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 Analyse sauvage 
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Inscription: Sam Déc 02, 2006 11:54 pm
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Message Analyse sauvage
A votre avis, à partir de quel moment est-ce de l'analyse sauvage ?
dès qu'il y a interprétation ?
dès qu'on sort du cadre analytique ?


Ven Jan 12, 2007 11:58 am
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Réponse 2. Tu aurais du faire un sondage ! :D


Ven Jan 12, 2007 12:49 pm
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Inscription: Sam Déc 02, 2006 11:54 pm
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je vais y refléchir :lol:
alors que penser des "analyses" parfois médiatisées de certains psys sur les hommes politiques ?
Je suis peut-être pas très claire :roll:


Ven Jan 12, 2007 7:13 pm
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Il me semble que les "analyses" sur les hommes politiques relèvent plutôt d'une description de portrait psychologique plus ou moins simplistes.

J'aurais aussi répondu comme cb réponse 2(serais je en progrès?).

je vais faire une association un peu osée ou fantaisiste.

Si vous avez lu les livres de la série "Dune" de Franck Herbert, il y a une rencontre dans un des bouquins entre une "révérende mère" officielle, qui a passé le rite de passage en bonne et due forme et une "révérende mère sauvage" qui a passé son rite seule. le rite en question consiste à boire de "l'eau de vie" et d'y avoir survécu.

Dans l'analyse sauvage, je me demande s'il n'y a pas un peu de ce "passage de rite" ou d'illusion de passage qui fait qu'on se permet des interprétations "sauvages" ( qui des fois tombent justes en plus, c'est ça le plus terrible)

Bon alors finalement c'est réponse 1 et 2 pour les gens comme moi. voilà. Et pour les psychanalystes c'est réponse 2 uniquement.

Gouachita


Ven Jan 12, 2007 7:29 pm
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Message Et D'Une !
Bon, voilà : alors ce que tu dis là Gouachita est fondamental et va nous éclairer sur le problème de l'analyse en ligne, et pour étayer cela je reprendrai les trois temps de l'analyse selon Freud et Lacan que j'avais soulevé avec JC dans le commentaire rapide de la Verneinung.

La mise en scène de Dune est l'archétype de la mise en scène du fantasme : boire l'eau de vie, le vers, mettre la main dans la boîte bizarre, etc., Franck Herbert met ici magnifiquement — a même un don inégalé dans la littérature pour cela — met en scène magnifiquement donc le fantasme fondamental : à savoir l'inceste maternel. Tout Dune est basé sur ce fantasme. Dans le conscient, c'est la sociologie qui s'en occupe : ça a l'air d'un rite de passage effectivement (dommage que Jean-Yves ne soit pas là — pas encore — pour rebondir là-dessus). Mais dans l'inconscient, l'analysant parle bien du fantasme fondamental incestueux.

Donc, pour en revenir à l'analyse, dans un premier temps, l'analysant peut (c'est pas toujours le cas) être assez prolixe sur ce fantasme : il va parler de lui : de son moi disons. Mais ne va pas l'adresser, s'adresser, à l'analyste dont il n'a pas encore saisi toute la présence spécifique.

Dans une analyse, le but du jeu comme l'a rappelé Marie, est de «réaliser» cet inceste : et justement, la présence muette de l'analyste à qui il raconte ce qui apparaît comme un simple rite, va lui renvoyer qu'il s'agit en fait d'un fantasme inconscient et fondamental. Dès que ce deuxième temps est envisagé, la tendance est de taire ce fantasme (désormais saisi en tant que tel dans l'inconscient) et de ne s'adresser qu'à l'analyste, mais sans parler du fantasme : il parle donc à l'analyste, un point c'est tout.

Le troisième temps = de parler de soi (c'est à dire du fantasme) à l'analyste. Ça, c'est à proprement parler la réalisation de l'inceste. C'est-à-dire la parole pleine. On en parle, du fantasme, même si ça nous coupe ! (nous coûte, nous la coupe, etc.).

Donc trois temps logiques : logiques parce que non chronologiques d'abord : à savoir que ces trois temps peuvent se succéder rapidement dans un moment d'analyse, disparaître, puis ré-apparaître, etc. Gouachita, comme tu le dis, tout est à refaire !

Bon, mais donc le problème de l'analyse en ligne est, me semble-t-il, le suivant : comme tu l'as d'ailleurs déjà très bien souligné Marie : au début, l'analysant est très prolixe : c'en est même surprenant, hein ? Très bien, mais encore faut-il qu'il y ait ce second, puis ce troisième temps logique : sinon : il n'y aura pas eu d'analyse, ou si peu que c'en est dommage. Or, me semble-t-il, l'analyse en ligne ne favorise pas le passage du 1er au second temps, voir le rend très difficile.

On parle et puis dès que l'on se rend compte que l'autre, c'est aussi l'Autre (tout ce que j'écris là est parfaitement repérable sur et est l'essence même du schéma L), eh bien : il n'y a plus grand monde pour continuer, pour aller au-delà de l'écran a-a', pour passer à $-A.

Bon, en même temps, c'est comme ça dans toute analyse, même sur le divan : mais la structure de départ laisse à penser que ce sera plus difficile en ligne.

Et D'Une !

Bien à vous, cb.


Sam Jan 13, 2007 1:53 am
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Christophe,
je ne comprends pas bien en quoi la présence physique réelle du psy induit le 2eme et le 3eme temps logique ?
puisqu'il s'agit du temps de la parole,
1 il parle de lui
2 il nous parle mais pas de lui
3 il nous parle de lui

est ce que tu peux m'expliquer ?

Comme si le 3eme temps devait se confronter à la réalité physique du psy pour pouvoir émerger ?

amitiés


Sam Jan 13, 2007 3:36 pm
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Mais je te parlais pas de ma mère! :D

Chouette, je vais pouvoir faire plein de références à Dune dans mes post! :)
Pour la petite histoire j'ai lu ces bouquins en boucle pendant des années. J'ai fini par les revendre un jour de grande disette.

Bon, sinon, si j'ai bien compris ce que tu as écrit, cb, tu pense que l'analysant s'enferme indéfiniment dans le 1er temps? Si c'était le cas, il n'y aurait aucun effet thérapeutique.
Je crois que le passage du 1er temps au 2ème temps logique n'est pas forcément celui qui pose problème dans l'analyse en ligne. C'est l'absence physique de l'analyste qui renverra à l'analysant qu'il s'agit en fait d'un fantasme inconscient (et fondamental, déjà?). je suis peut être hors sujet mais quand tu rêves de ton analyste alors que tu ne l'a jamais rencontré, tu te pose forcément la question : mais à qui je m'adresse?

D'autre part, je vois mal l'analyse pourrait passer au 2ème ou 3ème temps logique s'il n'y a pas de 1er temps.

Gouachita


Sam Jan 13, 2007 3:37 pm
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Message fort da
Je pense que la captation imaginaire a-a' est très forte dans l'analyse en ligne : or celle-ci est résistance, c'est même la résistance : et elle est à l'origine de la démarche : il n'y a d'ailleurs rien d'extraordinaire à cela.

Je ne suis pas entrain de vous «casser» l'analyse en ligne : au contraire, je suis en train de vous dire qu'elle est certainement plus difficile que l'analyse sur un divan, contrairement à ce que l'on entend généralement sur le sujet.

Gouachita a écrit:
C'est l'absence physique de l'analyste qui renverra à l'analysant qu'il s'agit en fait d'un fantasme inconscient


Là c'est vous qui donner de l'importance à la présence/absence physique, du coup : mais après tout, vous avez certainement raison : les paroles fort et da sont accompagnées, au début en tous cas, de l'aller et venue physique de la bobinette. Ça a l'air de l'aider le petit neveu de Freud, non ?

cb.


Sam Jan 13, 2007 4:06 pm
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Message 
Citation:
Je pense que la captation imaginaire a-a' est très forte dans l'analyse en ligne : or celle-ci est résistance, c'est même la résistance : et elle est à l'origine de la démarche : il n'y a d'ailleurs rien d'extraordinaire à cela.



tout à fait, mais c'est aussi dans le maniement de cette résistance qu'on peut faire avancer la cure, il me semble


Sam Jan 13, 2007 4:27 pm
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Absolument.


Sam Jan 13, 2007 4:29 pm
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Hello Gouachita

Pas forcément, car chez moi par exemple ça n’est pas ça qui crée mon fantasme.
Peut-être est-ce parce que je me suis structurée différemment ?

Sinon autre chose, je me demandais comment fais-tu pour t’imprégner de la présence de ton psychanalyste ?

Amitiés, Ingrid


Sam Jan 13, 2007 6:44 pm
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Message Re: fort da
cb a écrit:
Je pense que la captation imaginaire a-a' est très forte dans l'analyse en ligne : or celle-ci est résistance, c'est même la résistance : et elle est à l'origine de la démarche : il n'y a d'ailleurs rien d'extraordinaire à cela. [\quote]

Euh... la captation imaginaire a-a' kesako? :oops:
Si c'est trop compliqué à expliquer vous fatiguez pas cb et marie, je finirais bien par comprendre un jour.


cb a écrit:
Là c'est vous qui donner de l'importance à la présence/absence physique, du coup : mais après tout, vous avez certainement raison : les paroles fort et da sont accompagnées, au début en tous cas, de l'aller et venue physique de la bobinette. Ça a l'air de l'aider le petit neveu de Freud, non ?
:(

C'est l'expression "effet thérapeutique" qui pose problème? Ce n'est pourtant pas un gros mot.

je donne de l'importance à la présence/absence physique parce que comme par hasard avec les psys rencontrés physiquement, c'était en leur absence que la séance me faisait de l'effet. Et je ne pense pas être la seule, et c'est aussi le cas avec des séances interactives via Internet sauf parfois où il y a effectivement effet immédiat.

:? Gouachita


Sam Jan 13, 2007 6:49 pm
Message 
Ingrid a écrit:
Sinon autre chose, je me demandais comment fais-tu pour t’imprégner de la présence de ton psychanalyste ?


J'avais posté en même temps que toi Ingrid, alors j'ajoute ma réponse ici.

En fait je ne comprends pas bien ta question. En interactif, je ne pense même pas à une histoire d'imprégnation. Et à l'époque de l'écrit différé, c'était particulier. C'est comme quand tu écris une lettre à quelqu'un pour qui tu éprouve(même si c'est totalement irrationnel) un sentiment très fort. Il est forcément là.

cette histoire d'imprégnation me refait pensé à Dune et à "l'imprégnation sexuelle"des "révérendes mères" qui dans le bouquin, consiste à établir une dépendance inconsciente mais acceptée(là encore, rite de passage mais pour les hommes) contrairement à celle des "Honorées Matriarches" qui consiste à établir une dépendance à la jouissance.

mais je m'égare...

@+ Gouachita


Sam Jan 13, 2007 7:03 pm
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Inscription: Dim Déc 03, 2006 9:55 pm
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Localisation: Sartrouville (78)
Message Re: fort da
Gouachita a écrit:

je donne de l'importance à la présence/absence physique parce que comme par hasard avec les psys rencontrés physiquement, c'était en leur absence que la séance me faisait de l'effet. Et je ne pense pas être la seule, et c'est aussi le cas avec des séances interactives via Internet sauf parfois où il y a effectivement effet immédiat.

:? Gouachita


Gouachita, je trouve intéressant ce que tu dis, car cette absence dont tu parles concernant les psys (psychanalystes ?)que tu as rencontrés physiquement n’est peut-être pas l’absence des psys sur internet ?
Mon message rejoint je crois ? mon message précédent.
Quand j’arrive chez ma psychanalyste, je peux m’imprégner de son corps, même si une fois sur le divan elle s’efface.
Je ne sais pas si c’est clair ce que je dis ?

Amitiés
Ingrid


Sam Jan 13, 2007 7:13 pm
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Message Re: fort da
Ingrid a écrit:
Gouachita, je trouve intéressant ce que tu dis, car cette absence dont tu parles concernant les psys (psychanalystes ?)que tu as rencontrés physiquement n’est peut-être pas l’absence des psys sur internet ?


Je ne sais pas si c'est la même absence, mais c'est bien le même manque et je ne suis pas sûre qu'il concerne le corps physique mais plutôt les mots. L'échange de mots. ça rejoint sans doute ce que disait Marie sur la parole. des mots qu'on aurait voulu dire et qui ne surgisse qu'après la séance ou des mots qu'on aurait voulu entendre et que le psy ne prononce pas.

Ingrid a écrit:
Quand j’arrive chez ma psychanalyste, je peux m’imprégner de son corps, même si une fois sur le divan elle s’efface.


ça me parait clair mais j'ai tendance à penser que la véritable imprégnation du corps ne passe que par le toucher. ce dont on s'imprègne par la vision n'est qu'une représentation du corps, qui reste ensuite en souvenir avec éventuellement les émotions qui s'y rattachent. Nous ne donnons peut être pas le même sens au mot imprégnation ou nous ressentons les rencontres différemment tout simplement.

Décidément, aujourd'hui a été une journée riche en échanges :)

Gouachita :)


Sam Jan 13, 2007 11:38 pm
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