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 Le silence 
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Inscription: Dim Mai 06, 2007 3:23 pm
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Message Le silence
Je m'y lance.

Bonjour à tous :) ,

Est-ce qu'il vous arrive parfois de ne pas pouvoir dire un mot pendant une séance ? (pour "oui" tapez 1, pour "non" tapez 2, pour "sans opinion" ne tapez rien)
Là, je dérape, ma question est sérieuse. Question sur la signification de ce silence mais aussi sur la méthode pour un retour à la parole dans ces moments très angoissants.

:roll:
Josy.


Dim Mai 06, 2007 4:04 pm
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Inscription: Mer Nov 01, 2006 1:01 pm
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Joséphine bonjour et bienvenue sur se forum !

Il y a un très bon livre sur le silence : J.-D. Nasio (sous la direction de), Le silence en psychanalyse, Éd. Rivages, Paris, 1987.

Je mettrai sans doute très prochainement en ligne sur le site l'article de Sophie Morgenstern : Un cas de mutisme psychogène (1927). En attendant vous pouvez consulter la liste des articles publiés dans cet ouvrages ici : Table des matières.

bien à vous, cb.

PS : Réponse : 1111111111111111111111…


Dim Mai 06, 2007 5:01 pm
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Inscription: Sam Déc 02, 2006 11:54 pm
Messages: 541
Localisation: Paris17
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bonjour Joséphine

touche 1 :)

d'ailleurs ce silence est essentiel, il "parle" à votre insu

Bonne soirée


Dim Mai 06, 2007 6:34 pm
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Bonjour Josephine, Marie, cb

Pour ma part, c'est touche 2, parce que dès qu'il y a trop de silence je me met à dire : " ben j'ai rien à vous dire" et après je parles d'autre chose :)

C'est un truc comme un autre pour pas laisser l'angoisse s'installer.

:) Gouachita


Dim Mai 06, 2007 7:23 pm

Inscription: Dim Mai 06, 2007 3:23 pm
Messages: 10
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cb, Marie, Gouacha,

Merci de votre accueil et de vos réponses.
"d'ailleurs ce silence est essentiel, il "parle" à votre insu ", oui Marie, je me doute que ce silence à un sens, qu'il parle, mais que dit-il ??
Comment prendre suffisamment de recul pour pouvoir l'analyser avant qu'il ne "prenne le contrôle", me laissant allongée sur le divan comme une carpe jetée sur la rive, muette et dont la bouche en rond ne laisse passer aucun son ?

:shock:
Joséphine.


Dim Mai 06, 2007 11:43 pm
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Bonjour Joséphine,

Vous parlez fort justement d'angoisse, qu'est-ce qui vous angoisse dans ce silence?"Inhibition, symptôme et angoisse" de Freud ,un des premiers livres que j'ai lu au début de mon analyse.
Sinon je réponds 1 également.


Lun Mai 07, 2007 7:15 am

Inscription: Dim Mai 06, 2007 3:23 pm
Messages: 10
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Bonjour Tootsie,

L'angoisse dans ce silence c'est d'avoir quelque chose à dire et que ça ne sorte pas.

:)
Joséphine.


Lun Mai 07, 2007 6:21 pm
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Inscription: Mar Jan 16, 2007 12:05 am
Messages: 132
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Bonjour Joséphine,

Pour moi, ce sera la touche 1 aussi, le summum ayant été atteint il y a quelques semaines : la séance a duré 40 minutes environ, et je n'ai pu dire qu'une phrase.
L'angoisse du silence qui s'installe alors qu'on a quelque chose à dire, je la connais aussi. Te prépares-tu avant la séance à parler de telle ou telle chose?
Dernièrement, alors que je disais que j'avais plein de choses à dire mais que ça ne sortait pas, ma psy m'a surprise en me disant que ce qui est prévu n'a aucun intérêt! (bon, c'est direct, franc, et ça m'a fait rire)
Je ne prépare plus rien. Je ne me prépare plus du tout à dire ceci ou cela. Et je parle beaucoup plus, étrangement.... (mais ce n'est pas si étrange que cela, sauf que je ne sais pas pourquoi!)

Bon courage,
Anne


Mar Mai 08, 2007 4:32 pm
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Inscription: Dim Mai 06, 2007 3:23 pm
Messages: 10
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Anne, c'est rassurant de lire que je ne suis pas un cas isolé :wink: .
Moi, mon record c'est 45 mn .... bonjour, au revoir et c'est tout ..... par contre à la séance suivante j'avais rattrapé les mots perdus, quelque chose c'était débloqué. Mais là rien. :oops: Je suppose que c'est un passage. Je ne "prépare" rien parce que j'ai déjà essayé et que c'était encore pire : récité, ne provoquant aucune association, le bide quoi ! Mon psy a suggéré que je réflechisse au sens de se taire dans l'analyse. Il me donne des devoirs à faire à la maison !! Je ne sais pas si il y a un sens général à cela mais il faut que je trouve quel sens ça a pour moi. J'ai du boulot ...

Bonne soirée

:) Joséphine.


Mar Mai 08, 2007 9:08 pm
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Inscription: Mar Jan 16, 2007 12:05 am
Messages: 132
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Bonsoir Joséphine,

Je pense que ces silences-là ont une grande importance. J'ai eu le sentiment aussi, lorque j'ai vécu cette séance "atroce", d'avoir passé un cap : cela ne pouvait pas être pire, d'une part, et j'avais du retard à rattraper....sourire
Pourtant, je ne suis pas non plus à l'abri de mes silences. Je parle assez peu, depuis huit mois que je suis en psychanalyse. Les quinze premières minutes sont les plus difficiles! (la moitié de la séance, tout de même...)

Bons devoirs à toi! :)

Anne


Mar Mai 08, 2007 10:29 pm
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Inscription: Sam Jan 13, 2007 4:22 pm
Messages: 88
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Freud fait un parallèle entre l'hypnose et la psychanalyse.

[Dans toute analyse, il arrive au moins une fois que le patient affirme avec obstination que présentement il ne lui vient absolument rien à l'esprit. Ses associations se bloquent et les incitations à leur mise en route échouent. En faisant pression sur le patient, on obtient facilement de lui l'aveu qu'il pense à ce qu'il voit par la fenêtre du cabinet de consultation, au papier peint du mur qu'il a sous les yeux, ou à la lampe à gaz qui pend au plafond. On sait alors aussitôt qu'il est entré dans le transfert, qu'il est accaparé par des pensées encore inconscientes qui se rapportent au médecin et l'on voit le blocage des idées spontanées du patient prendre fin dès qu'on lui a donné cette explication.]

[l'hypnose peut prétendre à juste titre à cette appellation : une foule à deux; il reste comme définition de la suggestion : une conviction qui n'est pas fondée sur la perception et le travail de la pensée, mais sur un lien érotique.]

(Psychologie des foules et Analyse du moi, 1921, Freud S., {10 la foule et la horde originaire}, p195-196, édition bibliothèque Payot)

_________________
Oli


Mer Mai 23, 2007 11:56 am
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Donald Winnicott aussi en parle du silence, quand il parle de la capacité d'être seul en séance, qui se traduit souvent par une séance silencieuse mais sans angoisse.
" Loin d'être une manifestation de résistance, ce silence constitue en fait pour le patient un aboutissement"
Il compare ces séances avec la capacité d'être seul de l'enfant en présence de sa mère, ce qui lui permet ensuite d'être seul sans souffrir en l'absence de sa mère.

"Le fondement de la capacité d'être seul est l'expérience vécue d'être seul en présence de quelqu'un. De cette façon, un petit enfant, dont l'organisation du moi est faible, est capable d'être seul grâce à un soutien du moi fiable"

J'ai une petite anecdote aussi sur le silence. Je parlais d'un sujet avec mon psy. un sujet un peu délicat, puis je n'ai plus rien dit. Lui n'a pas parlé non plus. Et comme je ne supporte pas nos silences très longtemps, j'ai repris la parole. Il m'arrête(avec un petit sourire en coin) :
"vous avez changé de sujet..."
là c'est moi qui est fait "mmmh?" et je suis revenue sur le sujet délicat dont j'aurais préféré ne pas parler :)

:) Gouachita

PS : les extraits de texte viennent du livre "La mère suffisamment bonne" éditions Payoy. En fait le livre reprend plusieurs textes et interventions de DWinnicot dont "La capacité d'être seul", exposé du 24 juillet 1957.


Mer Mai 23, 2007 8:13 pm

Inscription: Mar Jan 16, 2007 12:05 am
Messages: 132
Message 
Gouachita a écrit:
Donald Winnicott aussi en parle du silence, quand il parle de la capacité d'être seul en séance, qui se traduit souvent par une séance silencieuse mais sans angoisse.
" Loin d'être une manifestation de résistance, ce silence constitue en fait pour le patient un aboutissement"
Il compare ces séances avec la capacité d'être seul de l'enfant en présence de sa mère, ce qui lui permet ensuite d'être seul sans souffrir en l'absence de sa mère.

"Le fondement de la capacité d'être seul est l'expérience vécue d'être seul en présence de quelqu'un. De cette façon, un petit enfant, dont l'organisation du moi est faible, est capable d'être seul grâce à un soutien du moi fiable"

J'ai une petite anecdote aussi sur le silence. Je parlais d'un sujet avec mon psy. un sujet un peu délicat, puis je n'ai plus rien dit. Lui n'a pas parlé non plus. Et comme je ne supporte pas nos silences très longtemps, j'ai repris la parole. Il m'arrête(avec un petit sourire en coin) :
"vous avez changé de sujet..."
là c'est moi qui est fait "mmmh?" et je suis revenue sur le sujet délicat dont j'aurais préféré ne pas parler :)

:) Gouachita

PS : les extraits de texte viennent du livre "La mère suffisamment bonne" éditions Payoy. En fait le livre reprend plusieurs textes et interventions de DWinnicot dont "La capacité d'être seul", exposé du 24 juillet 1957.


Cette idée de silence accepté en séance comme celui accepté en présence de sa mère, je la ressens vraiment bien, en la lisant, là. Merci Gouachita.
J'ai bien moins peur de mes silences depuis quelques temps. J'ai l'impression d'avoir assez confiance en ma psy pour m'autoriser à me taire parfois pendant de très longues minutes.
Le petit piège, c'est que c'est drôlement appréciable....et que n'étant déjà pas tellement causante, j'aurais tendance à me réfugier dans le silence assez facilement, à présent.
Peut-être alors que ces moments de silence sont un moyen de rendre son moi encore plus fiable?
Merci beaucoup, en tout cas, ça va me donner à réfléchir.

Je souris devant ton anecdote... tu n'aimes pas le silence, oui, mais tu n'as pas pu non plus prolonger la diversion que tu tentais...
Personnellement, si je ne parviens pas à dire, et là est justement mon souci la plupart du temps, je me tais. Ca peut durer une séance entière.... torture intérieure. Pourtant, je ne peux pas faire diversion... je serais vite débusquée aussi de toute façon! :)


Mer Mai 23, 2007 9:08 pm
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Bonjour Anne

EN fait, ce qui m'a étonné dans l'anecdote que j'ai raconté c'est justement qu'il intervienne qu'à cette séance sur mon "changement de sujet"
Parce que parler d'une chose puis d'une autre sans avoir été en profondeur sur le premier thème est quelque chose que je fait assez souvent et mon psy n'est jamais intervenu. La diversion ne l'a jamais dérangé puisque de toute façon, dès que je laisse un truc de coté, ça me revient en boomerang quelques séances plus tard.
En fait ce qui s'est passé dans cette séance c'est qu'il y avait trois sujets évoqués et mon changement après le silence était en fait un changement de thème, alors qu'avant le silence j'avais en fait changé de sujet. J'ai commencé en parlant d'une personne, et dévié sans m'en rendre compte vers une autre personne, et ensuite fait silence puis changé complètement de thème de conversation.
Quand il m'a signalé le "changement de sujet", je suis davantage revenue à parler de la première personne et du lien que je faisais avec la deuxième personne que j'évoquais.

Je ne sais pas si c'est très clair ce que je dit mais je crois que les psys s'en fichent pas mal lorsque nous faisons diversion. Nous sommes toujours amené à un moment ou à un autre à dire ce à quoi nous pensions vraiment. La diversion a l'avantage de ne pas nous murer dans un silence angoissant, même s'il s'agit d'un mécanisme de défense.

A bientot

Gouachita


Dim Mai 27, 2007 12:30 pm

Inscription: Mar Jan 16, 2007 12:05 am
Messages: 132
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Ce que je comprends de ce que tu décris, c'est que ce fameux silence était comme une censure. Donc ce n'était peut-être pas tout-à-fait pareil que ces changements de sujet qui interviennent naturellement....non?

Quant à l'idée de faire diversion pour éviter le silence trop angoissant, je la comprends, mais je ne le vis pas du tout ainsi. C'est idiot probablement, mais je n'ai comme pas le "droit" de dire autre chose que ce que je voudrais pourtant taire.
Si l'idée me parvient et que je me rends compte que je ne veux/peux pas la dire, je me tais. Effectivement, le silence qui suit est oppressant....je n'ai pas l'impression de pouvoir faire autrement. Je ne me sens pas libre, tout simplement.


Dim Mai 27, 2007 2:29 pm
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