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 Peut-on faire de la psychanalyse sans le savoir ? 
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Message Peut-on faire de la psychanalyse sans le savoir ?
Ou comme Jourdan peut-on faire de la prose sans le savoir ?

Freud établit un cadre , une loi en quelque sorte , elle découle de son évolution personnelle face à sa découverte de l'inconscient..
Alors qu'à ses débuts il se trouve tel un apprenti sorcier dans des excés et des erreurs d'interprétations (cf Dora) , son inventivité est au comble et ses découvertes aussi.

Puis se "ressaisissant" il devient de plus en plus sévère dans les précautions qu'il prend dans l'utilisation de la psychanalyse , même à l'égard de ses discipline qui beaucoup le quitterons.

Cette rigueur imprègne aujourd'hui beaucoup de psychanalystes , n'y est elle pas source de sclérose ?

De la psychanalyse sans le Savoir ? voilà du renouveau possible !!


Dim Sep 02, 2007 10:13 am
Message méprise..
le tabou de l'inceste est pour moi un fait de culture , ce n'était pas du tout mon propos .. la question que je me pose est de ce mouvement psychanalytique toujours dans la mouvance de son créateur au risque d'y perdre de l'oxygène.

Combien de psychanalyses interrompues pour cause de relation "glaciale" , quid de l'analyse en face à face ? quid de certaines marques d'intérêts non exprimées de part et d'autre pour cause de "neutralité bienveillante" ? , ou de "comportement déplacé? la psychanalyse peut-elle faire abstraction de l'affect à ce point ? pourquoi tant de peur ?

je ne suis pas analyste mais medecin et qui par là même écoute , entend des difficultés que peuvent exprimer des patients face à la psychanalyse ..et c'est si fréquent .. les analystes s'en rendent ils compte ou vivent ils sur des dogmes d'une autre époque . C'est dommage ..


Dim Sep 02, 2007 1:54 pm
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Message Re: méprise..
ULYSSE a écrit:
je ne suis pas analyste mais medecin et qui par là même écoute


Ulysse bonjour,

Votre second post clarifie l'orientation de votre premier. Je répondrai donc d'abord à cette deuxième intervention, non sans vous avoir souhaité la bienvenue sur le forum. Et ma réponse est très simple — je suis sûr que vous la connaissez déjà d'ailleurs : l'écoute du psychanalyste est l'écoute de l'inconscient et de ses formations, exclusivement. Bien sûr le psychanalyste entend les difficultés des patients mais l'écoute ne se situe pas à ce niveau. Maintenant, je peux parfois être d'accord avec certaines remarques sur les comportements stéréotypés de certains psychanalystes qui ne font qu'imiter ce qu'ils croient être le syle lacanien ou freudien : mais je le déplore et le psychanalyste n'est absolument pas tenu à être “glacial”. Cependant, j'insiste tout de même sur la différence radicale entre l'écoute du discours conscient et celle du discours inconscient. Toute discussion au sujet de l'écoute analytique ne peut que se fonder sur la reconnaissance d'une différence radicale entre ces deux discours.

À cet égard, votre pseudo est bien choisi, puisque le mythe d'Ulysse bouchant les oreilles de son équipage avec de la cire afin qu'ils n'entendent pas le chant des sirènes (celui de l'inconscient) tandis que lui ne l'écoute qu'arc-bouté sur sa résistance, attaché qu'il est à son mât, est tout à fait révélateur du discours scientifique, qui souhaite jouir de l'inconscient, tout en résistant à son savoir. Cf. à ce sujet : La dialectique de la raison d'Horkheimer et Adorno.

bien à vous,
cb.


Dim Sep 02, 2007 2:44 pm
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je vous remercie de votre acceuil , je crois qu'il serait simpliciste de réduire ma question à une confrontation inconscient "contre" science , et votre interprétation des sirènes est la vôtre ;-) , j'y verrais pour ma part un homme fidèle à sa liberté interieure , ce chant des sirènes venant de l'exterieur..

Et Freud , Jung , ferenczi , dolto , lacan ..furent medecins sans être scientistes..

l'inconscient ne s'exprime pas que dans les cabinets d'analystes , il peut y être entendu à tout moment ..comme vous le faites là .. pourquoi justemment c'est si compliqué pour les psychanalystes ??


Dim Sep 02, 2007 3:12 pm
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ULYSSE a écrit:
pourquoi justement c'est si compliqué pour les psychanalystes ??


Peut-être parce que ça paraît un peu trop simple à d'autres :D

Qu'est-ce qui vous paraît compliqué ?

cb.


Dim Sep 02, 2007 3:44 pm
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"Peut-être parce que ça paraît un peu trop simple à d'autres "


trés juste ! trouvons une juste moyenne ! l'occasion de revenir sur certains clivages inconscient/conscient , analyste/analysant ect ..

Car enfin soit il s'agit de "déjà entendu" ou de "jamais entendu" et là réside peut-être la difference entre l'écoute thérapeutique ou non !


Dim Sep 02, 2007 4:10 pm
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Message Re: méprise..
ULYSSE a écrit:
Combien de psychanalyses interrompues pour cause de relation "glaciale" , quid de l'analyse en face à face ? quid de certaines marques d'intérêts non exprimées de part et d'autre pour cause de "neutralité bienveillante" ? , ou de "comportement déplacé? la psychanalyse peut-elle faire abstraction de l'affect à ce point ? pourquoi tant de peur ?



Bonjour Ulysse

La neutralité bienvaillante ça peut aussi je crois être entre autres pour notre psychanalyste de ne pas nous juger, de ne pas penser et parler à notre place.

Amitiés
Ingrid


Dim Sep 02, 2007 4:55 pm
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bonsoir Ingrid

Bien sur , mais je posais la question d'une pratique qui se doit de se moderniser en quelque sorte , ou comment avancer lorsque les choses se bloquent pour l'analysant , c'est aussi un problème pour l'analyste ; peut il se contenter d'un silence , comment faire ? sommes nous là aux limites des possibiltés de la méthode ?

Il ya quelques mois une femme s'éffondre dans mon cabinet devant le silence de son analyste , comme seule réponse à son dessaroi après quelques années de suivi..

elle change alors d'orientation de thérapie et entre dans des psychothérapies plus maternantes ce qui lui permit d'avancer en compréhension et en bien être ..

on pourrait dire que la première étape fut indispensable , mais est ce vrai ?


Dim Sep 02, 2007 6:40 pm
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ULYSSE a écrit:
Il y a quelques mois une femme s'éffondre dans mon cabinet devant le silence de son analyste


Le formulation est très intéressante. Mais est-ce vous qui lui avez conseillé de changer d'orientation thérapeutique ?… Vers des “psychothérapies plus maternantes” peut-être, — du moins je n'en doute pas : mais d'avancer en compréhension de quoi et vers quel bien-être ? Je pense que ces réponses doivent se juger au regard de son problème et de sa structure spécifique dont vous ne nous dîtes pas grand chose sinon rien. Juste qu'elle s'est effondrée : mais qu'est-ce qu'elle a dit ? Était-ce intéressant ? Quel était son désarroi ? Était-elle jolie, moche, séduisante, intelligente, etc. ? Avez-vous entendu quelque chose de particulier ? Ce sont ces questions-là qui sont intéressantes !

bien à vous,
cb.


Dim Sep 02, 2007 7:15 pm
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Bonsoir Ulysse

Je ne sais pas trop, parce que par exemple de mon côté quand ma psychanalyste est silencieuse ça n’est pas toujours pour les mêmes raisons, et silencieuse ça ne veut pas dire qu’elle est dans un silence continuel, ni encore moins dans un mutisme pour me faire du mal.

Pour cette femme dont vous parlez, le silence de son analyste est-ce par rapport à une situation particulière ?

Le silence de notre psychanalyste peut-être frustrant et très douloureux.
Il ya des moments où elle ne veut pas m’influencer et me laisse dans le vide.
D’autres moments où elle me pose des questions.
D’autres moments où elle interprète.
D’autres moments où elle ne veut pas que j’aille dans certains endroits.

Quand ça bloque et que je suis aussi silencieuse du coup, ou que je ne comprends pas ce qu’elle m’a dit par rapport à ce que je lui dis, ou face à ses silences insupportables, j’essaye de lui en parler.
Parfois, je la trouve rassurante, mais à d’autres moments elle est très ferme et tient bon sur son « non », quand la limite est nécessaire.

Amitiés
Ingrid


Lun Sep 03, 2007 12:51 am
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Message 
Citation:
Le silence de notre psychanalyste peut-être frustrant et très douloureux.


bonsoir Ingrid,
Le psy se tait pour vous écouter :)


Lun Sep 03, 2007 1:10 am
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bonsoir Ulysse, et bienvenu sur le forum.

Vous avez déjà eu pas mal de réponses assez pertinentes, alors j'ai envie de changer le sens de votre phrase si vous le permettez.
Peut on faire de la psychanalyse sans le Savoir ?
Je dirais qu'il vaut mieux, si vous prenez le sens de Savoir du conscient :lol:


On peut faire de la psychanalyse n'importe comment, du moment qu'elle est dirigée par un psychanalyste, et qu'elle est cadrée.
Je rajouterais que le psychanalyste c'est celui qui a fait une analyse suffisamment poussée pour utiliser son propre inconscient comme outil thérapeutique.
Le cadre est fixé par le psychanalyste, qui lui seul s'autorise à en sortir ou pas. :)

Cela dit, j'insiste sur le fait que l'écoute de l'inconscient n'est pas accessible par le "savoir conscient" mais par sa propre expérience analytique.

En revanche, je travaille avec des médecins qui ont une écoute très pointue, et une intuition assez développée, et qui arrivent à se servir de la relation transférentielle de leur patient comme outil thérapeutique, ou pour les amener à faire une analyse.

Ce que vous dites est juste, l'inconscient est en perpetuelle mouvance, et il appartient à chaque psychanalyste de réinventer la psychanalyse et d'oser.

A vous lire,


Lun Sep 03, 2007 1:52 am
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Bonjour

Citation:
Le psy se tait pour vous écouter
bien sûr, je l'ai déjà entendu cette phrase mais je pense que lorsqu' un analysant se tait et que ce silence fait symptôme en quelque sorte , l'écoute du silence ça va un temps, c'est au psy de le rompre .
A propos des bienfaits de la psychanalyse , je me demande parfois si le mieux-être vient de mon analyse ou du fait que les évènements de ma vie sont positifs sans que je fasse quoi ce soit ce sens. C'est le dicour de qui déjà?
Quand je me trouve dans une impasse ou en désaroi , je fais comme cette femme, je vais chercher ailleurs ce que je ne trouve pas avec mon psy puis j'y reviens avec une entente différente.
Citation:
utiliser son propre inconscient comme outil thérapeutique

parce que vous savez utiliser votre inconscient? Je pensais qu'il s'agissait d'une thérapie par la parole, la talk-cure.
C'était juste en passant, pensées passantes aussi.

PS: je précise que j'ai récupéré la main sur mon ordi qui était tombé dans celles d'un être au phrasé bien plus viril ( pas que le phrasé d'ailleurs).


Lun Sep 03, 2007 7:56 am
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tootsie a écrit:
Quand je me trouve dans une impasse ou en désaroi , je fais comme cette femme, je vais chercher ailleurs ce que je ne trouve pas avec mon psy puis j'y reviens avec une entente différente.


Vous est donc bien en analyse ; et je ne suis pas loin de penser que la femme qui s'est effondrée fera la même chose.

Merci pour votre post,
@+, cb.


Lun Sep 03, 2007 8:23 am
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Bonjour Marie


Marie a écrit:
bonsoir Ingrid,
Le psy se tait pour vous écouter :)


Oui c’est vrai et c’est important qu’il/elle s’efface.
Mais parfois nous pouvons aussi attendre un retour de sa part, pour nous rassurer qu’il/elle est bien là.
Ceci étant je me dis que ma psychanalyste sait ce qu’elle fait quand elle choisit de répondre à ce moment là précis, alors qu’à un autre moment elle gardera le silence, à moins de tomber sur une personne « sadique » qui reste enfermée dans son silence. C’est pour ça que je demandais à Ulysse si c’était dans une situation particulière, de quel silence est-ce qu’il parle ?

Nous pouvons avoir envie de se faire materner parfois, inutile de se le cacher, mais même si ça pourrait soulager sur le coup, je ne sais pas si ça peut être une fin en soi, si ça peut réellement aider ?


Marie a écrit:

Le cadre est fixé par le psychanalyste, qui lui seul s'autorise à en sortir ou pas. :)


Peux-tu expliquer ce que tu veux dire par « s’autorise à en sortir ou pas » , merci ?


Marie a écrit:

En revanche, je travaille avec des médecins qui ont une écoute très pointue, et une intuition assez développée, et qui arrivent à se servir de la relation transférentielle de leur patient comme outil thérapeutique, ou pour les amener à faire une analyse.




Oui mais quand nous sommes en analyse, notre psychanalyste ne peut pas être médecin aussi en même temps?
Qu'en penses-tu?


Amitiés :)
Ingrid


Lun Sep 03, 2007 9:39 am
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