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 Découverte de la différence des sexes 
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Inscription: Mar Nov 24, 2009 12:02 am
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Message Découverte de la différence des sexes
Bonjour à tous,

Je souhaiterais soumettre à votre avis critique une hypothèse qui m'a traversé l'esprit, concernant la fameuse "découverte de la différence des sexes".


Si le sujet masculin, voyant sa mère ou une sœur nue lors de la découverte de la différence des sexes, remarque qu'elle n'a pas de pénis, il lui est impossible toutefois de se rendre compte si elle porte ou non quelque chose en remplacement à cet endroit, un sexe féminin bien à elle, en raison du caractère, naturellement inaccessible au regard, du sexe du sujet féminin debout.
En effet, contrairement à ce qu'il en est pour les animaux quadrupèdes, chez lesquels le sexe du mâle est masqué entre les membres postérieurs et le sexe de la femelle apparent en raison de la position horizontale du corps, le sexe de la femme est dissimulé entre les jambes, et le sexe de l'homme dégagé.
Le corps humain recèle donc un lieu secret "naturel", dans la mesure où le tronc humain vertical se partage en deux membres dans le même alignement, déterminant là un emplacement caché. Par un concours extravagant de circonstances, le sexe féminin est donc tapi dans le seul lieu naturellement voilé du corps humain, site rentrant, se dérobant, l'arrondi du pubis sous l’abdomen et resserré entre les cuisses. C'est bien parce qu'une femme nue vue debout ne révèle pas son sexe que l'on en aperçoit de temps à autre dans des films non spécifiquement érotiques, je citerai La belle noiseuse de Jacques Rivette.

L'existence de ce lieu naturellement discret du corps aurait pour conséquence le fait que, lors de la découverte de la différence des sexes, le jeune garçon discernerait essentiellement l'inexistence d’un pénis maternel, mais il lui resterait à découvrir la nature du sexe qui en tient lieu chez le sujet féminin. Il ignorerait ce qu'il en est exactement. La perception de la potentialité de la présence invisible de quelque chose, dont il ne peut pas se figurer la nature précise, dans l'arrondi du pubis féminin, serait concomitante de celle de l'absence de pénis. Cet arrondi du bas de l’abdomen ferait pressentir au-delà de lui-même quelque chose qu’il ne communiquerait pas mais dont il ferait envisager, voire deviner l’existence, et désirer la découverte. Et cela d'autant plus que la toison pubienne – nouvelle coïncidence exagérée – dessine une flèche triangulaire désignant explicitement – avec insistance, pourrait-on dire – la présence et l'emplacement de ce lieu indiscernable.
Ce serait cette notion de possibilité de l'existence de "quelque chose" dans ce lieu retiré qui serait, à partir de ce moment, prédominante dans la psychologie du jeune garçon. Les diverses alternatives envisageables – mini-pénis ou pénis "rentrant", éventuelle ouverture, soit encore autre chose, ou même rien – coexisteraient en tant qu'hypothèses simultanées dans l'esprit du jeune sujet masculin qui serait en vérité dans l'indétermination. La découverte de la constitution réelle du sexe féminin se ferait bien plus tard, lors de la révélation du corps féminin cette fois dans son entièreté, c'est-à-dire lors de la vue d'une femme nue non pas debout mais dans une pose moins "naturelle". Même si le sujet masculin a auparavant des intuitions, tant qu'il n'aurait pas clairement et définitivement observé ce qu'il en est, il demeurerait jusque là dans le doute. La révélation serait alors très grande.
Auquel cas, la fameuse "découverte de la différence des sexes" se ferait en deux époques bien distinctes pour le sujet mâle, la découverte de l'inexistence de pénis féminin d'une part, et la découverte de la nature du sexe féminin qui le remplace d'autre part, toutes deux généralement séparées par un certain nombre d'années. La découverte de l'inexistence du pénis féminin se doublerait dans le même temps de celle de la potentialité de l'existence de "quelque chose" dans le lieu dissimulé du corps féminin ; tandis que la découverte de l'existence véritable et vérifiée du sexe féminin se doublerait dans le même temps de celle de sa configuration exacte.
Entre ces deux moments, en résumé, se situerait une période décisive marquant le jeune garçon, et donc l'homme, à jamais, période durant laquelle : il sait que la femme n'a pas de pénis ; il ignore si elle a "autre chose" à la place, et quoi ; il sait qu'il existe un lieu retiré, sous l'abdomen, où peut se tapir cette possible "autre chose" qui échappe à sa connaissance et qui devient dès lors l'objet d'une curiosité insatiable.
Pour redire les choses de façon plus complète : il y aurait d'abord chez le sujet masculin croyance en l'existence d'un pénis maternel ; après la première phase de la découverte de la différence des sexes, certitude de l'inexistence du pénis et croyance en la possibilité de l'existence d'autre chose en remplacement dans le lieu ignoré du corps féminin ; après la seconde phase de la découverte de la différence des sexes, certitude de l'existence de cette "autre chose" et connaissance de sa nature.
Pour le jeune garçon, et pour l'homme adulte, le corps féminin serait définitivement marqué par une interrogation fondamentale concernant la question de savoir ce que la femme peut posséder d'inconnu à la place du pénis absent. Le pubis féminin apparaîtrait au jeune sujet masculin hétérosexuel comme un lieu susceptible d'un secret dont la résolution va le hanter toute sa vie. Ce pourrait être cette énigme qui rendrait le corps féminin si fascinant à son regard. Il se produirait à cette occasion une sorte de déplacement d'attention et d'intérêt dans lequel l'attachement au désir de connaître le corps féminin dans son aspect le plus "reculé" se transformerait en partie en un attachement ébloui au corps féminin dans son ensemble, et en particulier à ses caractéristiques les plus notables et identifiables, et identifiées par l'enfant mâle en premier lieu, les signes sexués dits secondaires, les fameuses "courbes féminines". L’intérêt pour le lieu irreprésentable serait déplacé pour une part sur les lieux environnants mieux cernés qui l’anticipent.
C'est d'autre part la même interrogation profonde qui aurait été traduite de façon littéraire sous la formule voilée "La femme est un sphinx". En grec ancien, le même terme apokalupsis, "révélation", désignait à la fois le fait de dévoiler l'inconnu et celui de découvrir un corps.

S'expliqueraient dans cette hypothèse les diverses formes d'érotisme "populaire". Les magazines érotiques, supports vidéo, sites web avec leurs fatidiques photographies "où l’on voit tout", et les spectacles divers – strip-tease, peep-show – rempliraient l'office de satisfaire la curiosité de l'adolescent en le sortant enfin de son indécision. Cette forme "normale" de voyeurisme serait l'attitude de l'homme perpétuellement confronté à la stupéfaction de découvrir que la femme n'a pas de protubérance pubienne comme lui, et au désir de savoir ce que le lieu irrévélé de son pubis s'incurvant entre les cuisses peut receler en échange. Avec le déshabillage de la modèle de magazine au fil des pages, ou avec le strip-tease cinématographique ou scénique, le sujet masculin revivrait de manière accélérée le parcours parfois long de l'enfant qu'il a été dans sa connaissance progressive du corps féminin.

Voilà en gros l'idée.
Désolé d'avoir été un peu long.

Je vous remercie d'avoir bien voulu lire ces lignes.
Je serais très heureux de lire les commentaires de personnes "éclairées".

Merci d'avance, et excellente journée ou soirée, selon l'heure.

Xpaste


Mer Nov 25, 2009 3:41 pm
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Inscription: Jeu Aoû 09, 2007 8:12 pm
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
Extrêmement intéressant ! :P

Xpaste a écrit:
La révélation serait alors très grande.
Auquel cas, la fameuse "découverte de la différence des sexes" se ferait en deux époques bien distinctes pour le sujet mâle, la découverte de l'inexistence de pénis féminin d'une part, et la découverte de la nature du sexe féminin qui le remplace d'autre part, toutes deux généralement séparées par un certain nombre d'années.

(...)

Entre ces deux moments, en résumé, se situerait une période décisive marquant le jeune garçon, et donc l'homme, à jamais, période durant laquelle : il sait que la femme n'a pas de pénis ; il ignore si elle a "autre chose" à la place, et quoi ; il sait qu'il existe un lieu retiré, sous l'abdomen, où peut se tapir cette possible "autre chose" qui échappe à sa connaissance et qui devient dès lors l'objet d'une curiosité insatiable.

(...)

Ce pourrait être cette énigme qui rendrait le corps féminin si fascinant à son regard. Il se produirait à cette occasion une sorte de déplacement d'attention et d'intérêt dans lequel l'attachement au désir de connaître le corps féminin dans son aspect le plus "reculé" se transformerait en partie en un attachement ébloui au corps féminin dans son ensemble, et en particulier à ses caractéristiques les plus notables et identifiables, et identifiées par l'enfant mâle en premier lieu, les signes sexués dits secondaires, les fameuses "courbes féminines". L’intérêt pour le lieu irreprésentable serait déplacé pour une part sur les lieux environnants mieux cernés qui l’anticipent.
C'est d'autre part la même interrogation profonde qui aurait été traduite de façon littéraire sous la formule voilée "La femme est un sphinx". En grec ancien, le même terme apokalupsis, "révélation", désignait à la fois le fait de dévoiler l'inconnu et celui de découvrir un corps.

S'expliqueraient dans cette hypothèse les diverses formes d'érotisme "populaire". Les magazines érotiques, supports vidéo, sites web avec leurs fatidiques photographies "où l’on voit tout", et les spectacles divers – strip-tease, peep-show – rempliraient l'office de satisfaire la curiosité de l'adolescent en le sortant enfin de son indécision. Cette forme "normale" de voyeurisme serait l'attitude de l'homme perpétuellement confronté à la stupéfaction de découvrir que la femme n'a pas de protubérance pubienne comme lui, et au désir de savoir ce que le lieu irrévélé de son pubis s'incurvant entre les cuisses peut receler en échange. Avec le déshabillage de la modèle de magazine au fil des pages, ou avec le strip-tease cinématographique ou scénique, le sujet masculin revivrait de manière accélérée le parcours parfois long de l'enfant qu'il a été dans sa connaissance progressive du corps féminin.


Quelques remarques :

- Le premier apocalypse sexuel serait traumatique, rencontre du réel, c'est-à-dire rencontre manquée. De là un désir inconscient de rencontre imaginaire, c'est-à-dire une "curiosité" comme vous l'appelait, quant à ce secret bien gardé, non encore énigme à résoudre mais plutôt mystère impossible à saisir : c'est le passage d'une jouissance interdite à un désir impossible à résoudre. D'un point de vue imaginaire, il y une élision (moins Phi).

- Le second apocalypse sexuel serait angoissant, rencontre de l'imaginaire, réussie d'un point de vue conscient. Le mystère devient une énigme à résoudre. Le désir inconscient se soutient à présent de fantasmes à réaliser. L'élision devient symbolique : passage de l'élision à la castration, ce qui rend la jouissance possible en-deça ou au-delà du désir, c'est-à-dire relevée en orgasme. C'est là que les mythes pornographiques nourrissent les fantasmes.

- Entre l'apocalypse de ce que Freud appela "phase phallique" et l'apocalypse de l'adolescence, se situent des "rencontres symboliques" consistant en des processus identificatoires, nominatifs, idéalisateurs, etc. Cela coïncide principalement avec la période dite de "latence" où la curiosité pulsionnelle se trouve peu à peu sublimée, parfois jusqu'à la puberté...

- Toutefois, même après avoir vu et touché (vous parlez de "voyeurisme" mais il ne faut pas oublier l'envie de toucher -le toucher comprend le "goûter" comme nous le disait déjà Aristote-, primordiale dans le désir de pornographie), donc découvert, le sexe féminin, il reste un rien insaisissable qui fait respirer des fantômes mystérieux... La révélation n'est jamais totale. La femme reste pas-toute, son sexe (R) est à jamais le symbole (I) même de ce pas-tout (S)... Si le sexe féminin pouvait être totalement dévoilé, il n'y aurait plus de désir inconscient...

- En ce qui concerne le strip-tease, dont le principe même est celui de la Méduse, je suis d'accord pour parler de revival accéléré de la phase phallique, mais habillée par des fantasmes que la curiosité infantile ne pouvait pas concevoir... en revanche, le toucher brise ce "revival"...


Ven Nov 27, 2009 10:24 pm
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
Disons que je me retrouve bien dans votre analyse xpaste :wink:
Et je ne plaisante pas une seconde.

Ce que je ne comprends pas -et cela n'a rien à voir avec votre hypothèse, c'est la recrudescence abjecte du porno comme modèle sexuel élu par les adolescents.
On dirait que l'organe féminin effraye dorénavant plus les jeunes hommes qu'il ne les fascinait autrefois.
C'est regrettable, et même bien pire...
Peut-être est-ce du à cette saleté de Sida que nous n'avons pas connu (la référence au "sale" est voulue) et qui jette un doute funeste sur l'appareil génital, et provoque une réaction violente ?
Toujours est-il que je plains les femmes qui tomberont sur les hommes "éduqués" de cette manière (et sur les hommes qui tomberont sur les femmes qui seront tombées sur de tels hommes).
Quelle horreur !
Je ne sais pas ce qu'en pense la psychanalyse, mais il me semble que sans cette fascination masculine, curiosité, dépourvue de violence, qui dirige les hommes vers cette région cachée, il n'y aurait pas découverte des modalités (je pensais à mode d'emploi, désolé si ce n'est pas très poétique) de la jouissance féminine.
Ce n'est pas avec son phallus que l'homme peut-être amené à les découvrir mais avec son regard, son empathie et deux sous de jugeote.
Pas en jouant au marteau piqueur et en fantasmant sur la taille de l'outil alors que c'est le frottement ou la stimulation du clitoris qui en est la clef.
Aujourd'hui les sexologues sont envahis de jeunes femmes étonnées de rien éprouver après des expériences sexuelles avec 1,2,3, 10 partenaires différents simplement même pas foutus de mettre le doigt là où ça les emportent.
Et je ne parle même pas de sentiments bien sur...
Je me rappelle même d'un appel du 18 juin lancé par une sexologue parfaitement épouvantée à la télévision :
Elle évoquait les cas innombrables et innommables de jeunes femmes totalement inconscientes de leur propre jouissance car constamment confrontées au cas de jeunes hommes formatés par les modèles liés à l'industrie pornographique.
Suivait ensuite une étude statistique aux chiffres effrayants (ceux des femmes n'ayant jamais connu l'orgasme).
Et donc l'appel du 18 Juin proprement dit : "Si vous aimez le corps féminin, si vous savez amener une femme à l'orgasme, faites quelque chose, passez des petites annonces, écrivez le noir sur blanc, il y a des millions de vies sexuelles féminines gâchées, perdues qui sont en jeu...).
Incroyable...je me suis senti poussé vers l'adultère pour... une cause juste :D :D (hallucinant !), mais surtout (plus sérieusement), j'ai éprouvé une sombre tristesse devant une misère dont je n'avais aucune conscience (car je n'ai aucun contact avec la génération des 18/30 ans) :
Les jeunes femmes actuelles sont de plus en plus mal aimées...


Sam Nov 28, 2009 3:51 am
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Inscription: Jeu Aoû 09, 2007 8:12 pm
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
philo a écrit:
Je ne sais pas ce qu'en pense la psychanalyse, mais il me semble que sans cette fascination masculine, curiosité, dépourvue de violence, qui dirige les hommes vers cette région cachée, il n'y aurait pas découverte des modalités (je pensais à mode d'emploi, désolé si ce n'est pas très poétique) de la jouissance féminine.


Au contraire, c'est très violent.
D'ailleurs, la fascination c'est la violence du regard.

Et c'est cette violence pulsionnelle (ou mythologique si vous préférez) que pense la psychanalyse.

En passant : la pornographie n'est pas le Spectacle pornographique, ses normes et ses dispositifs.
Misères sexuelle et autres sont dues à la neutralisation de la vie par le Spectacle, pas à la pornographie...


Sam Nov 28, 2009 4:14 am
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Inscription: Jeu Nov 05, 2009 5:23 am
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
am13 a écrit:
Au contraire, c'est très violent.
D'ailleurs, la fascination c'est la violence du regard.
Et c'est cette violence pulsionnelle (ou mythologique si vous préférez) que pense la psychanalyse.


Euh...
j'ai rien pané...
Dire que je croyais que ma sexualité avait évolué "naturellement" et "harmonieusement", voila que nous sommes tous des brutes violentes en déshabillant nos femmes du regard...
A moins que ce ne soient elles qui nous crèvent les yeux tant elles sont belles...
tu veux dire que le désir d'un corps autre que le sien provoque en même temps une souffrance, un arrachement à notre bête auto-satisfaction narcissique ?
La souffrance est chez le spectateur ou chez celle qui est désirée ?
Mince j'y comprends que d'alle...


Sam Nov 28, 2009 5:07 am
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Inscription: Mar Nov 24, 2009 12:02 am
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
Bonjour à vous deux,

Merci pour vos commentaires.
J'y reviendrai plus tard, dans la soirée, n'ayant guère le temps pour l'instant.
Juste un point rapide :
philo a écrit:
am13 a écrit:
D'ailleurs, la fascination c'est la violence du regard.

voila que nous sommes tous des brutes violentes en déshabillant nos femmes du regard...

Je présume qu'il s'agit plus d'une violence contre soi, le sujet désirant, que contre l'autre, l'objet regardé...

Xpaste


Sam Nov 28, 2009 4:17 pm
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
philo a écrit:
am13 a écrit:
Au contraire, c'est très violent.
D'ailleurs, la fascination c'est la violence du regard.
Et c'est cette violence pulsionnelle (ou mythologique si vous préférez) que pense la psychanalyse.


Euh...
j'ai rien pané...
Dire que je croyais que ma sexualité avait évolué "naturellement" et "harmonieusement", voila que nous sommes tous des brutes violentes en déshabillant nos femmes du regard...
A moins que ce ne soient elles qui nous crèvent les yeux tant elles sont belles...
tu veux dire que le désir d'un corps autre que le sien provoque en même temps une souffrance, un arrachement à notre bête auto-satisfaction narcissique ?
La souffrance est chez le spectateur ou chez celle qui est désirée ?
Mince j'y comprends que d'alle...


Oui ! Mais ça peut aussi être violent pour la désirée si elle se sent mise à nue...


Sam Nov 28, 2009 5:28 pm
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Inscription: Mar Nov 24, 2009 12:02 am
Messages: 13
Message Re: Découverte de la différence des sexes
Bonjour AM13, bonjour Philo,
am13 a écrit:
- Le premier apocalypse sexuel serait traumatique, rencontre du réel, c'est-à-dire rencontre manquée. De là un désir inconscient de rencontre imaginaire, c'est-à-dire une "curiosité" comme vous l'appelait, quant à ce secret bien gardé, non encore énigme à résoudre mais plutôt mystère impossible à saisir : c'est le passage d'une jouissance interdite à un désir impossible à résoudre. D'un point de vue imaginaire, il y une élision (moins Phi).

Concernant ce "premier apocalypse sexuel", je crois remarquer un certain nombre de spectacles socialement répandus.
Celui des statues de nymphes et de vénus nues dans les jardins publics, là où précisément l'on promène régulièrement les enfants. Pour que les jeunes sujets mâles qui n'ont pas connu cet "apocalypse" chez eux le découvrent enfin là ?
Celui de la majorette autrefois, celui de la patineuse dite "artistique" aujourd'hui, celui de la danseuse classique et son tutu maintenu amplement soulevé jusqu'à l'horizontale, lesquelles lèvent les unes et les autres haut la jambe comme pour bien montrer encore une fois au jeune sujet masculin l'absence de bosse pubienne du corps féminin et l'arrondi du lieu corporel indiscernable possiblement riche de beaucoup de choses ?
Celui des tenues toujours allégées et très collantes des artistes féminines de cirque ou de music-hall.
Dans son texte Novembre, écrit juste au sortir de l’adolescence, Gustave Flaubert a avoué la passion première de son enfance pour "la danseuse de corde" des tentes de bateleurs, et pour ses cuisses "si bien serrées dans des pantalons roses". Seulement ses cuisses ? Dans Mémoires d’un fou, écrit deux années plus tôt, il avait déjà mentionné "la danseuse qui fait sauter sa robe de gaze sur ses cuisses charnues".
am13 a écrit:
- Le premier apocalypse sexuel serait traumatique, rencontre du réel, c'est-à-dire rencontre manquée. .

Pourquoi une "rencontre du réel", est-elle nécessairement une "rencontre manquée" ?
am13 a écrit:
- Le second apocalypse sexuel serait angoissant, rencontre de l'imaginaire, réussie d'un point de vue conscient.

Et pourquoi cette rencontre-là (la deuxième) est-elle une rencontre de l'imaginaire, et non une rencontre du réel cette fois claire et définitive ?
am13 a écrit:
- Toutefois, même après avoir vu et touché (vous parlez de "voyeurisme" mais il ne faut pas oublier l'envie de toucher -le toucher comprend le "goûter" comme nous le disait déjà Aristote-, primordiale dans le désir de pornographie),

J'ai pour ma part précisément parlé de "vue" et non de "toucher", et donc "d'érotisme" et non de "pornographie", car autant la monstration est omniprésente (voir statues, danseuse et patineuse, plus haut), autant le "toucher" est différé dans le temps, c'est-à-dire dans l'âge du sujet. Sauf en fantasme, peut-être.
Citation:
Le regard anticipe là où la main participe
a écrit Jean-Luc Fromental.
am13 a écrit:
- En ce qui concerne le strip-tease, dont le principe même est celui de la Méduse,

Je ne comprends pas bien le lien entre le strip-tease et l'explication freudienne de la Méduse.
philo a écrit:
On dirait que l'organe féminin effraye dorénavant plus les jeunes hommes qu'il ne les fascinait autrefois.
C'est regrettable, et même bien pire...
Peut-être est-ce du à cette saleté de Sida que nous n'avons pas connu (la référence au "sale" est voulue) et qui jette un doute funeste sur l'appareil génital, et provoque une réaction violente ?

Je ne sais pas s’il y a eu évolution entre "aujourd’hui" et "autrefois" pour ce qui est de la perception de l'organe féminin.
Pour moi, la question est la suivante.
Freud a relevé le caractère "effrayant", en tout cas inesthétique, du sexe féminin, en donnant comme explication sa ressemblance avec une cicatrice, "confirmation" selon lui de la castration.
Généralement, me semble-t-il, les sujets masculins ressentent la vue du sexe féminin comme inesthétique.
On peut voir là un sacré paradoxe.
Il y a d'une part :
- un désir de découverte du dernier signe érotique du corps féminin, dissimulé dans le lieu secret du corps humain
et dans le même temps :
- un sentiment d’inesthétisme lors de la découverte de ce dernier signe érotique.
Curieux.
Un désir de découvrir quelque chose qui sera perçu comme inesthétique lors de sa découverte !
Je me permets de poser une hypothèse.
L'enfant mâle ne discerne pas le sexe féminin sur le corps féminin lors de la première phase de la découverte des sexes. Dès lors :
- il cherche à découvrir la nature de l'éventuel sexe féminin ;
- il n'intègre pas dans son "catalogue de formes de référence" la forme du sexe féminin (bon gré mal gré, la silhouette et les formes féminines serviraient de point de départ du développement esthétique).
L'objet de la "révélation" n'entrerait pas dans le champ des formes inconsciemment et a priori reconnues comme esthétiques.
Il y aurait une non-séduction du sujet masculin par la vue du sexe féminin par absence de "déjà vu – déjà connu" sur l'objet esthétique de référence.
Et donc une situation extraordinaire où l’objet d’attirance est perçu comme inesthétique, car non-perçu sur le modèle d’apprentissage de l’esthétique.
L’objet d’attirance serait jugé inesthétique au moment où il serait regardé.
mfc a écrit:
C'est sans doute la lecture d'un texte érotique la veille qui a servi de prétexte pour oser rêver sur ce sujet :
"L'homme me regarde avec convoitise et comme il me plaît bien, je décide de lui faire le grand jeu : un strip tease éblouissant à ma façon. Me voici donc déboutonnant consciencieusement ma chemise. (...)

Une autre question pourrait être de savoir quelles sont les parts respectivement conscientes et inconscientes de la participation féminine à cette révélation masculine et ses rappels.
am13 a écrit:
philo a écrit:
am13 a écrit:
Au contraire, c'est très violent.
D'ailleurs, la fascination c'est la violence du regard.
Et c'est cette violence pulsionnelle (ou mythologique si vous préférez) que pense la psychanalyse.

tu veux dire que le désir d'un corps autre que le sien provoque en même temps une souffrance, un arrachement à notre bête auto-satisfaction narcissique ?

Oui ! Mais ça peut aussi être violent pour la désirée si elle se sent mise à nue...

Citation:
L’œil n’est jamais déçu ; parce qu’il ne s’approprie que la lumière, il laisse intact ce qu’il pille.
L’intimité des femmes est un mystère qui me bouleverse. Mais tu connais la théorie de Heisenberg : l’observateur qui se montre influe sur la chose observée. Pour partager pleinement la cérémonie secrète, sans rien altérer de sa douceur ni de sa crudité, il faut donc voir sans être vu.
(Jean-Luc Fromental)

Xpaste


Dim Nov 29, 2009 1:55 pm
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Inscription: Jeu Aoû 09, 2007 8:12 pm
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Message Re: Découverte de la différence des sexes
J'aime bien la référence à Heisenberg mais... Il y a une volupté à être vu regardant, cette volupté est là pour contrer l'angoisse de l'indifférence...

Pour la distinction entre réel et imaginaire, c'est strictement lacanien : rencontre du réel = rencontre manquée parce que rencontre travaillée par le manque (comme l'acte manqué) : ce n'est pas que le réel soit manqué mais bien qu'il paraît manqué pour l'imaginaire, il est manqué pour la conscience, parce que c'est justement l'impossible pour la conscience (c'est un mystère); rencontre imaginaire = rencontre conscientisée, "claire" oui, définitive je ne vois pas pourquoi...

Pour le toucher nous sommes d'accord, j'en parlais pour le second apocalypse, pas pour l'entre deux...

Méduse : le miroir et donc le rapport toujours médiat.


Dim Nov 29, 2009 5:58 pm
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Inscription: Jeu Nov 05, 2009 5:23 am
Messages: 19
Message Re: Découverte de la différence des sexes
J’ajouterais qu’il y a aussi une jouissance à savoir que l’on provoque une volupté par le fait d’être regardé par quelqu’un qui nous voit le regardant.

Pour le reste, je n’ai rien compris, mais je ne vous demande pas, bien entendu, de m’expliquer. :oops:


Dim Nov 29, 2009 8:52 pm
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