients (si vous en avez) connaissent vos identités personnelles pour qu'ils puissent réaliser les cuistres que vous êtes, les charlatans, les imposteurs, vous fuir, et vous obliger à fermer votre boutique.

Et ce "cb" qui se dit être un "modérateur"...Mais modérateur de quoi au juste ? C'est par lui qu'est venu l'insulte, encouragée par toute la racaille qui survit dans ce forum.

Vous avez bien mérité que je recopie un des textes de "Critical Mass" :

CHARLATANS...

La logique du charlatan...Qu'elle est -elle ? Pour en savoir plus, consultez ce lien qui vous renvoie à un article remarquable écrit par William T. Jarvis, Ph.D. et Stephen Barrett, M.D. Cet article s'intitule : Comment le charlatanisme réussit ? A lire de toute urgence avant notre petite synthèse où, comme vous le constaterez, nous avons utilisé des arguments des auteurs.

Evidemment, je pense que Freud était un charlatan, et Lacan encore plus. A travers ce texte, je pense aussi que ceux qui ont pratiqué, en tant que patients, la psychanalyse pendant des années, et qui en sont sortis au même point qu'avant (ou pire, parce que ruinés ou déprimés) reconnaitront les stratagèmes des freudiens. Tout y passe, de l'utilisation de la vanité au dénigrement systématique des rapports d'évaluation comme celui de l'INSERM. Je n'ai pas souhaité, pour le moment, démontrer les ressemblances directes qu'il y a entre les éléments du texte et les freudiens car je pense qu'ils apparaîtront d'eux-mêmes avec suffisamment d'évidence et de clarté.

Ce mot vient du verbe italien chiarlare, qui signifie parler avec emphase. Les charlatans sont donc souvent considérés comme de « beaux parleurs », capables d'escroquer leurs victimes grâce aux artifices de la rhétorique ou à des théories dont les vices internes (comme des sophismes) sont dissimulés. Le Tartuffe de Molière est un exemple de ce type de charlatan.

Le charlatan redoute avant tout d'être démasqué en tant que tel. Ce qui explique qu'il tente toujours de vendre des objets ou des théories qui sont très difficiles sinon impossibles à réfuter, d'où l'utilisation constante de divers stratagèmes, qui soit ont pour fonction d'immuniser davantage le charlatan et son produit de la réfutation, soit qui consistent à imputer aux diverses déficiences de l'observateur (comme son intelligence, son état de santé, ou ses qualités morales), déficiences dont l'invention de circonstance fait partie des stratagèmes du charlatan, le fait de n'avoir pu constater l'échec ou la réussite (selon les cas) de ce que le charlatan a à vendre ou à montrer, puisque son but est de parvenir à faire croire en l'existence de ce qui n'existe pas (un objet, des qualités d'un objet, un phénomène, etc.) afin d'en retirer le maximum de bénéfices.

L'autre caractéristique du charlatan est donc de faire la promotion de quelque chose d'exceptionnel ou de capable de parvenir à des fins exceptionnelles facilement et avec peu de science, en utilisant seulement les moyens de l'homme de la rue (le bon sens, l'évidence, le ressenti, le raisonnement inductif...). C'est la raison pour laquelle le charlatan se croît souvent lui-même doté d'un savoir supérieur, lui donnant réponse à tout, en se protégeant par une attitude qui consiste à ne jamais reconnaître ses torts ou les défauts de ce dont il veut faire la promotion.

Le charlatan fait appel à la vanité de ses victimes (il faut être suffisamment intelligent, sensible, la psychanalyse soigne tout sauf la connerie disent les lacaniens, etc.) qui doivent admettre les qualités exceptionnelles et cachées de ce qu'il à a vendre. Il utilise aussi la peur en inventant de fausses maladies, de faux souvenirs (...), ou de faux problèmes qu'il est urgent de résoudre et dont il possèderait le remède infaillible. Il utilise l'espoir des malades de sortir enfin de leurs problèmes les plus graves. En cela, en créant de faux espoirs, le charlatanisme revêt ici sa pire forme, car il peut détourner les malades des traitements vraiment efficaces. Ils utilisent également des trucs cliniques consistant à présenter son produit à côté de traitements efficaces en utilisant l'argument de l'alternative. Il est donc particulièrement habile à créer la confiance. Le truc de l'alternative lui permet de pouvoir blâmer le traitement orthodoxe si le sien ne réussit pas.

L'un des aspects les plus remarquables du charlatan est donc la décharge de responsabilité. Ce n'est jamais de sa faute, ni de son produit, mais toujours celle du malade. De plus, plutôt que de vous proposer de guérir, il utilise des arguments justifiant que sa théorie n'a pas pour but de guérir (selon le psychanalyste Alfred Erbs, par exemple, « guérir est un terme médical, pas un terme analytique...»), ce qui requiert des preuves bien plus difficiles à obtenir parce que reposant sur des critères plus observables et précis, mais de vous aider à vous découvrir, et à comprendre. Et là, il ne peut échouer puisqu'il peut toujours imputer aux déficiences intellectuelles de son malade ou à une durée insuffisante de son traitement miracle, le fait que le malade n'est pas encore réussit à s'épanouir ou se comprendre lui-même.

Les charlatans sont en combat permanent avec les professionnels de la santé légitimes, les chercheurs, les agences de règlementation, et les groupes de protection du consommateur ou même les associations de consommateurs pouvant demander des évaluations, et pour cause ! Que l'on se souvienne de l'incroyable caca nerveux de masse provoqué par le Rapport de l'évaluation des psychothérapies de l'INSERM chez la gent freudo-lacanienne française, caca nerveux qui n'en finit pas de pétarader encore aujourd'hui sous la houlette de Monsieur Karim SARROUB par exemple.. Malgré la force de cette opposition d'ordre scientifique, le charlatanisme jouit de sa popularité. Pour cela il utilise le mensonge et la désinformation.

Le charlatan aime à dire que la science n'a pas toutes les réponses, bien qu'il n'hésite pas, quand il le souhaite, à utiliser frauduleusement le label de scientificité pour vendre son produit, ou alors présenter son opposition par rapport aux vraies sciences médicales comme une sorte de conflit philosophique, plutôt qu'un conflit de méthodes prouvées versus des méthodes frauduleuses, créant ainsi l'illusion d'une guerre de croyance plutôt que d'un conflit qui pourrait être résolu en examinant les faits.

Les faits, c'est ce que redoute aussi beaucoup le charlatan qui pense parfois se réfugier derrière l'argument selon lequel son produit ne s'évalue pas ou ne peut se prêter, du fait de sa nature, à des évaluations. Le charlatan tente donc le plus souvent de vendre un produit aux qualités mystérieuses et évanescentes, qualités d'autant plus valides à ses yeux qu'elles sont justement mystérieuses, inaccessibles à un non-initié, c'est-à-dire quelqu'un qui n'a pas été formaté pour être d'accord avec lui...Le produit typiquement charlatanesque est donc celui qui échappe toujours, tel un gaz, à celui qui tente de l'attraper, qui n'aura jamais assez de subtilité, d'intelligence, de culture, d'expérience, qui sera toujours « à côté », etc. Mais ce gaz c'est le charlatan qui le souffle dans la direction qu'il veut en fonction des circonstances et du client, dans le but de produire un tout autre type de gaz, le « gaz hilarant » des freudiens, c'est-à-dire, le fric. C'est pour cela que par exemple, la psychanalyse, est adaptée à chaque cas, et qu'il peut y avoir autant de psychanalyses que d'individus, écrivent sans faiblir les psychanalystes. Dans ces conditions comment voulez-vous réussir à choper et à comparer la psychanalyse (d'ailleurs un psychanalyste assez courageux et honnête comme André Green prétend que la psychanalyse française n'est qu'un mythe...) dans les mailles d'un filet qui serait assez objectif pour tenter de la saisir et de l'évaluer. On est finalement tenté de croire Mikkel Borch-Jacobsen lorsqu'il écrit que la psychanalyse cela n'a jamais existé et que ce n'est qu'une auberge espagnole, une théorie zéro.

Par conséquent, le charlatan est par définition quelqu'un de « gonflé », dans tous les sens du terme...

Une autre tactique de diversion est d'accuser ceux qui critiquent le charlatanisme d'être biaisés ou d'avoir été « achetés » par les compagnies pharmaceutiques.

Le charlatan est souvent un individu qui opère de manière isolée afin de mieux mettre en exergue le caractère unique et exceptionnel de ce dont il veut faire la promotion, ce qui lui permet aussi de mettre plus facilement des obstacles à toute procédure d'examen critique indépendant qui risquerait de révéler son escroquerie. Le jugement critique et l'indépendance d'esprit sont donc des ennemis que le charlatan doit être capable d'affronter.

Le charlatan aime souvent faire des prédictions que personne n'oserait réaliser. Ces théories sont présentées de manière à ce qu'il puisse toujours les réussir parce que ce sont des théories fondées sur un déterminisme qui exclut le hasard ou formulées de telle sorte à ne pouvoir jamais être contredites par les faits. Tout son art consiste alors à masquer ce défaut pourtant rédhibitoire, ou, plus audacieux encore, à le présenter comme la force qui distingue justement ses théories sans se douter qu'au lieu d'être une force, c'en est plutôt la faiblesse essentielle. Et puis les prédictions des charlatans sont le plus souvent des pseudo-prédictions parce qu'elles sont tellement probables qu'elles ne peuvent échouer, ou bien encore parce qu'il les maquille en rétrodictions ou en interprétations.

En somme, l'essentiel des trucs utilisés par le charlatan se basent sur la désorientation de leurs victimes.

Pour terminer, nous invitons maintenant tous ceux qui osent dénoncer le charlatanisme et le combattre, à bien lire ces deux citations. L'une est de La Bruyère dans son livre Les caractères (...) ; l'autre est de John Locke (cité par Jacques Bouveresse dans son livre Prodiges et vertiges de l'analogie). Elles s'appliquent parfaitement aux charlatans auxquels nous pensons sur ce blog...

« Il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde ». (John LOCKE, cité par Jacques BOUVERESSE in: "Prodiges et vertiges de l'analogie". Édition: Éditions raisons d'agir. Paris, octobre 1999).

« Il n'y a rien de plus bas, et qui convienne mieux au peuple, que de parler en des termes magnifiques de ceux mêmes dont l'on pensait très modestement avant leur élévation. » (in : La Bruyère, « Les caractères ». Edition : Classiques de Poche. 1995, page : 452).


Ven Aoû 29, 2008 11:10 am
Message Re: Un espace pour la critique...
En principe, la diffamation est punie par la loi. Et cela vaut aussi pour vous.


Ven Aoû 29, 2008 11:11 am
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Inscription: Mer Nov 01, 2006 1:01 pm
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Message Re: Un espace pour la critique...
:lol: :roll: :lol:

Tiens j'ai retrouvé la phrase exacte de Lacan :

… «Croire que le scybale est un objet nocif en lui-même, est seulement un leurre ordinaire de la compréhension. (…). Mais la demande d’être une merde, voilà qui rend préférable qu’on se mette un peu de biais, quand le sujet s’y découvre. Malheur de l’être, évoqué plus haut.» (Jacques Lacan, La direction de la cure et les principes de son pouvoir, 1958).

Au revoir ! :wink:


Ven Aoû 29, 2008 11:20 am
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