Voir les messages sans réponses | Voir les sujets actifs Nous sommes le Dim Aoû 31, 2014 12:13 am



Répondre au sujet  [ 8 messages ] 
 CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI 
Auteur Message
Avatar de l’utilisateur

Inscription: Dim Avr 27, 2008 6:54 pm
Messages: 148
Localisation: PARIS 17 ET LE HAVRE
Message CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
Passé quasiment inaperçu du public etranger, ce film de Carlo Lizzani datant de 1991 s’inspire d’une histoire vraie advenue entre Jung et une de ses premières patientes au temps où il travaillait comme adjoint du prof. Eugen Bleuler à l’hopital Burgholzli de Zurich. La photographie, la mise en scène, l’interpretation, les dialogues sont de haut niveau. Une note particulière mérite certainement l’actrice napolitaine Giuliana De Sio qui joue le role, tout autre qu’aisé, de la patiente hystérique du jeune docteur « Gustav » (on ne cite effectivement que le prénom dans le film). D’un point de vie historique egalement, le film est très cohérent et maintient toutes ses promesses. On y montre d’une façon très claire et convaincante la confusion de diagnostique existant à l'epoque (et qui parfois se représente aujourd'hui egalement) entre hystérie et schizophrénie, la navrante impuissance des méthodes thérapeutiques (bains, repos, alimentation...) centrées sur le paradigme organiciste, le recour pseudo-médical pour ainsi dire et nous apparaissant de nos jours plutot désuet, au psychogalvanomètre à des fins diagnostiques... tout le film tourne autour du thème du contact humain et sentimental se substituant progressivement au rapport purement clinique entre Jung et sa patiente très aggressive à cause de fortes resistences l’empechant de se souvenir de ses responsabilités dans la mort de son premier fils. Son médecin devra revêtir le role d’un veritable inspecteur, allant jusqu’à se déplacer pour interroger les autres membres de la famille da sa patiente pour venir à bout de cette intrigue digne du meilleur Hitchcock. Comme ce sera le cas dans le film plus récent de Roberto faenza Prendimi l'anima traitant du rapport entre Jung et la jeune patiente russe Sabina Spielrein qui serait devenu par la suite une figure de renom dans le milieu psychanalytique, ce sont les dangers d'un rapport d'une telle proximité qui finissent par constituer le fil conducteur de l'oeuvre dans son ensemble en y donnant toute sa tension drammatique. On peut toutefois reprocher, et il me semble que ceci pourrait bien être en rapport avec le choix de ne pas mentionner le nom de Jung, le glissement final dans le roman signalé par une quasi totale absence de reflexion sur le contretransfert du protagoniste et le choix d'une conclusion dans laquelle on entrevoie, clairement exprimée par l'écho d'une pensée formulée à haute voie, la victoire de l'amour né entre deux êtres tellement distants de par leurs situations respectives.
Le cas auquel s'inspire le film est decidement moin connu que celui de Sabina Spielrein, mais nous pouvons en rencontrer une citation dans la fameu ouvrage, devenu à juste titre un classique du genre, Histoire de la découverte de l'inconscient de H. Ellenberger.

Antoine Fratini

_________________
jean-yves


Mer Mai 14, 2008 4:43 pm
Profil Site Internet

Inscription: Ven Sep 21, 2007 8:08 pm
Messages: 672
Localisation: Marseille
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
Bonsoir Jean Yves

Avez vous vu le film en question? et si oui qu'en avez vous pensé?

:) mfc


Mer Mai 14, 2008 7:59 pm
Profil Site Internet
Avatar de l’utilisateur

Inscription: Dim Déc 03, 2006 9:55 pm
Messages: 516
Localisation: Sartrouville (78)
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
Bonjour Jean-Yves

Je n’ai pas vu ce film, désolée.

Ce qui me remue (ben oui :oops: , parce que ça me renvoie à ma relation avec ma psychanalyste) et dans cette relation aussi avec Jung et son analysante, c’est : est-ce une histoire d’amour ou est-ce le transfert qui fait ça, même si bien entendu c’est vrai que le transfert c’est de l’amour ?

Amitiés
Ingrid


Jeu Mai 15, 2008 2:12 pm
Profil
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
C'est un film, je l'ai pas vu non plus.


Je viens de retrouver le passage que je cherchais dans « On tue un enfant » de Serge Leclaire :
Je serais maintenant de bien mauvaise foi si je prétendais que Sygne -pour ne parler ici que d’elle- me laisse de glace.Dans cette affaire d’amour, c’est toute ma vie qui résonne en harmonique : non seulement mes amours, les paroles (ou les silences) de femmes inscrites en mon corps,les enfants, mais aussi mon intérêt pour la psychanalyse,mon questionnement sur l’origine de la parole,mon travail sur le discours du refoulement, ma quête de la moitié du ciel. Est-ce à dire pour autant que je l’aime ? Non : c’est-à-dire pas « vraiment » ;mais ça pourrait, ou ça aurait pu, hors l’analyse, advenir. :mrgreen: :wink:


Jeu Mai 15, 2008 8:49 pm
Avatar de l’utilisateur

Inscription: Dim Avr 27, 2008 6:54 pm
Messages: 148
Localisation: PARIS 17 ET LE HAVRE
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
Ingrid a écrit:
Bonjour Jean-Yves

Je n’ai pas vu ce film, désolée.

Ce qui me remue (ben oui :oops: , parce que ça me renvoie à ma relation avec ma psychanalyste) et dans cette relation aussi avec Jung et son analysante, c’est : est-ce une histoire d’amour ou est-ce le transfert qui fait ça, même si bien entendu c’est vrai que le transfert c’est de l’amour ?

Amitiés
Ingrid


très bonne question !
je n'ai pas vu ce film , je voulais donc vous donner cette info et ce commentaire d'antoine .
amitiés,
jean-yves

_________________
jean-yves


Jeu Mai 15, 2008 8:59 pm
Profil Site Internet

Inscription: Ven Sep 21, 2007 8:08 pm
Messages: 672
Localisation: Marseille
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
tootsie a écrit:
C'est un film, je l'ai pas vu non plus.


Je viens de retrouver le passage que je cherchais dans « On tue un enfant » de Serge Leclaire :
Je serais maintenant de bien mauvaise foi si je prétendais que Sygne -pour ne parler ici que d’elle- me laisse de glace.Dans cette affaire d’amour, c’est toute ma vie qui résonne en harmonique : non seulement mes amours, les paroles (ou les silences) de femmes inscrites en mon corps,les enfants, mais aussi mon intérêt pour la psychanalyse,mon questionnement sur l’origine de la parole,mon travail sur le discours du refoulement, ma quête de la moitié du ciel. Est-ce à dire pour autant que je l’aime ? Non : c’est-à-dire pas « vraiment » ;mais ça pourrait, ou ça aurait pu, hors l’analyse, advenir. :mrgreen: :wink:


Ce passage que tu cite, Tootsie, me fait venir une question :
L'analyste chercherait-il dans la cure de ses analysants successifs à retrouver un sentiment d'amour impossible éprouvé lors de son analyse?
:) mfc


Jeu Mai 15, 2008 10:29 pm
Profil Site Internet
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
Peut-être que le jour où l'analysant dira que ça pourrait ou que ça aurait pu advenir il ne jouira plus de cette impossibilité donc de sa parole en souffrance .

Je mets la fin, trop beau :wink:

Flottante comme l'esprit au-dessus des eaux,l'attention du psychanalyste est d'abord écoute ouverte à la transparence des mots, à leurs racines d'ombre comme à leurs fruits de lumière.La suite de l'histoire dira de quel prix les psychanalystes paient aujourd'hui la sacrilège obstination qui les pousse à usurper la place du Saint-Esprit, et s'ils sauront encore, hors le fauteuil, vivre d'amour à corps nus et mots voilés.Non qu'ils inventeront entre eux "quelque neuve façon de faire l'amour" (Lacan 1950 Congrès mondial de psychiatrie).Mais on peut espérer que, soutenant jusqu'au bout l'excès de leur déraisonnable passion, ils pourront enfin connaître le temps d'aimer; peut-être qu'elle, reconnaissant à l'Arbre de science le fruit qui la fait femme,saura, nouvelle Eve prenant corps des mots plutôt que de ses os, nourrir l'homme de sa lumière;peut-être que lui,quittant des yeux l'hologe qui mesure son écoute,réalisera enfin qu'il ne pourra aimer et rendre à chaque jour son aurore que si, tel Chronos, il dévore ses enfants.


Ven Mai 16, 2008 12:05 am
Avatar de l’utilisateur

Inscription: Dim Avr 27, 2008 6:54 pm
Messages: 148
Localisation: PARIS 17 ET LE HAVRE
Message Re: CINEMA & PSYCHANALYSE : CATTIVA de Carlo LIZZANI
tootsie a écrit:
Peut-être que le jour où l'analysant dira que ça pourrait ou que ça aurait pu advenir il ne jouira plus de cette impossibilité donc de sa parole en souffrance .

Je mets la fin, trop beau :wink:

Flottante comme l'esprit au-dessus des eaux,l'attention du psychanalyste est d'abord écoute ouverte à la transparence des mots, à leurs racines d'ombre comme à leurs fruits de lumière.La suite de l'histoire dira de quel prix les psychanalystes paient aujourd'hui la sacrilège obstination qui les pousse à usurper la place du Saint-Esprit, et s'ils sauront encore, hors le fauteuil, vivre d'amour à corps nus et mots voilés.Non qu'ils inventeront entre eux "quelque neuve façon de faire l'amour" (Lacan 1950 Congrès mondial de psychiatrie).Mais on peut espérer que, soutenant jusqu'au bout l'excès de leur déraisonnable passion, ils pourront enfin connaître le temps d'aimer; peut-être qu'elle, reconnaissant à l'Arbre de science le fruit qui la fait femme,saura, nouvelle Eve prenant corps des mots plutôt que de ses os, nourrir l'homme de sa lumière;peut-être que lui,quittant des yeux l'hologe qui mesure son écoute,réalisera enfin qu'il ne pourra aimer et rendre à chaque jour son aurore que si, tel Chronos, il dévore ses enfants.



oui, très beau en effet ...

JY

_________________
jean-yves


Ven Mai 16, 2008 5:23 pm
Profil Site Internet
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Répondre au sujet   [ 8 messages ] 

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Rechercher:
Aller à: