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 KLINIKEN de Lars Norén 
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Message KLINIKEN de Lars Norén
KLINIKEN
de Lars Norén

mise en scène de Jean-Louis Martinelli
Du mardi 6 mars au dimanche 8 avril 2007
Théâtre Nanterre-Amandiers – Salle transformable


Dossier de présentation
contact relations publiques
Catalina DIAZ-LECOQ
01-46-14-70-12
c.diaz@amandiers.com
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horaires
du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30 (relâche lundi)
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prix des places : de 10 à 24 euros
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Théâtre Nanterre-Amandiers
7, avenue Pablo-Picasso
92022 Nanterre
RER Nanterre-Préfecture (ligne A)
Navette assurée par le théâtre avant et après les représentations
site : http://www.nanterre-amandiers.com

Kliniken
Texte : Lars Norén
Texte français : Arnau Roig-Mora, Jean-Louis Martinelli, Camilla Bouchet
Mise en scène : Jean-Louis Martinelli

Scénographie : Gilles Taschet
Lumière : Marie Nicolas
Son : Jean-Damien Ratel
Costumes : Patrick Dutertre
Maquillage et coiffures : Françoise Chaumayrac
Video : Stéphane Lavoix
Assistante à la mise en scène : Amélie Wendling

avec
Mohammed : Charles Bénichou
la mère de Roger : Brigitte Boucher
Birgit : Séverine Chavrier
Markus : Emmanuel Faventines
Roger : Zakariya Gouram
Anne Marie : Judith Henry
Maud : Sylvie Milhaud
Tomas : Vincent Macaigne
Sofia : Agathe Molière
Erika : Caroline Proust
Anders : Eric Caruso
Martin : Abbès Zahmani
Harry

Le texte Kliniken est publié aux éditions de l’Arche.
Production : Théâtre Nanterre-Amandiers

Introduction

Comme souvent dans les manuscrits du dramaturge suédois le plus estimé depuis August Strindberg, certaines répliques restent dans vos pensées pendant des jours, peut-être même des années après les avoir entendues pour la première fois. (Gunnar Rehlin)

Dans la pièce Kliniken, les patients et l'environnement de l'hôpital psychiatrique donnent une image effrayante de notre temps. Lars Norén montre aussi un nouveau pathos socio-politique. Il nous dévoile les gens au fond de notre société et comment nous sommes tous dans une “maison” qui commence à s'écrouler. C'est une effrayante, terrible et brillante pièce d'aujourd'hui. (Jury du Nordic Drama Award)

Cette saison sera l’occasion d’un nouveau rendez-vous avec Lars Norén, l’immense auteur suédois accueilli à deux reprises aux Amandiers (La Mouette en 2002, Guerre en 2003) et dont Jean-Louis Martinelli a créé en France, la pièce fleuve Catégorie 3 :1 avec laquelle il signait son arrivée à la direction du Théâtre des Amandiers.

Kliniken appartient au même cycle de pièces que Catégorie 3 :1, pièces où Lars Norén explore les marges et de ces marges nous livre un regard décapant sur le monde.

Kliniken n’est plus un texte qui dénonce, c’est un texte qui éclaire nos comportements, nos douleurs, nos souffrances en donnant la parole à ceux qui communément l’on nomme « les fous » dont les paroles sont souvent plus libres que celles des gens normaux (« les normopathes ») et après tout, comme nous le dit Pascal, « les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou ».

La quinzaine de personnages de la pièce sont réunis dans le foyer d’une clinique psychiatrique, lieu de rassemblement pour ces hommes et ces femmes exclus de la société. Les dialogues toujours brillants et souvent très drôles attestent de façon magistrale de la lucidité et de la santé flamboyante de ces exclus.

En 1998, Lars Norén reçoit le Nordic Drama Award remis tous les deux ans à un auteur scandinave pour Kliniken pièce chorale, pièce folle.

« C’est la maladie du corps social qui est sur scène. »

La pièce : Kliniken

Espace commun d'une clinique psychiatrique, lieu de rassemblement pour les hommes qui ont été exclus par l'économie sociale et apparemment ne sont pas pressés d'y retourner. Parmi eux, Martin qui a réussi dans la pub avant d'apprendre qu'il était séropositif. Sa femme et ses enfants l'ont quitté et il s'est effondré. Maud, une secrétaire de 52 ans souffre de dépression nerveuse chronique, cela empire tous les 2 ans. Markus, schizophrène est là depuis toujours. Mohammed attend la réponse à sa demande d'asile, sa famille a été massacrée par ses voisins serbes. Roger, skinhead, a tendance à insulter sauvagement et à agresser les autres. Sofia, anorexique, 18 ans, se sent déjà très vieille. Un animateur affirme être leur infirmier, mais finalement qu'importe, la différence est le fruit du hasard. Les 13 personnages de Kliniken vivent dans leur bulle et tournent autour de leur propre nombril.

Dans cette pièce documentaire, Lars Norén fait le constat de la maladie de la société et atteste de la santé flamboyante de ceux que l'Etat a déclaré fous. Eux, en effet, poursuivent "à l'intérieur" ce qui est valable à l'extérieur : la théorie néodarwiniste et néolibérale de la loi du plus fort. En creux, cette plongée dans l’univers de la folie nous désigne une autre maladie, la norme, corollaire nécessaire de notre désir enfoui d’une société pure et fonctionnelle.

L’auteur : Lars Norén

« Le public et les acteurs doivent respirer ensemble, écouter ensemble.
Dire les choses en même temps. Je préfère un théâtre où le public se penche en avant pour écouter à celui qui se penche en arrière parce que c’est trop fort ». (Septembre 2002)

Comme beaucoup d’écrivains scandinaves, Lars Norén, né en 1944, a commencé par écrire des poèmes. Son premier recueil date de 1963. L’année suivante, à l’age de 20 ans, il est interné en hôpital psychiatrique. Diagnostic : schizophrénie. Traitement : hibernation et chocs électriques.

Les années 70 le voient écrire ses premiers romans tout en continuant l’aventure poétique. Puis, il délaisse peu à peu ses deux formes au profit du théâtre. Dans cette œuvre dramaturgique se découpent quelques ensembles composés de pièces disparates dont les thèmes et la forme se font écho : Les Pièces mortes collection d’oeuvres théâtrales sur la mort, Morire di Clase, trilogie en cours d’achèvement qui se penche sur les marginaux créés par la société contemporaine. Norén inaugure là un nouveau tournant dans son œuvre en se penchant brutalement sur la face sombre de notre société. Kliniken entre en résonance avec cette trilogie en ajoutant l’enfermement à la marginalité.

« La seule chose que nous savons est que nous avons à oser explorer le monde hors théâtre et hors scènes théâtrales. Nous devons aller dans les prisons, dans les égouts, dans les endroits de réadaptation des victimes de tortures, dans les camps de réfugiés, dans les écoles et les maisons de retraite. Nous devons nous adresser à ceux auxquels nous voulons parler directement – la seule chose ayant un sens est d’aller en face de notre camarade. » (Lars Norén)

Entretien avec Jean-Louis Martinelli

Comment placeriez-vous l’écriture de Norén dans le paysage théâtral ?

Le danger quand on monte un auteur ou qu’on écrit une biographie, c’est de dire c’est le plus grand auteur du siècle ! Je ne lis pas assez de théâtre, j’en lis beaucoup mais je n’ai pas la prétention de connaître suffisamment le répertoire du théâtre européen. Ce que je peux dire c’est que parmi ce que je connais et les auteurs que j’ai monté, c’est pour moi une rencontre aussi forte que celle que j’ai eu avec Müller, Céline, Pasolini. Je le mets à cet endroit là. C’est quelqu’un qui donne de grands coups de pied au cul dans la marche du monde, avec une économie de moyens qui génère une poétique très surprenante. Je crois que ce n’est pas par hasard s’il a appelé une de ses pièces Détails. Pièce dans laquelle il s’intéresse aux premiers signes de séduction, de rapports amoureux et aux premiers signes de dérapages et de fin des histoires. Je pense qu’il y a beaucoup de choses chez lui qui jouent sur les détails, même dans ses grandes fresques. Ça ne se situe pas dans la généralité. D’abord parce que chaque personnage est singulier, mais aussi parce qu’il s’attache à des petites choses. Oui, cela avance comme cela.

Avez-vous déjà travaillé sur la folie, la maladie mentale ?

Un des premiers textes que j’ai monté en 1978 était Lenz, la nouvelle de Büchner, qui est un magnifique essai sur la schizophrénie. Il était question que je travaille avec des malades dans un hôpital de Lyon et je n’ai pas voulu y aller, parce que je ne me sentais pas équipé, parce que je ne suis pas thérapeute. Même si je dirais qu’à des moments on peut, face au travail lui-même, face aux acteurs, face à l’autre simplement, se retrouver dans la position du thérapeute qui porte un diagnostic, mis à part que moi je n’ai pas à m’intéresser au traitement ! Je vais simplement m’intéresser à ce que l’acteur produit. C’est là qu’on pourrait dire qu’il y a quelque chose de proche. La semaine dernière, j’ai travaillé avec des gens du CASH de Nanterre. Après, on peut s’interroger et savoir s’il n’y a pas de vertu justement thérapeutique induite par le fait de ne pas se poser comme thérapeute. J’ai travaillé avec eux comme avec des acteurs. En mettant une pression forte sur ce qu’il fallait produire et faire. On a vu des choses sortir qu’on n’avait jamais vues. Avec des gens qui soi-disant ne parlent pas et qui, en quatre jours, sortent un texte d’une demi-page. Et le disent debout, face aux autres. Bien sûr, dans la durée, je pense que le processus ne tiendrait pas.

Ce qui me frappe dans Kliniken, c’est qu’il n’y a pas de personnel soignant. Cela me fait penser à ce que dit Jean Oury, le psychiatre de La Borde, à savoir qu’une partie du traitement se fait de malade à malade. Et c’est ce qu’on voit dans la pièce, ça parle beaucoup, les réponses sont parfois dures mais il n’y a pas de jugement et c’est cela que je trouve formidable, il n’y a pas d’instance de jugement. Les choses sortent. On est presque face à une analyse de groupe. Et en même temps, au bout du compte, il y a une forme de respect qui circule entre tous ces êtres.

Y a-t-il des limites à représenter la folie sur un plateau ?

Il n’y a aucune limite. Simplement on est là pour organiser des signes, je ne suis pas là pour créer un miroir du réel, je suis là pour produire des signes qui renvoient au réel. Si j’organisais le réel, je prendrais des malades, avec leurs propres textes et voilà, on fait de la télé-réalité ou du théâtre-réalité. Alors, comment rendre compte de la folie ? On peut le faire par une exagération du réel, mais ça ne m’intéresse pas. Je pense qu’à ce niveau-là, les rapports, les situations, la langue nous aident.
Il en irait de la représentation de la folie comme de la représentation de la violence. Si j’ai à représenter un viol sur scène ou quelqu’un qui en égorge un autre... Si un acteur arrive avec une tronçonneuse sur scène et coupe la tête d’un autre : d’abord, cela ne sert à rien car personne ne va le croire, et le lendemain dans les journaux, on lira : Oui ! Il lui a bien coupé la tête ! Bref, ça ne produit rien. C’est beaucoup plus intéressant de montrer quelque chose qui est de l’ordre du pulsionnel, de l’inconscient.

De plus, dans Kliniken, on n’est pas face à des cas cliniques sévères. Ni face à de la parole incohérente. Il y a seulement Markus qui est dans l’incohérence totale, les autres sont plutôt dans la fracture. Peu ou prou, 80% des gens présents dans la salle pourraient monter sur scène, se mettre petit à petit à parler et on s’apercevrait qu’on n’est pas si loin… Et c’est ce qui m’intéresse, qu’on soit là, à la limite de la maladie.

Kliniken a été écrit à Stockholm en 1994, vous le mettez en scène à Nanterre en 2006, n’y a-t-il pas des décalages ?

Je vais répondre à l’envers : Aziz Chouaki écrit Une virée qui se déroule à Alger en 1992, moi je le crée à Nanterre en 2004, puis Norén me dit il faut le faire à Stockholm et on le monte là-bas en 2005. Ça fait forcément écho, tous ces symptômes-là. Je crois qu’à la mondialisation correspond des maux qui se répandent de la même façon que les multinationales et que les capitaux qui traversent le monde. Les problèmes de société s’universalisent. Et ils sont plus accrus d’ailleurs dans les pays les plus pauvres puisque les écarts sont encore plus frappants. Je n’ai jamais senti autant ce qu’était la société libérale qu’au Burkina-Faso par exemple. Parce qu’il y a dans la même image une publicité de Coca-Cola et dessous un enfant meurt de faim. C’est cette violence-là. De même les enfants, qui n’ont pas de quoi manger, viennent au centre culturel français de Bobo-Dioulasso regarder toute la journée des séries américaines. Et ils voient toute la richesse du monde qui s’étale. Après on s’étonne que ce soit violent, ça pourrait l’être beaucoup plus.

Nathalie Mercier et Amélie Wendling
24 novembre 2006


Ven Jan 19, 2007 11:15 am
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