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 “I’m not a psycho, I’m a Psyborg !” 
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Inscription: Jeu Aoû 09, 2007 8:12 pm
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Message “I’m not a psycho, I’m a Psyborg !”
Assassiné par les distributeurs (imaginez : film sorti dans 8 salles, en France !), incompris par presque tous les critiques (y compris ceux qui l'encense) mais primé à la Berlinale (surveillez bien ce festival, il y a tjs de très grands films primés... Sauf peut-être cette année...), ce film est à voir absolument par tous mais surtout par ceux qui s'intéressent à la psychanalyse ! Si vous n'avez pas la chance d'avoir une des rares salles le diffusant, à proximité, vous avez trois solutions (j'ai choisi la première) : téléchargement, commande du DVD international, attente d'une hypothétique sortie DVD en France.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18763020&cfilm=125182.html

"I’M A CYBORG, BUT THAT’S OK (2007)
“Si j’étais Beethoven, ce film serait un peu ma ‘Huitième Symphonie’” (PCW) : entre sa trilogie cathartique et traumatisante sur la vengeance et son ambitieux essai sur les vampires, Park Chan-Wook nous offre en effet une oeuvre aux accents résolument optimistes, joyeux et lumineux. Mais, attention, ce bijou n’a rien d’une comédie romantique classique et sa légèreté oxygénante n’altère absolument pas la fabuleuse folie de l’ambiance, la prodigieuse profondeur des paroles et la virtuosité vivifiante de la réalisation. Passons sur l’esthétique visuelle, pourtant savoureuse. Passons sur le montage (vive le numérique), pourtant impressionnant. Passons même sur la musique, pourtant magnifique. Attardons-nous plutôt sur la topologie originale de l’ensemble : il y a le monde (société d’artifices mais société pleine de bonne volonté), il y a l’espace psychiatrique (”…ceux qui sont un peu plus angoissés que la normale sont placés en asile psychiatrique. Incompris par les adultes dans un monde de faux-semblants, les enfants sont certains que leur univers est stable et logique. De même, les schizophrènes se créent leurs propres mondes et s’y enferment. Cet asile est donc un grand jardin d’enfants. Chacun des fantasmes, chacune des illusions des patients fait sens dans leur univers à part. Et lorsque leurs mondes personnels se rencontrent dans une réalité semi-virtuelle, cela suscite une grande clameur.” -PCW) et il y a… l’Amour. Young-Goon (Lim Soo-Jung) “est persuadée d’être un cyborg. Elle refuse de s’alimenter préférant sucer des piles et parler aux distributeurs automatiques” : elle aime les machines car ces dernières ont un sens, elle a peur de l’oralité (angoisse de perte), elle est traumatisée par sa grand-mère alzheimerisée (cette dernière ne mangeait que des rat-dits et se pensait comme mère de… souris). Il-Soon (Jung Ji-Hoon alias ‘Rain’, megastar asiatique de la K-Pop) est un schizophrène, anti-social, cleptomane et narcissique, il a peur de disparaître (angoisse de mort-scèlement), c’est pourquoi il vole les qualités des gens… Mais l’avoir ne remplace pas l’être. Il a surtout le pouvoir du transfert car il connaît la puissance des signifiants. Ce pouvoir restera stérile jusqu’au jour où il ‘tombe amoureux’ de Young-Goon. Là, il croit en elle, et, la faisant dépasser ses peurs, grâce à l’imaginaire intensifié qu’ils ont bientôt en commun, parvient à se défaire de sa mère. Le transfert devient d’amour et… le sens de la vie montre enfin son échec. Psychanalytiquement parlant (car PCW, en plus de sa formation philosophique et de son génie artistique, semble y comprendre l’essentiel), le psychotique Il-Soon se sauve de son enfermement en sublimant ses représentations pour sauver la bordotique Young-Goon de la forclusion du réel. En effet, la rencontre, dans l’Amour, d’une traversée par la parole fantasmatisante(métempsychose) et d’une traversée par la métonymie du manque-à-être (désir débordotisant) dépasse la fin d’un monde incompris pour se jeter dans l’incompréhension d’un monde renaissant. Ces travers sont des trajets transhumanistes, secret du film, magnifiquement incarné par l’évolution de Young-Goon : “I’m not a psycho, I’m a Psyborg !”. Ce n’est pas une question de sens, c’est une question de jouis-sens… Ajoutez-y un massacre à la John Woo, de la féérie à la Tim Burton, une palette humoristique interminable et une fin aussi savoureuse que pleine de promesse, et vous avez un trésor de scènes anthologiques doublé d’un puits d’appuis psychiques. Bien sûr la profondeur artistique aurait pu être encore plus insondable (comme dans Old Boy), bien sûr la question de la jouissance reste en plan, mais, au final, quelle image n’est pas jubilatoire, quelle émotion n’est pas divinatoire ? Ici, on touche à un certain degré de perfection : celui de la limpidité, éclat de dire, éclair du vrai."

Ici : http://psychanalyse-paris.fr/phipoepsy/page/2/


Mer Fév 20, 2008 4:52 pm
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Inscription: Dim Jan 11, 2009 2:31 pm
Messages: 48
Message Re: “I’m not a psycho, I’m a Psyborg !”
Quelle trouvaille magique. Ce bijou vient d'un autre monde et drôle de surcroit. Je viens de le conseiller à un ami coréen. Cependant demandons-nous si la même jubilation serait de mise avec des acteurs français. Merci encore.


Dim Mar 29, 2009 12:43 pm
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