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La madeleine
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Auteur:  Xpaste [ Sam Nov 28, 2009 4:39 pm ]
Sujet du message:  La madeleine

Bonjour,

J'imagine que ma question est loin d'être neuve, mais je me demandais, et le demande ici,
s'il y a eu des études psychanalytiques sur la réminiscence proustienne et son plaisir ?

Merci pour vos lumières.

Xpaste

Auteur:  am13 [ Dim Nov 29, 2009 2:07 am ]
Sujet du message:  Re: La madeleine

Xpaste a écrit:
Bonjour,

J'imagine que ma question est loin d'être neuve, mais je me demandais, et le demande ici,
s'il y a eu des études psychanalytiques sur la réminiscence proustienne et son plaisir ?

Merci pour vos lumières.

Xpaste


c'est marrant, j'dois justement faire un exposé sur "inconscient et conscience" dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs...

j'n'ai pas beaucoup cherché mais y'a au moins Le Temps sensible de Julia Kristeva qui l'aborde...

de manière générale, le héros proustien fonctionne par projections inconscientes et a une puissance symptomatique rare, qui tourne parfois à l'érotomanie...

Auteur:  Xpaste [ Dim Nov 29, 2009 4:19 pm ]
Sujet du message:  Re: La madeleine

am13 a écrit:
j'n'ai pas beaucoup cherché mais y'a au moins Le Temps sensible de Julia Kristeva qui l'aborde...

Bonjour,

Je ne connais pas ce livre, merci de me le signaler.
Il y a aussi la série de livres de Georges Poulet Etudes sur le temps humain (tomes 1 et 4).
am13 a écrit:
de manière générale, le héros proustien fonctionne par projections inconscientes et a une puissance symptomatique rare, qui tourne parfois à l'érotomanie...

Ah ?
Mais je voudrais revenir sur l'instant précis où le héros proustien mange sa madeleine trempée dans du thé, et se sent submergé par une émotion.
Et là :
- il comprend que ce n'est pas simplement la saveur d'une madeleine trempée dans du thé qui est susceptible de le mettre dans un état comme cela ;
- il ne comprend pas la véritable origine de cette émotion ;
- cette émotion est avant tout placée sous le signe du plaisir ;
- il entreprend, par une réflexion consciente, de retrouver un souvenir ancien qu'il subodore être à l'origine de cette émotion, mais ce souvenir lui échappe pendant un bon moment (un peu comme l'effet mot-au-bout-de-la-langue).

Ensuite :
- il parvient enfin à se souvenir d'un instant comparable de son enfance ;
- il élabore l'idée (dans Le temps retrouvé) que ce rapprochement entre deux moments différents de son existence le tire hors du temps, donc en dehors de la perspective de sa mort à venir, donc en dehors de la peur de la mort ; d'où plaisir.

D'où ma triple question :
- Proust a-t-il trouvé la bonne réponse à sa propre question : est-ce en effet le rapprochement entre deux moments différents de l'existence qui peut sortir le sujet "hors du temps" ; et est-ce cette "sortie du temps" qui permet d'échapper à la perspective et la peur de la mort ; et est-ce cet échappement à la peur de la mort qui peut être source de plaisir ? (personnellement, j'ai de sérieux doutes.)
- Admettons que ce processus soit juste ; il a été élaboré laborieusement par la conscience pendant une longue durée de réflexion ; mais est-ce que l'inconscient est susceptible d'avoir effectué le même travail instantanément, au moment-même où le narrateur a eu le morceau de madeleine en bouche ?
- Si ce processus évoqué par Proust n'est pas la bonne explication, alors qu'en est-il ?

Je crois avoir entendu parler d'un texte de Freud évoquant la réminiscence d'un souvenir en haut de l'Acropole. S'agit-il de la même question ? Connaîtriez-vous alors la référence précise de ce texte ?

Xpaste

Auteur:  am13 [ Dim Nov 29, 2009 5:43 pm ]
Sujet du message:  Re: La madeleine

Allez voir le livre de Kristeva, elle écrit longuement sur cet épisode et sur vos questionnements... :wink:

Ce rapprochement, c'est le principe de la métaphore. Cette dernière est un mode de projection inconsciente consistant à présentifier... C'est cette présentification qui évide le temps pour le héros, elle coupe la continuité du temps par la vie (Proust insiste sur la VIE), c'est le temps réel, "pulsation temporelle" (Lacan) qui sort du temps puis rentre dans le temps lorsque l'horizon de la mortalité refait surface par la conscience... Evidemment, cette impression d'atemporalité est jouissive, jouissance de la vie...
Mais le processus pénible de conscientisation que vous évoquez n'est pas, à mon sens, ce qui lui donne cette jouissance, au contraire : la réflexion temporalise par métaphores alors que l'inconscient lui avait donné cette impression épiphanique de jouissance...
En fait, le narrateur proustien est la conscience du héros proustien, le premier analyse les épiphanies du second...

Auteur:  Marie [ Mar Déc 01, 2009 4:53 am ]
Sujet du message:  Re: La madeleine

Citation:
mais est-ce que l'inconscient est susceptible d'avoir effectué le même travail instantanément, au moment-même où le narrateur a eu le morceau de madeleine en bouche ?



oui, c'est l'objet a

Auteur:  Xpaste [ Mar Déc 01, 2009 1:29 pm ]
Sujet du message:  Re: La madeleine

am13 a écrit:
Allez voir le livre de Kristeva, elle écrit longuement sur cet épisode et sur vos questionnements...

Bonjour,

Ca y est, le livre est acheté.
Au travail, maintenant...

Merci.

Xpaste

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