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 Acting out et passage à l'acte 
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Inscription: Mer Nov 01, 2006 1:01 pm
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Bon, un peu de temps s'est écoulé : non seulement pour faire passer mon arrachage de dent, mais surtout pour permettre de lire (ou relire j'espère) Dora, voire les Cinq cas, avec en prime celui de la Jeune homosexuelle et y trouver réponse à une des questions ci-dessus posées.

Gouachita, je te raconte l'histoire des cervelles fraîches. Là où elle se trouve la mieux exposée, c'est dans “La Direction de la cure” (J. Lacan, Écrits, Seuil, 1966, p. 599-602), texte que l'on relira avec un grand intérêt — pourquoi pas avec Litter-happy en toile de fond.

C'est le cas d'un jeune homme que Kris expose apparemment dans son article “Ego psychology and interpretation in psychoanalytic therapy” (The Psychoanalytic Quarterly, XX, n° 1, janv. 1951, p. 21-25).

En fait le type en question a déjà été toréé ! C'est-à-dire que Kris est son second analyste — le premier, ou plutôt la première était une femme : M. Schmideberg. C'est apparemment un jeune intellectuel (un thésard ou quelque chose comme ça), et son problème manifeste c'est que dès qu'il écrit une ligne, il pense qu'il l'emprunte à quelqu'un d'autre : bref il s'accuse de plagiat, il s'accuse d'être un plagiaire. Et Kris d'aller vérifier à la bibliothèque, à propos d'un travail particulier de son patient, si oui ou non, il y a plagiat par rapport à une source obscure désignée par le patient comme étant l'originale. Bref on nage dans le signifié. Résultat des courses, le patient avoue à Kris qu'à chaque fois qu'il sort de ses séances, il se tape des cervelles fraîches, si ce n'est dans l'assiette, du moins en vitrine, en reluquant copieusement cartes et menus, l'histoire non pas de se taper la cloche, mais de faire comprendre à son analyste qu'il y a quelque chose de ce goût là, ou plutôt de ce son là : quelque chose qui cloche.

Alors donc, voilà pour répondre à votre question du :

Gouachita a écrit:
Comment l'acting out peut il avoir lieu quand la séance est terminée sans la présence du psy ?


Alors bien entendu, Lacan a une dent contre Kris (c'est le cas de le dire !), mais cette histoire a une résonance toute particulière au moment de la publication de l'intégral des lettres de Freud à Fliess, puisque l'on sait que c'est Kris qui avait soigneusement “retranché” ce qu'il y avait de plus saignant ! Son patient, avec ses cervelles fraîches, misait dans le mille !

bien à vous, cb.


Ven Jan 26, 2007 1:49 pm
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Beaucoup trop parlant pour moi, cet exemple :? d'autant qu'il m'arrive assez souvent de douter de l'originalité de mes propos.:)

Excuses la plaisanterie facile, mais là, c'est chris qui a mal au dents :)

rage au cou, rage au dents, chacun sa rage...

Plus sérieusement, dans l'exemple de l'analysant de Kris, il y a bien un billet aller-retour et un message envoyé vers le psychanalyste. Si son analysant ne lui avait pas fait savoir qu'il se tapait des cervelles fraiches, y aurait il eu acting-out?

bien à toi et bien à vous
:) Gouachita

PS : j'ai horreur de la cervelle!


Ven Jan 26, 2007 6:24 pm
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Inscription: Mer Nov 01, 2006 1:01 pm
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Gouachita a écrit:
Si son analysant ne lui avait pas fait savoir qu'il se tapait des cervelles fraiches, y aurait il eu acting-out ?


À n'en pas douter : c'est la le seul acting out ! Dès qu'il lui dit, c'est déjà le billet retour. Enfin, c'est ce que j'entends dans ce cas qui, il faut bien le dire, est très romancé par Lacan : il la raconte plusieurs fois (Séminaire I, dans l'Angoisse et deux fois dans les Écrits) : à chaque fois la version est sensiblement différente ! :lol:

@+, cb.


Ven Jan 26, 2007 6:37 pm
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Bon, du coup, je continue à gamberger sur cette histoire de cervelles et me posait encore des questions sur l'acting out et l'analyse.

je recite ici une extrait de post de marie sur le fil "Analyse en ligne"

Citation:
mais c'est aussi un signe de défaillance du Psy et que l'analyse se trouve dans une impasse. L'acting-out peut être modifié si le psy l'entend et change sa position transferentielle.


Dans l'histoire de Kris et de son patient, on ne connait pas la suite, je me demandais si l'acting out, pris en compte par le psy ne permettait pas justement d'avancer dans l'analyse ou ne marquerait pas une nouvelle étape, ne masquerais pas un désir de l'analysant, et dans ce cas là, est il de la responsabilité seule du psy de changer sa position transférentielle?

D'autre part, je me demandais s'il y avait aussi de l'acting out de la part du psy ou si c'est un fantasme de l'analysant de vouloir transformer son psy en un autre lui même.

:) Gouachita


Ven Jan 26, 2007 7:11 pm

Inscription: Mer Juil 04, 2007 10:33 pm
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Je reprends ce sujet non pas du fil de l'acting out, mais celui du passage à l'acte, pour répondre, dans la topique la plus fructueuse, à une question que me posa Ingrid.

Peut-on dire que l'acting out est un avertissement d'un passage à l'acte, ou serait-il signe de défaillance du symbolique?

Chez Joyce, par exemple, la quête d'originalité est présente au point de la "défaite" du langage, avec Ulysses. Le langage, le logos, est éventré, dissout, détruit, morcellé, pour être réconstruit "à la façon de Joyce". Mais tout est fait symboliquement, ça lui suffit - quoique qu'on sache que les disputes dans le couple étaient souvent féroces.

D'autre part, en mangeant ou en convoitant des cervelles, un sujet serait-il nécessairement en train de donner le premier pas pour un passage à l'acte?

Qu'y-a-t'il dans la structure psychologique d'un sujet qui lui permet de morcelé non pas une phrase, ou structure grammaticale, mais un corps humain? Serait-on devant un cas de perversité?

Car, on sait que le cannibalisme était un rituel important, pour des groupements indiens. On sait aussi que la cervelle d'un animal n'est pas, du point de vue physiologique, très loin de la cervelle d'une personne.

Qu'est-ce qui intervient alors, sinon la Loi, la loi sociale ou de la castration, pour interdire le cannibalisme ainsi que permettre, contradictoirement, la brutale industrie de la viande? Ce ne serait pas la même loi qui fait défaillance pour un suicide?

Si on sait que certains cas d'acting out finissent en passages à l'acte, on ne peut pas dire que tout acting out finit en passage à l'acte. Et pourquoi?


Dim Nov 04, 2007 6:07 pm
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Inscription: Dim Déc 03, 2006 9:55 pm
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Merci Kika

Edit : Excusez moi, j'ai relu encore vos derniers messages dans e cartels, et je me demande de quelle place vous parlez?

Bonne nuit
Ingrid


Mar Nov 06, 2007 2:11 am
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Inscription: Mer Juil 04, 2007 10:33 pm
Messages: 10
Localisation: Rio de Janeiro
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Et moi Ingrid je me demande pourquoi cela vous semble important.

Je ne parle pas à la place de personne, ni d'une place quelconque. Je parle de ma place, c'est bien celle qui le plus nous appartient, non?


Mar Nov 06, 2007 3:28 am
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